1Dénomination du médicament
INTELENCE 25 mg comprimés INTELENCE 100 mg comprimés INTELENCE 200 mg comprimés
2Composition qualitative et quantitative
INTELENCE 25 mg comprimés
Chaque comprimé contient 25 mg d’étravirine.
Excipients à effet notoire : Chaque comprimé contient 40 mg de lactose (monohydraté). Chaque comprimé contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium, et est essentiellement sans sodium.
INTELENCE 100 mg comprimés
Chaque comprimé contient 100 mg d’étravirine.
Excipients à effet notoire : Chaque comprimé contient 160 mg de lactose (monohydraté). Chaque comprimé contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium, et est essentiellement sans sodium.
INTELENCE 200 mg comprimés
Chaque comprimé contient 200 mg d’étravirine.
Excipient à effet notoire : Chaque comprimé contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium, et est essentiellement sans sodium.
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.
3Forme pharmaceutique
INTELENCE 25 mg comprimés
Comprimé Comprimé ovale, sécable, blanc à blanc cassé, portant l’inscriptions « TMC » gravée sur une face. Le comprimé peut être divisé en deux doses égales.
INTELENCE 100 mg comprimés
Comprimé Comprimé ovale, blanc à blanc cassé portant les inscriptions « T125 » gravée sur une face et « 100 » gravée sur l’autre face.
INTELENCE 200 mg comprimés
Comprimé Comprimé biconvexe, oblong, blanc à blanc cassé, portant l’inscription « T200 » gravée sur une face.
4Informations cliniques
4.1Indications thérapeutiques
INTELENCE, en association avec un inhibiteur de protéase boosté et d'autres médicaments antirétroviraux, est indiqué dans le traitement de l'infection par le virus de l'immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1) chez les adultes pré-traités par des antirétroviraux et chez les enfants et adolescents à partir de l’âge de 2 ans pré-traités par des antirétroviraux (voir rubriques 4.4, 4.5 et 5.1).
4.2Posologie et mode d'administration
Le traitement doit être initié par un médecin expérimenté dans la prise en charge de l’infection par le VIH.
Posologie
INTELENCE doit toujours être utilisé en association avec d’autres médicaments antirétroviraux.
Adultes La dose recommandée d’étravirine chez les adultes est de 200 mg (un comprimé à 200 mg ou deux comprimés à 100 mg) à prendre par voie orale, deux fois par jour, après un repas (voir rubrique 5.2).
Population pédiatrique (âgée de 2 ans à moins de 18 ans) La dose d’étravirine recommandée chez les patients pédiatriques (âgés de 2 ans à moins de 18 ans et pesant au moins 10 kg) est fonction du poids corporel (voir tableau ci-dessous).Les comprimés d’INTELENCE doivent être pris par voie orale, après un repas (voir rubrique 5.2).
Tableau 1 : Dose d’étravirine recommandée chez les patients pédiatriques âgés de 2 ans à moins de 18 ans
Poids corporel Dose Comprimés
≥ 10 à < 20 kg 100 mg deux fois quatre comprimés de 25 mg deux fois par jour ou
par jour un comprimé de 100 mg deux fois par jour
≥ 20 à < 25 kg 125 mg deux fois cinq comprimés de 25 mg deux fois par jour ou
par jour un comprimé de 100 mg et un comprimé de 25 mg
deux fois par jour
≥ 25 à < 30 kg 150 mg deux fois six comprimés de 25 mg deux fois par jour ou
par jour un comprimé de 100 mg et deux comprimés de
25 mg deux fois par jour
≥ 30 kg 200 mg deux fois huit comprimés de 25 mg deux fois par jour ou
par jour deux comprimés de 100 mg deux fois par jour
ou un comprimé de 200 mg deux fois par jour
Oubli d’une dose
Si le patient oublie une dose d’INTELENCE dans les 6 heures qui suivent l’horaire de la prise habituelle, il doit prendre la dose oubliée dès que possible après un repas et prendre ensuite la dose suivante à l’heure habituelle. Si le patient oublie une dose plus de 6 heures après l’horaire de la prise habituelle, il ne doit pas prendre la dose oubliée et simplement poursuivre le schéma posologique habituel.
Si un patient vomit dans les 4 heures après avoir pris le médicament, une autre dose d’INTELENCE doit être prise le plus tôt possible après un repas. Si un patient vomit plus de 4 heures après avoir pris le médicament, il n’a pas besoin de prendre une autre dose avant la prochaine prise prévue.
Sujets âgés L’information disponible concernant l’utilisation d’INTELENCE chez les patients de plus de 65 ans est limitée (voir rubrique 5.2), en conséquence des précautions doivent être prises dans cette population.
Insuffisance hépatique : Aucune adaptation posologique n’est recommandée chez les patients présentant une insuffisance hépatique légère ou modérée (Child-Pugh classe A ou B). INTELENCE doit être utilisé avec prudence chez les patients présentant une insuffisance hépatique modérée. Les paramètres pharmacocinétiques de l’étravirine n’ont pas été étudiés chez les patients présentant une insuffisance hépatique sévère (Child-Pugh classe C). En conséquence, INTELENCE n’est pas recommandé chez les patients présentant une insuffisance hépatique sévère (voir rubriques 4.4 et 5.2).
Insuffisance rénale : Aucune adaptation posologique n’est nécessaire chez les patients présentant une insuffisance rénale (voir rubrique 5.2).
Population pédiatrique (âgée de moins de 2 ans) INTELENCE ne doit pas être utilisé chez les enfants âgés de moins de 2 ans. Les données actuellement disponibles pour les enfants âgés de 1 à 2 ans sont décrites dans les rubriques 4.8, 5.1 et 5.2 et suggèrent que, dans cette tranche d’âge, les bénéfices ne l’emportent pas sur les risques. Aucune donnée n’est disponible pour les enfants âgés de moins de 1 an.
Mode d’administration
Voie orale. Les patients doivent être informés qu’ils doivent avaler le(s) comprimé(s) en entier avec une boisson telle que de l’eau. Les patients qui ne peuvent pas avaler le(s) comprimé(s) en entier peuvent disperser le(s) comprimé(s) dans un verre d’eau (voir rubrique 4.4).
Pour les instructions concernant la dispersion du médicament avant administration, voir rubrique 6.6.
4.3Contre-indications
Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.
Co-administration avec elbasvir/grazoprevir (voir rubrique 4.5).
4.4Mises en garde spéciales et précautions d'emploi
INTELENCE doit être associé de façon optimale à d’autres antirétroviraux qui sont actifs sur le virus du patient (voir rubrique 5.1).
Une diminution de la réponse virologique à l’étravirine a été observée chez les patients porteurs de souches virales présentant 3 mutations ou plus parmi les mutations suivantes V90I, A98G, L100I, K101E/P, V106I, V179D/F, Y181C/I/V et G190A/S (voir rubrique 5.1).
Les conclusions concernant la pertinence de certaines mutations ou profils de mutations sont susceptibles d’être modifiées en fonction de nouvelles données et il est recommandé de toujours consulter les systèmes d’interprétation en vigueur pour l’analyse des résultats des tests de résistance.
Hormis les données d’interaction médicamenteuse (voir rubrique 4.5) aucune donnée n’est disponible sur l’association de l’étravirine avec le raltégravir ou le maraviroc.
Réactions cutanées et d’hypersensibilité sévères
Des réactions cutanées sévères ont été rapportées avec l’étravirine. Dans les essais cliniques, la survenue de syndrome de Stevens-Johnson et d’érythème polymorphe a rarement été rapportée (< 0,1 %). Le traitement avec INTELENCE doit être interrompu en cas de survenue de réaction cutanée sévère.
Les données cliniques sont limitées et une augmentation du risque de réactions cutanées chez les patients ayant des antécédents de réactions cutanées sous INNTI ne peut être exclue. La prudence est requise chez ces patients, spécialement en cas d’antécédent de réaction cutanée sévère.
Des cas sévères de syndromes d’hypersensibilité, dont des syndromes DRESS (Drug Rash with Eosinophilia and Systemic Symptoms) et de Lyell (nécrolyse épidermique toxique), d’évolution parfois fatale, ont été rapportés avec l’utilisation d’étravirine (voir rubrique 4.8). Les manifestations cliniques du syndrome DRESS se caractérisent par la survenue d’une éruption cutanée, de la fièvre, une éosinophilie et une atteinte systémique (incluant, mais non limitée à, une éruption cutanée sévère, ou une éruption cutanée accompagnée de : fièvre, malaise général, fatigue, douleurs musculaires ou articulaires, bulles, lésions buccales, conjonctivite, hépatite et éosinophilie). Le délai d’apparition est généralement de 3 à 6 semaines et l’évolution est, dans la plupart des cas, favorable après arrêt du traitement et instauration d’une corticothérapie.
En cas de survenue d’une éruption cutanée sévère ou d’une réaction d’hypersensibilité sévère, les patients doivent être informés de la nécessité de consulter leur médecin. Le traitement par INTELENCE doit être arrêté immédiatement en cas de diagnostic d’hypersensibilité.
Un retard dans l’arrêt du traitement par INTELENCE après l’apparition d’une éruption cutanée sévère peut mettre en jeu le pronostic vital.
Chez les patients dont le traitement a été arrêté en raison de réactions d’hypersensibilité, le traitement par INTELENCE ne doit pas être réintroduit.
Eruptions cutanées
Des éruptions cutanées ont été rapportées avec l’étravirine. Le plus souvent, les éruptions cutanées ont été légères à modérées, apparaissant au cours de la deuxième semaine de traitement et ont été peu fréquentes après la quatrième semaine. Dans la plupart des cas, les éruptions cutanées régressaient spontanément et disparaissaient généralement en 1 à 2 semaines avec la poursuite du traitement. Lors de la prescription d’INTELENCE chez une femme, les prescripteurs doivent être informés que l’incidence des éruptions cutanées a été plus élevée chez les femmes (voir rubrique 4.8).
Population pédiatrique
Pour les enfants qui ne peuvent pas avaler le ou les comprimés en entier, les comprimés peuvent être dispersés dans un liquide. Cela ne doit être envisagé que si l’enfant peut prendre la totalité de la dose du ou des comprimés dispersés dans un liquide (voir rubriques 4.2 et 6.6). L’importance de consommer la totalité de la dose doit être soulignée auprès de l’enfant et de son soignant pour éviter une exposition trop faible et un manque de réponse virologique. En cas de doute sur la capacité de l’enfant à prendre la totalité de la dose du ou des comprimés dispersés dans un liquide, un traitement par un autre médicament antirétroviral doit être envisagé.
Sujets âgés
L’expérience chez les patients âgés est limitée : dans les essais de phase III, 6 patients âgés de 65 ans ou plus et 53 patients âgés de 56 à 64 ans ont reçu de l’étravirine. Le type et l’incidence des effets indésirables chez les patients de plus de 55 ans ont été similaires à ceux des patients plus jeunes (voir rubriques 4.2 et 5.2).
Grossesse
Etant donné l’augmentation de l’exposition à l’étravirine pendant la grossesse, des précautions doivent être prises chez les patientes enceintes qui doivent prendre d’autres médicaments associés ou qui ont des comorbidités pouvant augmenter davantage l’exposition à l’étravirine.
Patients présentant des pathologies associées
Insuffisance hépatique L’étravirine est principalement métabolisée et éliminée par le foie et fortement liée aux protéines plasmatiques. Des effets liés à l’exposition à la fraction libre peuvent être attendus (ils n’ont pas été étudiés) et en conséquence, la prudence est conseillée chez les patients présentant une insuffisance hépatique modérée. L’étravirine n’a pas été étudiée chez les patients présentant une insuffisance hépatique sévère (Child-Pugh classe C) et par conséquent son utilisation chez ce groupe de patients n’est pas recommandée (voir rubriques 4.2 et 5.2).
Co-infection par le virus de l’hépatite B (VHB) ou le virus de l’hépatite C (VHC) La prudence est requise chez les patients co-infectés par les virus de l’hépatite B ou C car les données disponibles sont limitées. Une possible augmentation du risque d’élévation des enzymes hépatiques ne peut être exclue.
Poids corporel et paramètres métaboliques Une augmentation du poids corporel ainsi que des taux de lipides et de glucose sanguins peuvent survenir au cours d'un traitement antirétroviral. De telles modifications peuvent en partie être liées au contrôle de la maladie et au mode de vie. Si pour les augmentations des taux de lipides, il est bien établi dans certains cas qu’il existe un effet du traitement, aucun lien n’est clairement établi entre une prise de poids et un quelconque traitement antirétroviral. Le contrôle des taux de lipides et de glucose sanguins devra tenir compte des recommandations en vigueur encadrant les traitements contre le VIH. Les troubles lipidiques devront être pris en charge en fonction du tableau clinique.
Syndrome de restauration immunitaire
Chez les patients infectés par le VIH et présentant un déficit immunitaire sévère au moment de l’instauration du traitement par association d’antirétroviraux, une réaction inflammatoire à des agents pathogènes opportunistes asymptomatiques ou résiduels peut survenir et entraîner des manifestations cliniques graves ou une aggravation des symptômes. De telles réactions ont été observées classiquement au cours des premières semaines ou mois suivant l’instauration du traitement par association d’antirétroviraux. Des exemples pertinents sont les rétinites à cytomégalovirus, les infections mycobactériennes généralisées et/ou localisées et les pneumopathies dues à Pneumocystis jiroveci. Tout symptôme inflammatoire doit être évalué et un traitement doit être instauré si nécessaire.
Des maladies auto-immunes (comme la maladie de Basedow et l’hépatite auto-immune) ont également été rapportées dans le cadre d’une restauration immunitaire ; cependant, le délai d’apparition décrit est plus variable et ces événements peuvent survenir plusieurs mois après l’instauration du traitement (voir rubrique 4.8).
Ostéonécrose
Bien que l'étiologie soit considérée comme multifactorielle (incluant l'utilisation de corticoïdes, la consommation d'alcool, une immunosuppression sévère, un indice de masse corporelle élevé), des cas d'ostéonécrose ont été rapportés en particulier chez des patients à un stade avancé de la maladie liée au VIH et/ou ayant un traitement par association d'antirétroviraux au long cours. Il est conseillé aux patients de solliciter un avis médical s'ils éprouvent des douleurs et des arthralgies, une raideur articulaire ou des difficultés pour se mouvoir.
Interactions avec d’autres médicaments
Il n’est pas recommandé d’associer l’étravirine et le tipranavir/ritonavir, en raison d’une forte interaction pharmacocinétique (diminution de l’ASC de l’étravirine de 76%) qui pourrait diminuer de façon significative la réponse virologique à l’étravirine.
L’association de l’étravirine avec le daclatasvir, l’atazanavir/cobicistat ou le darunavir/cobicistat n’est pas recommandée (voir rubrique 4.5).
Pour plus d’informations sur les interactions avec d’autres médicaments voir rubrique 4.5.
Intolérance au lactose et déficience en lactase
INTELENCE 25 mg comprimés Chaque comprimé contient 40 mg de lactose monohydraté. Les patients présentant une intolérance au galactose, un déficit total en lactase ou un syndrome de malabsorption du glucose et du galactose (maladies héréditaires rares) ne doivent pas prendre ce médicament.
INTELENCE 100 mg comprimés Chaque comprimé contient 160 mg de lactose monohydraté. Les patients présentant une intolérance au galactose, un déficit total en lactase ou un syndrome de malabsorption du glucose et du galactose (maladies héréditaires rares) ne doivent pas prendre ce médicament.
4.5Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions
Médicaments qui modifient l’exposition à l’étravirine
L’étravirine est métabolisée par CYP3A4, CYP2C9 et CYP2C19 suivi par une glucuronoconjugaison des métabolites par l’uridine diphosphate glucuronosyl-transferase (UDPGT). Les médicaments inducteurs du CYP3A4, du CYP2C9 ou du CYP2C19 peuvent augmenter la clairance de l’étravirine, ce qui conduit à une diminution des concentrations plasmatiques de l’étravirine. La co-administration d’étravirine avec des médicaments inhibiteurs du CYP3A4, du CYP2C9 ou du CYP2C19 peut diminuer la clairance de l’étravirine et peut entraîner une augmentation des concentrations plasmatiques de l’étravirine.
Médicaments dont l’exposition est modifiée par l’utilisation de l’étravirine
L’étravirine est un faible inducteur du CYP3A4. La co-administration d’étravirine avec des médicaments principalement métabolisés par le CYP3A4 peut entraîner une diminution des concentrations plasmatiques de ces médicaments, ce qui peut diminuer ou raccourcir leurs effets thérapeutiques. L’étravirine est un faible inhibiteur du CYP2C9 et du CYP2C19. L’étravirine est aussi un faible inhibiteur de la glycoprotéine P. Sa co-administration avec des médicaments principalement métabolisés par le CYP2C9 ou le CYP2C19, ou transportés par la glycoprotéine P, peut entraîner une augmentation des concentrations plasmatiques de ces médicaments, ce qui peut augmenter ou prolonger leur effet thérapeutique ou modifier leur profil d’effets indésirables.
Les interactions connues et théoriques avec une sélection de médicaments anti-rétroviraux et non anti- rétroviraux sont décrites dans le tableau 2. Le tableau n’est pas exhaustif.
Tableau d’interactions Les interactions entre l’étravirine et les médicaments co-administrés sont décrits dans le tableau 2 (une augmentation est symbolisée par « ↑ », une diminution par « ↓ » et aucune modification par « ↔ », non réalisé par « NR », intervalle de confiance par « IC »).
Tableau 2 : Interactions et recommandations de dose avec les autres médicaments
Médicaments par classe Effets sur les concentrations Recommandations
thérapeutique médicamenteuses concernant la
Méthode des moindres carrés co-administration
Ratio moyen (IC 90% ; 1,00 = pas d’effet) ANTI-INFECTIEUX Antirétroviraux INTI
Didanosine didanosine Pas d’effet significatif sur
400 mg une fois par ASC ↔ 0,99 (0,79-1,25) les paramètres PK de la
jour Cmin NR didanosine et de
Cmax ↔ 0,91 (0,58-1,42) l’étravirine. INTELENCE et
étravirine la didanosine peuvent être
ASC ↔ 1,11 (0,99-1,25) utilisés sans adaptation
Cmin ↔ 1,05 (0,93-1,18) posologique.
Cmax ↔ 1,16 (1,02-1,32)
Ténofovir disoproxil ténofovir Pas d’effet significatif sur
245 mg une fois par ASC ↔ 1,15 (1,09-1,21) les paramètres PK du
jourb Cmin ↑ 1,19 (1,13-1,26) ténofovir et de l’étravirine.
Cmax ↑ 1,15 (1,04-1,27) INTELENCE et le ténofovir
étravirine peuvent être utilisés sans
ASC ↓ 0,81 (0,75-0,88) adaptation posologique.
Cmin ↓ 0,82 (0,73-0,91) Cmax ↓ 0,81 (0,75-0,88)
Autres INTI Non étudié, mais aucune interaction n’est INTELENCE peut être
attendue compte tenu de la voie d’élimination utilisé avec ces INTI sans
principalement rénale pour les autres INTI (ex adaptation posologique.
abacavir, emtricitabine, lamivudine, stavudine et zidovudine). INNTI
Efavirenz Il n’a été montré aucun bénéfice à associer deux Il n’est pas recommandé de
Névirapine INNTI. L’association de l’étravirine avec co-administrer
Rilpivirine l’éfavirenz ou la névirapine peut entraîner une INTELENCE avec d’autres
diminution significative de la concentration INNTI.
plasmatique de l’étravirine et la perte d’effet thérapeutique de l’étravirine. L’association de l’étravirine avec la rilpivirine peut entraîner une diminution de la concentration plasmatique de la rilpivirine et la perte d’effet thérapeutique de la rilpivirine. Inhibiteurs de la Protéase (IP) du VIH – Non boostés (sans co-administration de ritonavir à faible dose)
Indinavir L’association de l’étravirine avec l’indinavir peut Il n’est pas recommandé de
entraîner une diminution significative des co-administrer
concentrations plasmatiques d’indinavir et une INTELENCE avec
perte d’effet thérapeutique de l’indinavir. l’indinavir.
IP du VIH - Boostés avec une faible dose de ritonavir
Atazanavir/ritonavir atazanavir INTELENCE et
300/100 mg une fois ASC ↓ 0,86 (0,79-0,93) atazanavir/ritonavir peuvent
par jour Cmin ↓ 0,62 (0,55-0,71) être utilisés sans adaptation
Cmax ↔ 0,97 (0,89-1,05) posologique.
étravirine ASC ↑ 1,30 (1,18-1,44) Cmin ↑ 1,26 (1,12-1,42) Cmax ↑ 1,30 (1,17-1,44)
Darunavir/ritonavir darunavir INTELENCE et
600/100 mg deux fois ASC ↔ 1,15 (1,05-1,26) darunavir/ritonavir peuvent
par jour Cmin ↔ 1,02 (0,90-1,17) être utilisés sans adaptation
Cmax ↔ 1,11 (1,01-1,22) posologique (voir aussi
étravirine rubrique 5.1).
ASC ↓ 0,63 (0,54-0,73) Cmin ↓ 0,51 (0,44-0,61) Cmax ↓ 0,68 (0,57-0,82)
Fosamprénavir/ amprénavir Il peut être nécessaire de
ritonavir ASC ↑ 1,69 (1,53-1,86) réduire la dose
700/100 mg deux fois Cmin ↑ 1,77 (1,39-2,25) d’amprénavir/ritonavir et de
par jour Cmax ↑ 1,62 (1,47-1,79) fosamprénavir/ritonavir en
étravirine cas d’association avec
ASC ↔a INTELENCE. La solution
Cmin ↔a orale peut être utilisée pour
Cmax ↔a la réduction de la dose.
Lopinavir/ritonavir lopinavir INTELENCE et
(comprimé) ASC ↔ 0,87 (0,83-0,92) lopinavir/ritonavir peuvent
400/100 mg deux fois Cmin ↓ 0,80 (0,73-0,88) être utilisés sans adaptation
par jour Cmax ↔ 0,89 (0,82-0,96) posologique.
étravirine ASC ↓ 0,65 (0,59-0,71) Cmin ↓ 0,55 (0,49-0,62) Cmax ↓ 0,70 (0,64-0,78)
Saquinavir/ritonavir saquinavir INTELENCE et
1 000/100 mg deux ASC ↔ 0,95 (0,64-1,42) saquinavir/ritonavir peuvent
fois par jour Cmin ↓ 0,80 (0,46-1,38) être utilisés sans adaptation
Cmax ↔ 1,00 (0,70-1,42) posologique.
étravirine ASC ↓ 0,67 (0,56-0,80) Cmin ↓ 0,71 (0,58-0,87) Cmax ↓ 0,63 (0,53-0,75)
Tipranavir/ritonavir tipranavir Il n’est pas recommandé de
500/200 mg deux fois ASC ↑ 1,18 (1,03-1,36) co-administrer le
par jour Cmin ↑ 1,24 (0,96-1,59) tipranavir/ritonavir et
Cmax ↑ 1,14 (1,02-1,27) INTELENCE (voir rubrique
étravirine 4.4).
ASC ↓ 0,24 (0,18-0,33) Cmin ↓ 0,18 (0,13-0,25) Cmax ↓ 0,29 (0,22-0,40) IP du VIH – Boostés avec cobicistat
Atazanavir/cobicistat Non étudiés. La co-administration d’étravirine La co-administration
Darunavir/cobicistat avec atazanavir/cobicistat ou darunavir/cobicistat d’INTELENCE avec
peut diminuer les concentrations plasmatiques atazanavir/cobicistat ou
des IP et/ou du cobicistat, ce qui peut entraîner darunavir/cobicistat n’est
une perte de l’effet thérapeutique et le pas recommandée.
développement de résistance. Antagonistes du CCR5
Maraviroc maraviroc Lorsque le maraviroc est
300 mg deux fois par ASC ↓ 0,47 (0,38-0,58) associé à INTELENCE et à
jour Cmin ↓ 0,61 (0,53-0,71) un IP, la dose recommandée
Cmax ↓ 0,40 (0,28-0,57) de maraviroc est de 150 mg
étravirine deux fois par jour à
ASC ↔ 1,06 (0,99-1,14) l’exception de l’association
Cmin ↔ 1,08 (0,98-1,19) avec
Cmax ↔ 1,05 (0,95-1,17) fosamprénavir/ritonavir, qui
Maraviroc/darunavir/ maraviroc* n’est pas recommandée
ritonavir ASC ↑ 3,10 (2,57-3,74) avec le maraviroc. Aucune
150/600/100 mg deux Cmin ↑ 5,27 (4,51-6,15) adaptation posologique
fois par jour Cmax ↑ 1,77 (1,20-2,60) n’est requise pour
* comparé au maraviroc 150 mg deux fois par jour INTELENCE.
Voir aussi rubrique 4.4.
Inhibiteurs de fusion
Enfuvirtide étravirine* Aucune interaction n’est
90 mg deux fois par ASC ↔a attendue pour INTELENCE
jour C0h ↔a ou pour l’enfuvirtide
Concentrations d’enfuvirtide non étudiées et lorsqu’ils sont co-
aucun effet n’est attendu. administrés.
*sur la base d’analyses de pharmacocinétique de population Inhibiteurs de l’intégrase (inhibiteur de transfert de brins)
Dolutégravir dolutégravir L’étravirine réduit
50 mg une fois par jour ASC ↓ 0,29 (0,26-0,34) significativement les
Cmin ↓ 0,12 (0,09-0,16) concentrations plasmatiques
Cmax ↓ 0,48 (0,43-0,54) du dolutégravir. L’effet de
étravirine l’étravirine sur les
ASC ↔a concentrations plasmatiques
Cmin ↔a du dolutégravir est atténué
Cmax ↔a par la co-administration
avec darunavir/ritonavir ou
Dolutégravir + dolutégravir avec lopinavir/ritonavir, et
darunavir/ritonavir ASC↓ 0,75 (0,69-0,81) devrait être atténué avec
50 mg une fois par jour Cmin ↓ 0,63 (0,52-0,77) atazanavir/ritonavir.
+ 600/100 mg deux Cmax ↓ 0,88 (0,78-1,00)
fois par jour étravirine INTELENCE doit être
ASC ↔a utilisé avec le dolutégravir
Cmin ↔a uniquement en association
Cmax ↔a avec atazanavir/ritonavir,
darunavir/ritonavir ou lopinavir/ritonavir. Cette
Dolutégravir + dolutégravir association peut être utilisée Lopinavir/ritonavir ASC↔ 1,11 (1,02-1,20) sans adaptation 50 mg une fois par jour Cmin ↑ 1,28 (1,13-1,45) posologique. + 400/100 mg deux Cmax ↔ 1,07 (1,02-1,13) fois par jour étravirine
ASC ↔a Cmin ↔a Cmax ↔a
Raltégravir raltégravir INTELENCE et raltégravir 400 mg deux fois par ASC ↓ 0,90 (0,68-1,18) peuvent être utilisés sans jour Cmin ↓ 0,66 (0,34-1,26) adaptation posologique.
Cmax ↓ 0,89 (0,68-1,15) étravirine ASC ↔ 1,10 (1,03-1,16) Cmin ↔ 1,17 (1,10-1,26) Cmax ↔ 1,04 (0,97-1,12) ANTI-ARYTHMIQUES
Digoxine digoxine INTELENCE et la digoxine
0,5 mg dose unique ASC ↑ 1,18 (0,90-1,56) peuvent être utilisés sans
Cmin NR adaptation posologique. Il
Cmax ↑ 1,19 (0,96-1,49) est recommandé de
surveiller les concentrations de digoxine en cas d’association à INTELENCE.
Amiodarone Non étudiés. Il est attendu une diminution des La prudence est Bépridil concentrations plasmatiques de ces anti- recommandée, ainsi que le Disopyramide arythmiques avec INTELENCE. suivi de la concentration Flécaïnide thérapeutique, si disponible, Lidocaïne (systémique) des anti-arythmiques Mexilétine co-administrés avec Propafénone INTELENCE.
Quinidine
ANTIBIOTIQUES
Azithromycine Non étudié. Compte tenu de la voie INTELENCE et
d’élimination biliaire de l’azithromycine, aucune l’azithromycine peuvent
interaction médicamenteuse n’est attendue entre être utilisés sans adaptation
l’azithromycine et INTELENCE. posologique.
Clarithromycine clarithromycine L’exposition à la
500 mg deux fois par ASC ↓ 0,61 (0,53-0,69) clarithromycine a été
jour Cmin ↓ 0,47 (0,38-0,57) diminuée par l’étravirine;
Cmax ↓ 0,66 (0,57-0,77) cependant, les
14-OH-clarithromycine concentrations du
ASC ↑ 1,21 (1,05-1,39) métabolite actif,
Cmin ↔ 1,05 (0,90-1,22) 14-OH-clarithromycine, ont
Cmax ↑ 1,33 (1,13-1,56) été augmentées. La
étravirine 14-OH-clarithromycine
ASC ↑ 1,42 (1,34-1,50) ayant une activité réduite
Cmin ↑ 1,46 (1,36-1,58) sur le complexe
Cmax ↑ 1,46 (1,38-1,56) Mycobacterium avium
(MAC), l’activité globale vis-à-vis de ce pathogène peut en être altérée. Par conséquent, des alternatives à la clarithromycine doivent être envisagées pour le traitement des MAC. ANTICOAGULANTS
Warfarine Non étudié. Il est attendu une augmentation des Il est recommandé de
concentrations plasmatiques de la warfarine avec surveiller l’INR
l’étravirine. (international normalised
ratio) lorsque la warfarine est associée à INTELENCE. ANTIEPILEPTIQUES
Carbamazépine Non étudiés. Il est attendu une diminution des L’association n’est pas Phénobarbital concentrations plasmatiques de l’étravirine avec recommandée. Phénytoïne la carbamazépine, le phénobarbital et la
phénytoïne. ANTIFONGIQUES
Fluconazole fluconazole INTELENCE et fluconazole 200 mg une prise le ASC ↔ 0,94 (0,88-1,01) peuvent être utilisés sans matin Cmin ↔ 0,91 (0,84-0,98) adaptation posologique.
Cmax ↔ 0,92 (0,85-1,00) étravirine ASC ↑ 1,86 (1,73-2,00) Cmin ↑ 2,09 (1,90-2,31) Cmax ↑ 1,75 (1,60-1,91)
Itraconazole Non étudiés. Le posaconazole, un inhibiteur INTELENCE et ces
Kétoconazole puissant du CYP3A4, peut augmenter les antifongiques peuvent être
Posaconazole concentrations plasmatiques de l’étravirine. utilisés sans adaptation
L’itraconazole et le kétoconazole sont des posologique.
inhibiteurs puissants ainsi que des substrats du CYP3A4. L’utilisation concomitante d’itraconazole ou de kétoconazole par voie systémique et d’étravirine pourrait augmenter les concentrations plasmatiques d’étravirine. Simultanément, les concentrations plasmatiques d’itraconazole ou de kétoconazole pourraient être diminuées par l’étravirine.
Voriconazole voriconazole INTELENCE et le
200 mg deux fois par ASC ↑ 1,14 (0,88-1,47) voriconazole peuvent être
jour Cmin ↑ 1,23 (0,87-1,75) utilisés sans adaptation
Cmax ↓ 0,95 (0,75-1,21) posologique.
étravirine ASC ↑ 1,36 (1,25-1,47) Cmin ↑ 1,52 (1,41-1,64) Cmax ↑ 1,26 (1,16-1,38) ANTIPALUDIQUES
Artéméther/ artéméther Un surveillance étroite de la
Luméfantrine ASC ↓ 0,62 (0,48-0,80) réponse aux antipaludiques
80/480 mg, 6 doses àCmin ↓ 0,82 (0,67-1,01) est recommandée lors de la
0, 8, 24, 36, 48 et Cmax ↓ 0,72 (0,55-0,94) co-administration
60 heures dihydroartémisinine d’INTELENCE avec
ASC ↓ 0,85 (0,75-0,97) artéméther/luméfantrine car
Cmin ↓ 0,83 (0,71-0,97) une diminution significative
Cmax ↓ 0,84 (0,71-0,99) de l’exposition à l’artéméter
luméfantrine et à son métabolite actif, la
ASC ↓ 0,87 (0,77-0,98) dihydroartémisinine, peut
Cmin ↔ 0,97 (0,83-1,15) entraîner une diminution de
Cmax ↔ 1,07 (0,94-1,23) l’efficacité des
étravirine antipaludiques. Aucun
ASC ↔ 1,10 (1,06-1,15) ajustement posologique n’est
Cmin ↔ 1,08 (1,04-1,14) nécessaire pour
Cmax ↔ 1,11 (1,06-1,17) INTELENCE.
ANTI-MYCOBACTERIENS
Rifampicine Non étudiés. Il est attendu que la rifampicine et Association non Rifapentine la rifapentine diminuent les concentrations recommandée.
plasmatiques de l’étravirine. INTELENCE doit être utilisé en association avec un IP boosté. La rifampicine est contre-indiquée en association avec des IP boostés.
Rifabutine En association avec un IP boosté : L’association
300 mg une fois par Aucune étude d’interaction n’a été réalisée. Sur d’INTELENCE avec un IP
jour la base de données historiques, une diminution boosté et de la rifabutine
de l’exposition à l’étravirine et une augmentation doit être utilisée avec
de l’exposition à la rifabutine et plus précaution en raison du
particulièrement au 25-O-désacetyl-rifabutine risque de diminution de
peuvent être attendues. l’exposition à l’étravirine et
du risque d’augmentation
En l’absence d’association avec un IP boosté (en des expositions à la
dehors de l’indication recommandée pour rifabutine et au
l’étravirine) : 25-O-désacetyl-rifabutine.
rifabutine Une surveillance étroite de
ASC ↓ 0,83 (0,75-0,94) la réponse virologique et
Cmin ↓ 0,76 (0,66-0,87) des effets indésirables liés à
Cmax ↓ 0,90 (0,78-1,03) la rifabutine est
25-O-désacetyl-rifabutine recommandée. Il est
ASC ↓ 0,83 (0,74-0,92) conseillé de consulter
Cmin ↓ 0,78 (0,70-0,87) l’information produit de l’IP
Cmax ↓ 0,85 (0,72-1,00) boosté associé pour
étravirine connaître l’adaptation
ASC ↓ 0,63 (0,54-0,74) posologique nécessaire pour
Cmin ↓ 0,65 (0,56-0,74) la rifabutine.
Cmax ↓ 0,63 (0,53-0,74) BENZODIAZEPINES
Diazepam Non étudié. Il est attendu que l’étravirine Des alternatives au
augmente les concentrations plasmatiques du diazepam doivent être
diazepam. envisagées.
CORTICOSTEROÏDES
Dexaméthasone (voie Non étudié. Il est attendu que le dexaméthasone Le dexaméthasone par voie
systémique) diminue les concentrations plasmatiques de systémique doit être utilisée
l’étravirine avec précaution ou des
alternatives doivent être envisagées, en particulier en cas d’utilisation à long terme. CONTRACEPTIFS A BASE D’OESTROGENES
Ethinylestradiol éthinylestradiol L’association de
0,035 mg une fois par ASC ↑ 1,22 (1,13-1,31) contraceptifs à base
jour Cmin ↔ 1,09 (1,01-1,18) d’œstrogènes et/ou de
Noréthindrone Cmax ↑ 1,33 (1,21-1,46) progestérone et
1 mg une fois par jour noréthindrone d’INTELENCE peut être
ASC ↔ 0,95 (0,90-0,99) utilisée sans adaptation
Cmin ↓ 0,78 (0,68-0,90) posologique.
Cmax ↔ 1,05 (0,98-1,12) étravirine ASC ↔a Cmin ↔a Cmax ↔a ANTIVIRAUX A ACTION DIRECTE SUR LE VIRUS DE L’HEPATITE C (VHC)
Ribavirine Non étudié, mais aucune interaction n’est L’association attendue compte tenu de la voie d’élimination d’INTELENCE et de la
rénale de la ribavirine. ribavirine peut être utilisée sans adaptation posologique.
Daclatasvir Non étudié. La co-administration d’étravirine La co-administration
avec le daclatasvir peut diminuer les d’INTELENCE et de
concentrations de daclatasvir. daclatasvir n’est pas
recommandée.
Elbasvir/grazoprevir Non étudié. La co-administration d’étravirine La co-administration est
avec elbasvir/grazoprevir peut diminuer les contre-indiquée (voir
concentrations d’elbasvir et de grazoprevir, rubrique 4.3).
entraînant une diminution de l’effet thérapeutique d’elbasvir/grazoprevir. PRODUITS A BASE DE PLANTES
Millepertuis Non étudié. Il est attendu que le millepertuis Association non (Hypericum diminue les concentrations plasmatiques de recommandée. perforatum) l’étravirine.
INHIBITEURS DE LA HMG CO-A REDUCTASE
Atorvastatine atorvastatine L’association
40 mg une fois par jour ASC ↓ 0,63 (0,58-0,68) d’INTELENCE et
Cmin NR d’atorvastatine peut être
Cmax ↑ 1,04 (0,84-1,30) administrée sans adaptation
2-OH-atorvastatine posologique, cependant, la
ASC ↑ 1,27 (1,19-1,36) dose d’atorvastatine devra
Cmin NR éventuellement être
Cmax ↑ 1,76 (1,60-1,94) modifiée en fonction de la
étravirine réponse clinique.
ASC ↔ 1,02 (0,97-1,07) Cmin ↔ 1,10 (1,02-1,19) Cmax ↔ 0,97 (0,93-1,02)
Fluvastatine Non étudiés. Il n’est pas attendu d’interaction Il peut être nécessaire Lovastatine entre la pravastatine et l’étravirine. d’adapter la dose de ces Pravastatine La lovastatine, la rosuvastatine et la simvastatine inhibiteurs de la Rosuvastatine sont des substrats du CYP3A4 et leur HMG Co-A réductase. Simvastatine co-administration avec l’étravirine pourrait
diminuer les concentrations plasmatiques de l’inhibiteur de la HMG Co-A réductase. La fluvastatine et la rosuvastatine sont métabolisées par le CYP2C9 et la co-administration avec l’étravirine pourrait augmenter les concentrations plasmatiques de l’inhibiteur de la HMG Co-A réductase. ANTAGONISTES DES RECEPTEURS H2
Ranitidine étravirine INTELENCE peut être co-
150 mg deux fois par ASC ↓ 0,86 (0,76-0,97) administré avec les
jour Cmin NR antagonistes des
Cmax ↓ 0,94 (0,75-1,17) récepteurs H2 sans
adaptation posologique. IMMUNOSUPPRESSEURS
Ciclosporine Non étudiés. Il est attendu que l’étravirine La co-administration avec Sirolimus diminue les concentrations plasmatiques de la des immunosuppresseurs Tacrolimus ciclosporine, du sirolimus et du tacrolimus. administrés par voie
systémique doit se faire avec précaution car les concentrations plasmatiques de la ciclosporine, du sirolimus et du tacrolimus peuvent être modifiées lorsqu’ils sont co- administrés avec INTELENCE. ANALGESIQUES NARCOTIQUES
Méthadone R(-) méthadone Il n’a pas été nécessaire, sur
Dose individuelle ASC ↔ 1,06 (0,99-1,13) la base de l’état clinique, de
allant de 60 mg à Cmin ↔ 1,10 (1,02-1,19) modifier la dose de
130 mg une fois par Cmax ↔ 1,02 (0,96-1,09) méthadone pendant ou après
jour S(+) méthadone la période de co-
ASC ↔ 0,89 (0,82-0,96) administration avec
Cmin ↔ 0,89 (0,81-0,98) INTELENCE.
Cmax ↔ 0,89 (0,83-0,97) étravirine ASC ↔a Cmin ↔a Cmax ↔a INHIBITEURS DE LA PHOSPHODIESTERASE DE TYPE 5 (PDE-5)
Sildénafil 50 mg dose sildénafil L’utilisation concomitante
unique ASC ↓ 0,43 (0,36-0,51) d’inhibiteurs de la PDE-5 et
Tadalafil Cmin NR d’INTELENCE peut
Vardénafil Cmax ↓ 0,55 (0,40-0,75) nécessiter une adaptation
N-déméthyl-sildénafil posologique de l’inhibiteur
ASC ↓ 0,59 (0,52-0,68) de la PDE-5 pour obtenir
Cmin NR l’effet clinique désiré.
Cmax ↓ 0,75 (0,59-0,96) INHIBITEURS DE L’AGREGATION PLAQUETTAIRE
Clopidogrel Des données in vitro montrent que l’étravirine Par précaution, l’utilisation
possède des propriétés inhibitrices sur le concomitante de l’étravirine
CYP2C19. Par conséquent, il est possible que et du clopidogrel doit être
l’étravirine, par une telle inhibition du CYP2C19 déconseillée.
in vivo, inhibe le métabolisme du clopidogrel en son métabolite actif. La pertinence clinique de cette interaction n’a pas été établie.
INHIBITEURS DE LA POMPE A PROTONS
Oméprazole étravirine INTELENCE peut être co-
40 mg une fois par jour ASC ↑ 1,41 (1,22-1,62) administré avec des
Cmin NR inhibiteurs de la pompe à
Cmax ↑ 1,17 (0,96-1,43) protons sans adaptation
posologique. INHIBITEURS SELECTIFS DE LA RECAPTURE DE LA SEROTONINE (ISRS)
Paroxétine paroxétine INTELENCE peut être co-
20 mg une fois par jour ASC ↔ 1,03 (0,90-1,18) administré avec la
Cmin ↓ 0,87 (0,75-1,02) paroxétine sans adaptation
Cmax ↔ 1,06 (0,95-1,20) posologique.
étravirine ASC ↔ 1,01 (0,93-1,10) Cmin ↔ 1,07 (0,98-1,17) Cmax ↔ 1,05 (0,96-1,15) a Comparaison basée sur des données historiques. b L’étude a été conduite avec 300 mg de fumarate de ténofovir disoproxil une fois par jour Note : Au cours des études d’interactions, les différentes formulations et/ou doses d’étravirine utilisées ont conduit à des expositions similaires et, par conséquent, les données d’interactions applicables à une formulation le sont également aux autres.
Population pédiatrique
Les études d’interactions n’ont été réalisées que chez l’adulte.
4.6Fertilité, grossesse et allaitement
Grossesse
En règle générale, l’utilisation des antirétroviraux pour traiter l’infection par le VIH chez les femmes enceintes et par conséquent réduire le risque de transmission verticale du VIH chez le nourrisson, nécessite de prendre en compte les données obtenues chez l'animal ainsi que l'expérience clinique acquise chez les femmes enceintes afin de déterminer la sécurité d’emploi pour le fœtus.
Un passage transplacentaire a été observé chez des rates gravides, mais on ne sait pas s’il existe également un passage transplacentaire d’étravirine chez la femme enceinte. Les études effectuées chez l’animal n’ont pas mis en évidence d'effets délétères directs ou indirects sur la gestation, le développement embryonnaire/fœtal, l’accouchement ou le développement post-natal (voir rubrique 5.3). Sur la base des données chez l’animal, le risque de malformations chez l’homme est peu probable. Les données cliniques ne soulèvent pas de problème de sécurité mais elles sont très limitées.
Allaitement
L’étravirine est excrétée dans le lait maternel humain. En raison du risque d'effets indésirables chez les nourrissons, les femmes doivent être informées qu'elles ne doivent pas allaiter si elles sont traitées par INTELENCE. Il est recommandé aux femmes infectées par le VIH de ne pas allaiter afin d’éviter la transmission du VIH.
Fertilité
Il n’y a pas de donnée disponible chez l’Homme concernant l’effet de l’étravirine sur la fertilité. Chez le rat, aucun effet sur l’accouplement ou la fertilité n’a été observé avec le traitement par l’étravirine (voir rubrique 5.3).
4.7Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
INTELENCE a une influence mineure sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines. Aucune étude sur les effets d’INTELENCE sur l’aptitude à conduire des véhicules et à
utiliser des machines n’a été réalisée. Des effets indésirables tels que somnolence et vertiges ont été rapportés chez les patients traités par l’étravirine et doivent être pris en considération lors de l’évaluation de l’aptitude d’un patient à conduire des véhicules et à utiliser des machines (voir rubrique 4.8).
4.8Effets indésirables
Résumé du profil de sécurité d’emploi
Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés (incidence ≥ 10 %), tous grades confondus, pour l’étravirine ont été : éruptions cutanées, diarrhée, nausées et céphalées. Dans les études de phase III, les taux d’arrêt de traitement en raison d’effet indésirable ont été de 7,2 % chez les patients recevant de l’étravirine. L’effet indésirable ayant le plus fréquemment conduit à un arrêt du traitement a été les éruptions cutanées.
Tableau récapitulatif des effets indésirables
Les effets indésirables rapportés chez les patients traités par l’étravirine sont décrits dans le tableau 3. Les effets indésirables sont classés par classe système organe (CSO) et par fréquence. Au sein de chaque groupe de fréquence, les effets indésirables sont présentés suivant un ordre décroissant de gravité. Les fréquences sont définies de la manière suivante : très fréquent (≥1/10), fréquent (≥1/100, < 1/10), peu fréquent (≥1/1 000 et <1/100), rare (≥ 1/10 000 et < 1/1 000) et très rare (< 1/10 000).
Tableau 3 : Effets indésirables observés avec l’étravirine dans les essais cliniques et après la mise sur le marché
Classe de systèmes Fréquence Effet indésirable organes (CSO)
Affections fréquent thrombocytopénie, anémie, nombre de neutrophiles hématologiques et du diminué système lymphatique peu fréquent Diminution des globules blancs Affections du système fréquent Réaction d’hypersensibilité immunitaire peu fréquent syndrome de restauration immunitaire Troubles du fréquent diabète sucré, hyperglycémie, hypercholestérolémie, métabolisme et de la lipoprotéines de faible densité augmentées, nutrition hypertriglycéridémie, hyperlipidémie, dyslipidémie,
anorexie
Affections fréquent anxiété, insomnie, troubles du sommeil psychiatriques peu fréquent état confusionnel, désorientation, cauchemars,
nervosité, rêves anormaux
Affections du système très fréquent céphalées nerveux fréquent neuropathie périphérique, paresthésie, hypoesthésie,
amnésie, somnolence
peu fréquent convulsions, syncope, tremblements, hypersomnie, trouble de l’attention
Affections oculaires fréquent vision trouble Affections de l’oreille et peu fréquent vertige
du labyrinthe
Affections cardiaques fréquent infarctus du myocarde
peu fréquent fibrillation auriculaire, angine de poitrine
Affections vasculaires fréquent hypertension
rare accident vasculaire cérébral hémorragiquea
Affections respiratoires, fréquent dyspnée d’effort
thoraciques et peu fréquent bronchospasme
médiastinales
Affections gastro- très fréquent diarrhée, nausée
intestinales fréquent reflux gastro-œsophagien, vomissements, douleurs abdominales, distension abdominale, flatulences, gastrite, constipation, sécheresse buccale, stomatite, lipase augmentée, amylase sanguine augmentée
peu fréquent pancréatite, hématémèse, haut-le-cœur
Troubles hépato- fréquent alanine aminotransférase (ALAT) augmentée, aspartate
biliaires aminotransférase (ASAT) augmentée
peu fréquent hépatite, stéatose hépatique, hépatite cytolytique,
hépatomégalie
Affections de la peau et très fréquent éruption cutanée
du tissu sous-cutané fréquent sueurs nocturnes, sécheresse cutanée, prurigo
peu fréquent œdème de Quinckea, œdème facial, hyperhydrose
rare syndrome de Stevens-Johnsona, érythème polymorphea
très rare nécrolyse épidermique toxiquea, DRESSb
Affections du rein et des fréquent insuffisance rénale, créatinine sanguine augmentée
voies urinaires
Affections des organes peu fréquent gynécomastie de reproduction et du sein
Troubles généraux et fréquent fatigue anomalies au site
peu fréquent apathie d'administration a Ces effets indésirables ont été observés dans d’autres essais cliniques que les essais DUET-1 et DUET-2. b Ces effets indésirables ont été identifiés après la mise sur le marché de l’étravirine.
Description des effets indésirables particuliers
Eruption cutanée Les éruptions cutanées ont été le plus souvent légères à modérées, généralement de type maculaire à maculo-papulaire ou érythémateux, survenant principalement au cours de la deuxième semaine de traitement, et ont été peu fréquentes après la quatrième semaine. Dans la plupart des cas, les éruptions cutanées régressaient spontanément et disparaissaient généralement en 1 à 2 semaines avec la poursuite du traitement (voir rubrique 4.4). L’incidence des éruptions cutanées a été plus élevée chez les femmes que chez les hommes dans le groupe étravirine dans les essais DUET (des éruptions cutanées de grade ≥ 2 ont été rapportées chez 9/60 [15,0%] femmes versus 51/539[9,5%] hommes ; des interruptions de traitement dues aux éruptions cutanées ont été rapportées chez 3/60 [5,0%] femmes versus 10/539 [1,9%] hommes) (voir rubrique 4.4). Aucune différence liée au sexe n’a été observée en termes de sévérité ou d’interruption du traitement dues à une éruption cutanée. Les données cliniques sont limitées et une augmentation du risque des réactions cutanées chez les patients ayant des antécédents d’éruptions cutanées liées aux INNTI ne peut être exclue (voir rubrique 4.4).
Paramètres métaboliques Une augmentation du poids corporel ainsi que des taux de lipides et de glucose sanguins peuvent survenir au cours d'un traitement antirétroviral (voir rubrique 4.4).
Syndrome de restauration immunitaire Chez les patients infectés par le VIH présentant un déficit immunitaire sévère au moment de l’instauration du traitement par association d’antirétroviraux, une réaction inflammatoire à des infections opportunistes asymptomatiques ou résiduelles peut apparaître. Des maladies autoimmunes (comme la maladie de Basedow et l’hépatite auto-immune) ont également été rapportées; cependant, le délai d’apparition décrit est plus variable et ces événements peuvent survenir plusieurs mois après l’instauration du traitement (voir rubrique 4.4).
Ostéonécrose Des cas d’ostéonécrose ont été rapportés, en particulier chez des patients présentant des facteurs de risque généralement connus, un stade avancé de la maladie ou une exposition à long terme à
l’association de traitements antirétroviraux. La fréquence de cet effet n’est pas connue (voir rubrique 4.4).
Population pédiatrique (âgée de 1 an à moins de 18 ans)
L’évaluation de la sécurité d’emploi chez les enfants et les adolescents est basée sur deux essais à un seul bras. PIANO (TMC125-C213) est un essai de phase II dans lequel 101 patients pédiatriques âgés de 6 ans à moins de 18 ans, infectés par le VIH-1, pré-traités par un antirétroviral, ont reçu INTELENCE en association avec d’autres agents antirétroviraux. TMC125-C234/IMPAACT P1090 est un essai de phase I/II dans lequel 26 patients pédiatriques âgés de 1 an à moins de 6 ans, infectés par le VIH-1, pré-traités par un antirétroviral, ont reçu INTELENCE en association avec d’autres agents antirétroviraux (voir rubrique 5.1).
Dans PIANO et TMC125-C234/IMPAACT P1090, la fréquence, le type et la sévérité des effets indésirables chez les patients pédiatriques ont été comparables à ceux observés chez les adultes. Dans PIANO, les éruptions cutanées ont été rapportées plus fréquemment chez les sujets féminins que chez les sujets masculins (des éruptions cutanées de grade ≥ 2 ont été rapportées chez 13/64 [20,3%] sujets féminins versus 2/37 [5,4%] sujets masculins ; des interruptions de traitement dus aux éruptions cutanées ont été rapportées chez 4/64 [6,3%] sujets féminins versus 0/37 [0%] sujets masculins) (voir rubrique 4.4). Le plus souvent, les éruptions cutanées ont été légères à modérées, de type maculaire/papulaire et sont apparues au cours de la deuxième semaine de traitement. Dans la plupart des cas les éruptions cutanées régressaient spontanément et disparaissaient généralement en 1 semaine avec la poursuite du traitement.
Dans le cadre d’une étude de cohorte, rétrospective, post-commercialisation, visant à documenter le profil de sécurité à long terme de l’étravirine chez des enfants et des adolescents infectés par le VIH-1, recevant de l’étravirine avec d’autres antirétroviraux du VIH-1 (N = 182), des cas de syndrome de Stevens-Johnson ont été rapportés avec une incidence plus élevée (1 %) que dans les essais cliniques menés chez les adultes (< 0,1 %).
Autres populations particulières
Patients co-infectés par le virus de l’hépatite B et/ou celui de l’hépatite C Dans l’analyse compilée DUET-1 et DUET-2, l’incidence des évènements hépatiques avait tendance à être plus élevée chez les sujets co-infectés traités par l’étravirine comparativement aux sujets co- infectés du groupe placebo. INTELENCE doit être utilisé avec précaution chez ces patients (voir aussi rubriques 4.4 et 5.2).
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration – voir Annexe V.
4.9Surdosage
Il n’y a pas de donnée concernant les symptômes du surdosage avec l’étravirine, mais il est possible que les effets indésirables les plus fréquents de l’étravirine, que sont les éruptions cutanées, diarrhée, nausées et maux de tête, soient les symptômes constatés les plus courants. Il n’existe pas d’antidote spécifique en cas de surdosage avec INTELENCE. Le traitement du surdosage par l’étravirine comporte des mesures générales de surveillance, telles qu’une surveillance des signes vitaux et de l’état clinique du patient. L’étravirine étant fortement liée aux protéines plasmatiques, il est peu probable que la dialyse permette une élimination significative de la substance active.
5Propriétés pharmacologiques
5.1Propriétés pharmacodynamiques
Classe pharmacothérapeutique : Antiviraux à usage systémique, inhibiteurs non-nucléosidique de la transcriptase inverse, Code ATC : J05AG04.
Mécanisme d’action
L’étravirine est un INNTI du virus de l’immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1). L’étravirine se fixe directement sur la transcriptase inverse (TI) et bloque les activités ARN-dépendantes et ADN- dépendantes de l’ADN-polymérase en perturbant le site catalytique de l’enzyme.
Activité antivirale in vitro
L’étravirine est active contre le VIH-1 de type sauvage sur des lignées lymphocytaires T et des cellules primaires avec des concentrations efficaces à 50% (CE50) médianes comprises entre 0,9 et 5,5 nM. L’étravirine a démontré une activité antivirale sur des isolats primaires du VIH-1 du groupe M (sous-type A, B, C, D, E, F, G) et du groupe O avec des valeurs de CE50 comprises respectivement entre 0,3 et 1,7 nM d’une part et 11,5 et 21,7 nM d’autre part. Même si l’étravirine démontre in vitro une activité sur le VIH-2 de type sauvage avec des valeurs médianes CE50 comprises entre 5,7 et 7,2 µM, en l’absence de données cliniques, il n’est pas recommandé de traiter l’infection par le VIH-2 avec l’étravirine. L’étravirine reste active contre les souches virales VIH-1 résistantes aux inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse et/ou aux inhibiteurs de la protéase. De plus, sur 60% de 6 171 isolats cliniques résistants aux INNTI, la valeur de la CE50 de l’étravirine a été multipliée d’un facteur ≤ 3.
Résistance
L’efficacité de l’étravirine en fonction de la résistance aux INNTI présente à l’inclusion a été principalement analysée alors que l’étravirine était donnée en association avec darunavir/ritonavir (DUET-1 et DUET-2). Les inhibiteurs de protéase boostés, tels que darunavir/ritonavir, présentent une plus haute barrière à la résistance que d’autres classes d’antirétroviraux. Les seuils de diminution de l’efficacité de l’étravirine (> 2 mutations parmi celles associées à une résistance à l’étravirine à l’inclusion, voir rubrique résultats cliniques) s’appliquent lorsque l’étravirine est associée à un inhibiteur de protéase boosté. Ce seuil pourrait s’abaisser dans le cas d’une association d’antirétroviraux n’incluant pas un inhibiteur de protéase boosté.
Dans les essais de phase III DUET-1 et DUET-2, les mutations les plus fréquemment développées chez les patients en échec virologique au traitement comportant de l’étravirine ont été : V108I, V179F, V179I, Y181C and Y181I, lesquelles sont généralement apparues dans un contexte de plusieurs autres mutations associées à une résistance aux INNTI. Dans tous les autres essais menés avec de l’étravirine chez les patients infectés par le VIH-1, les mutations émergentes les plus fréquemment retrouvées ont été : L100I, E138G, V179F, V179I, Y181C et H221Y.
Résistance croisée
Après échec virologique d’un traitement comportant l’étravirine il n’est pas recommandé de traiter les patients par l’éfavirenz et/ou la névirapine.
Efficacité et sécurité cliniques
Patients adultes prétraités Etudes pivots La démonstration de l’efficacité de l’étravirine repose sur les données à 48 semaines des 2 essais de Phase III DUET-1 et DUET-2. Le schéma de ces essais était identique et une efficacité similaire de
l’étravirine a été observée dans chacun des essais. Les résultats ci-dessous sont les données compilées issues des deux essais.
Caractéristiques de l’essai
- Schéma : randomisé (1:1), double aveugle, contrôlé versus placebo.
- Traitement : étravirine vs placebo, en plus d’un traitement de base (TB) incluant darunavir/ritonavir (DRV/rtv), des IN(t)TI sélectionnés par l’investigateur plus ou moins enfuvirtide (ENF).
- Principaux critères d’inclusion :
Charge virale plasmatique VIH-1 > 5 000 copies/ml à la sélection des patients
1 mutation ou plus associée(s) à la résistance aux INNTI présente(s) à la sélection ou sur
la base d’une analyse génotypique antérieure (résistance archivée)
3 mutations majeures ou plus aux IP présentes à la sélection
Traitement antirétroviral stable depuis au moins 8 semaines.
- Stratification : la randomisation a été stratifiée selon l’intention de prise d’ENF dans le traitement de base (TB), l’utilisation antérieure de darunavir et la charge virale à la sélection.
- La réponse virologique a été définie par l’obtention d’une charge virale indétectable confirmée (ARN du VIH-1 < 50 copies/ml).
Résumé des résultats d’efficacité
Tableau 4 : Données à 48 semaines DUET-1 et DUET-2 compilées
Étravirine + TB Placebo + TB Différence entre
N=599 N=604 les traitements
(IC 95%) Caractéristiques à l’inclusion
ARN du VIH-1 plasmatique 4,8 log10 copies/ml 4,8 log10 copies/ml (médiane)
Taux de CD4 (médiane) 99 x 106 cellules/l 109 x 106 cellules/l Résultats Charge virale indétectable confirmée (ARN du VIH-1 < 50 copies/ml)a n (%) 20,9%
Total 363 (60,6%) 240 (39,7%) (15,3%; 26,4%)d 12,8%
de novo ENF 109 (71,2%) 93 (58,5%) (2,3%; 23,2%)f 23,9%
Non de novo ENF 254 (57,0%) 147 (33,0%) (17,6%; 30,3%) f a
ARN du VIH-1 < 400 copies/ml 24,1%
428 (71,5%) 286 (47,4%)
n (%) (18,7%; 29,5%)d
Variation moyenne de l’ARN du -0,6
VIH-1 par rapport à l’inclusion -2,25 -1,49 (-0,8; -0,5)c (log10 copies/ml)b Variation moyenne du taux de 24,4
CD4 par rapport à l’inclusion +98,2 +72,9 (10,4; 38,5)c (x 106/l)b
Tout évènement classant SIDA -3,9%
35(5,8%) 59 (9,8%)
et/ou décès n (%) (-6,9%; -0,9%)e
a Imputations selon l’algorithme du délai de perte de réponse virologique (TLOVR = Time to Loss of Virologic Response). b Imputation selon laquelle les patients qui ne terminent pas l’étude sont considérés comme des échecs (NC = F) c Les différences entre les traitements sont basées sur la méthode des moindres carrés (LSM) d’un modèle ANCOVA comprenant les facteurs de stratification. Diminution moyenne de l’ARN du VIH-1 : p<0,0001; variation moyenne du taux de CD4 : p=0,0006. d Intervalle de confiance de la différence observée entre les taux de réponse ; p<0,0001 issu d’un modèle de régression logistique, incluant les facteurs de stratification. e Intervalle de confiance de la différence observée entre les taux de réponse ; p = 0,0408. f Intervalle de confiance de la différence observée entre les taux de réponse ; p (issu du test CMH prenant en compte les facteurs de stratification) = 0,0199 pour les de novo, et < 0,0001 pour les non de novo.
En raison de l’effet significatif de l’ENF sur le traitement, l’analyse principale a été réalisée pour 2 sous- groupes d’ENF (patients réutilisant ou n’utilisant pas l’ENF versus patients utilisant l’ENF de novo). Les résultats à 48 semaines de l’analyse compilée DUET-1 et DUET-2 ont démontré que le groupe étravirine était supérieur au groupe placebo que l’ENF soit utilisé de novo (p=0,0199) ou pas (p<0,0001). Les résultats de cette analyse (données à 48 semaines) par sous-groupe d’ENF sont décrits dans le tableau 4.
Dans le groupe étravirine un nombre significativement moins important de patients ont atteint un critère de jugement clinique (évènement classant SIDA et/ou décès) comparé au groupe placebo (p=0,0408).
Une analyse en sous-groupe de la réponse virologique (définie par une charge virale ARN du VIH-1 < 50 copies/ml) à 48 semaines en fonction de la charge virale à l’inclusion et du taux de CD4 à l’inclusion (données compilées DUET) est présentée dans le tableau 5.
Tableau 5 : Données compilées DUET-1 et DUET-2 Proportion de sujets avec ARN du VIH-1 < 50 copies/ml à 48 semaines Sous-groupes
Étravirine + TB Placebo + TB
N=599 N=604
ARN du VIH-1 à l’inclusion
< 30 000 copies/ml 75,8% 55,7% ≥ 30 000 et < 100 000 copies/ml 61,2% 38,5% ≥ 100 000 copies/ml 49,1% 28,1%
Taux de CD4 (x 106/l) à l’inclusion
< 50 45,1% 21,5% ≥ 50 et < 200 65,4% 47,6% ≥ 200 et < 350 73,9% 52,0% ≥ 350 72,4% 50,8%
Note : Imputations selon l’algorithme du délai de perte de réponse virologique (TLOVR = Time to Loss of Virologic Response)
Analyses génotypiques ou phénotypiques à l’inclusion et réponse virologique Dans DUET-1 et DUET-2, la présence à l’inclusion de 3 mutations ou plus parmi les mutations suivantes : V90I, A98G, L100I, K101E, K101P, V106I, V179D, V179F, Y181C, Y181I, Y181V, G190A et G190S (mutations associées à une résistance à l’étravirine) a été associée à une diminution de la réponse virologique à l’étravirine (voir tableau 6). Ces mutations individuelles étaient présentes avec d’autres mutations associées à une résistance aux INNTI. La mutation V179F n’était jamais présente sans Y181C.
Les conclusions concernant la pertinence de certaines mutations ou profils de mutations sont susceptibles d’être modifiées en fonction des nouvelles données et il est recommandé de toujours consulter les systèmes d’interprétation en vigueur pour l’analyse des résultats des tests de résistance.
Tableau 6 : Proportion de sujets avec ARN du VIH-1 < 50 copies/ml à 48 semaines en fonction du nombre de mutations associées à une résistance à l’étravirine présentes à l’inclusion dans la population de patients des essais DUET-1 et DUET-2 compilés (analyse excluant les échecs non virologiques)
Nombre de mutations Groupes étravirine
étravirine à N=549
l’inclusion *
Ayant réutilisé/n’ayant pas utilisé de novo ENF ENF
Réponse globale 63,3% (254/401) 78,4% (109/139)
0 74,1% (117/158) 91,3% (42/46)
1 61,3% (73/119) 80,4% (41/51)
2 64,1% (41/64) 66,7% (18/27)
≥3 38,3% (23/60) 53,3% (8/15)
Groupes placebo N=569
Réponse globale 37,1% (147/396) 64,1% (93/145) * Mutations associées à une résistance à l’étravirine = V90I, A98G, L100I, K101E/P, V106I, V179D/F, Y181C/I/V,
G190A/S Note : tous les patients dans les essais DUET ont reçu un traitement de base comprenant darunavir/rtv, des INTI sélectionnés par l’investigateur plus ou moins de l’ENF.
La mutation K103N, qui était la mutation aux INNTI la plus fréquente dans les essais DUET-1 et DUET-2 à l’inclusion, n’a pas été identifiée, lorsqu’elle était présente seule, comme étant une mutation associée à une résistance à l’étravirine. De plus, la présence de cette mutation seule n’affecte pas la réponse observée dans le groupe étravirine. Des données complémentaires sont nécessaires afin de conclure sur l’impact de la mutation K103N lorsqu’elle est associée à d’autres mutations aux INNTI.
Les données des essais DUET suggèrent que la valeur du facteur dont est multipliée la CE50 à l’inclusion de l’étravirine, également appelé fold change (FC), était un facteur prédictif de la réponse virologique, avec des réponses graduellement décroissantes observées au-dessus d’un FC = 3 et d’un FC = 13. La détermination de ces FC repose sur la population de patients inclus dans les études DUET-1 et DUET-2 et ces FC ne peuvent être considérés comme les seuils définitifs de sensibilité clinique pour l’étravirine.
Comparaison exploratoire versus un inhibiteur de protéase chez des patients naïfs d’inhibiteur de protéase (essai TMC125-C227) TMC125-C227 était un essai exploratoire, randomisé, contrôlé versus traitement actif, en ouvert, ayant investigué l’efficacité et la tolérance de l’étravirine au sein d’une association antirétrovirale qui ne correspond pas à son indication telle qu’actuellement approuvée. Dans l’étude TMC125-C227, l’étravirine (N=59) a été administrée avec deux INTI sélectionnés par les investigateurs (par conséquent, sans association à un IP boosté par le ritonavir) et comparé à une association comprenant un IP et 2 INTI sélectionnés par l’investigateur (N=57). La population de l’essai incluait des patients naïfs d’IP et prétraités par des INNTI avec une preuve de résistance aux INNTI.
A la semaine 12, la réponse virologique a été plus élevée dans le groupe contrôle IP (-2,2 log10 copies/ml par rapport à l’inclusion ; n=53) que dans le groupe étravirine (-1,4 log10 copies/ml par rapport à l’inclusion, n=40). Cette différence entre les groupes de traitement était statistiquement significative.
Sur la base des résultats de cette étude, il n’est pas recommandé d’associer l’étravirine avec uniquement des IN(t)TI chez les patients avec antécédent d’échec virologique sous traitement contenant des INNTI et des IN(t)TI.
Population pédiatrique
Patients pédiatriques pré-traités (âgés de 6 ans à moins de 18 ans) PIANO est un essai de phase II avec un seul bras de traitement, évaluant la pharmacocinétique, la sécurité d’emploi, la tolérance et l’efficacité de l’étravirine chez 101 enfants et adolescents infectés par le VIH-1 et pré-traités par des antirétroviraux, âgés de 6 ans à moins de 18 ans et pesant au moins 16 kg. L’étude a inclus des patients ayant un traitement antirétroviral stable mais en échec virologique, avec une charge virale plasmatique confirmée ≥ 500 copies/ml d’ARN du VIH-1. Un test de sensibilité du virus à l’étravirine était nécessaire à l’inclusion.
A l’inclusion, le taux médian d’ARN du VIH-1 plasmatique était de 3,9 log10 copies/ml, et le taux médian de CD4 était de 385 x 106 cellules/l.
Tableau 7: Réponses virologiques (ITT - TLOVR), variation de la charge virale en log10 depuis l’inclusion (NC = F) et variation du pourcentage et du taux de CD4 (NC = F) depuis l’inclusion, dans l’étude TMC125-C213 et les études DUET compilées à la semaine 24 Etudes DUET
Etude TMC125-C213 TMC125-C213 TMC125-C213 Compilées
Age à l’inclusion 6 à < 12 ans 12 à < 18 ans 6 à < 18 ans ≥ 18 ans
Groupe de traitement ETR ETR ETR ETR
N=41 N=60 N=101 N=599
Paramètres virologiques Charge virale < 50 copies/ml à
24 (58,5) 28 (46,7) 52 (51,5) 363 (60,6) la semaine 24, n (%) Charge virale < 400 copies/ml
28 (68,3) 38 (63,3) 66 (65,3) 445 (74,3) à la semaine 24, n (%) Diminution ≥ 1 log10 par
rapport à l’inclusion, à la 26 (63,4) 38 (63,3) 64 (63,4) 475 (79,3) semaine 24, n (%) Variation de la charge virale (log10 copies/ml) par rapport à
-1,62 (0,21) -1,44 (0,17) -1,51 (0,13) -2,37 (0,05) l’inclusion, à la semaine 24, -1,68 (-4,3; 0,9) -1,68 (-4,0; 0,7) -1,68 (-4,3; 0,9) -2,78 (-4,6; 1,4) moyenne (SE) et médiane (intervalle) Paramètres immunologiques Variation du taux de CD4
(x 106 cellules/l) par rapport à 125 (33,0) 104 (17,5) 112 (16,9) 83,5 (3,64) l’inclusion, moyenne (SE) et 124 (-410; 718) 81 (-243; 472) 108 (-410; 718) 77,5 (-331; 517)
médiane (intervalle) Variation du pourcentage de
4% 3% 4% 3% CD4 par rapport à l’inclusion,
(-9; 20) (-4; 14) (-9; 20) (-7; 23) médiane (intervalle) N = nombre de sujets avec des données; n = nombre d’observations.
A la semaine 48, 53,5% des patients pédiatriques avaient une charge virale indétectable confirmée < 50 copies/ml d’ARN du VIH-1 selon l’algorithme TLOVR. La proportion de patients pédiatriques avec une charge virale < 400 copies/ml d’ARN du VIH-1 était de 63,4%. La variation moyenne du taux d’ARN du VIH-1 plasmatique entre l’inclusion et la semaine 48 était de -1.53 log10 copies/ml, et l’augmentation moyenne du taux de CD4 par rapport à l’inclusion était de 156 x 106 cellules/l.
Patients pédiatriques pré-traités(âgés de 1 an à moins de 6 ans)
TMC125 C234/IMPAACT P1090 est un essai de phase I/II évaluant la pharmacocinétique, la sécurité d’emploi, la tolérance et l’efficacité d’INTELENCE chez 20 patients pédiatriques âgés de 2 ans à moins de 6 ans (cohorte I) infectés par le VIH-1 et pré-traités par des antirétroviraux, et 6 patients pédiatriques âgés de 1 an à moins de 2 ans (cohorte II).infectés par le VIH-1 et pré-traités par des antirétroviraux. Aucun patient n’a été inclus dans la cohorte III (âge compris entre ≥ 2 mois et < 1 an).
L’étude a inclus des patients en échec virologique après un traitement antirétroviral pendant au moins 8 semaines ou en interruption de traitement depuis au moins 4 semaines avec des antécédents d’échec virologique pendant un traitement antirétroviral, avec une charge virale plasmatique confirmée supérieure à 1 000 copies/ml d’ARN du VIH-1 et sans preuve de résistance phénotypique à l’étravirine lors de la sélection.
Le ableau 8 résume les résultats de réponse virologique pour l’étude TMC125-C234/IMPAACT P1090.
Tableau 8 : Réponses virologiques (Snapshot ITT-FDA*) à la semaine 48 dans l’étude TMC125- C234/IMPAACT P1090
Cohorte I Cohorte II
≥ 2 ans à < 6 ans ≥ 1 an à < 2 ans
(N = 20) (N = 6)
Inclusion
ARN du VIH-1 plasmatique 4,4 log10 copies/ml 4,4 log10 copies/ml Nombre médian de cellules
CD4 + 817,5 × 106 cellules/l 1 491,5 × 106 cellules/l
Pourcentage médian de CD4 à (27,6 %) (26,9 %)
l’inclusion Semaine 48 Réponse virologique (charge
virale plasmatique 16/20 1/6
< 400 copies/ml d’ARN du (80,0 %) (16,7 %)
VIH-1) Variation médiane de l’ARN
du VIH 1 plasmatique entre -2,31 log10 copies/ml -0,665 log10 copies/ml l’inclusion et la semaine 48
Variation médiane des CD4 + 298,5 106 cellules/l 0 106 cellules/l
par rapport à l’inclusion (5,15 %) (-2,2 %)
N = nombre de sujets par groupe de traitement. * Approche en intention de traiter-FDA Snapshot..
Les analyses de sous-groupes ont montré que pour les sujets âgés de 2 ans à moins de 6 ans, la réponse virologique [ARN du VIH < 400 copies/ml] était de 100,0 % [6/6] pour les sujets ayant avalé les comprimés d’étravirine en entier, 100 % [4/4] pour les sujets ayant pris à la fois de l’étravirine dispersée dans du liquide et en comprimé entier, et de 60 % [6/10] pour les sujets ayant pris de l’étravirine dispersée dans un liquide. Sur les 4 sujets qui n’ont pas obtenu de réponse virologique et qui ont pris de l’étravirine dispersée dans du liquide, 3 ont présenté un échec virologique et ont eu des problèmes d’observance, et un a arrêté avant la semaine 48 pour des raisons de tolérance.
L’Agence européenne des médicaments a différé l’obligation de soumettre les résultats d’études réalisées avec INTELENCE dans un ou plusieurs sous-groupes de la population pédiatrique dans le traitement de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine, conformément à la décision du Plan d’investigation pédiatrique dans l’indication autorisée (voir rubrique 4.2 pour les informations concernant l’usage pédiatrique).
Grossesse et période post-partum
Dans une étude ayant évalué l’étravirine (200 mg deux fois par jour) en association avec d’autres médicaments antirétroviraux chez 15 femmes enceintes pendant les deuxième et troisième trimestres de grossesse et pendant la période post-partum, il a été démontré que l’exposition à l’étravirine totale était généralement plus élevée pendant la grossesse que pendant la période post-partum, et l’exposition à l’étravirine non-liée l’était moins (voir rubrique 5.2). Aucune nouvelle donnée de tolérance cliniquement pertinente n’a été identifiée dans cet essai chez les mères ou chez les nouveaux-nés.
5.2Propriétés pharmacocinétiques
Les propriétés pharmacocinétiques de l’étravirine ont été évaluées chez des adultes volontaires sains ainsi que chez des patients adultes et pédiatriques infectés par le VIH-1 prétraités. L’exposition à l’étravirine a été plus faible (35 à 50%) chez les patients infectés par le VIH-1 que chez les sujets sains.
Tableau 9 : Paramètres pharmacocinétiques de population de l’étravirine 200 mg deux fois par jour chez les sujets adultes infectés par le VIH-1 (intégralité des données provenant des essais de phase III à la semaine 48)*
Paramètre Etravirine 200 mg deux fois par jour. N = 575 ASC12h (ng•h/ml)
Moyenne géométrique ± Déviation Standard 4,522 ± 4,710
Médiane (Intervalle) 4,380 (458 - 59,084)
C0h (ng/ml)
Moyenne géométrique ± Déviation Standard 297 ± 391
Médiane (Intervalle) 298 (2 - 4,852)
* Tous les sujets infectés par le VIH-1 inclus dans les essais cliniques de Phase III ont reçu darunavir/ritonavir
600/100 mg deux fois par jour dans le cadre de leur traitement de base. Par conséquent, les estimations des paramètres pharmacocinétiques présentées dans le tableau prennent en compte des réductions dans les paramètres pharmacocinétiques de l’étravirine dues à la co-administration d’étravirine avec darunavir/ritonavir. Remarque : La CE50 médiane, ajustée en tenant compte de la liaison aux protéines plasmatiques, pour les cellules MT4 infectées par le VIH-1/IIIB in vitro = 4 ng/ml.
Absorption
Une forme intraveineuse de l’étravirine n’étant pas disponible, la biodisponibilité absolue de l’étravirine est inconnue. Après administration orale avec prise de nourriture, la concentration plasmatique maximale de l’étravirine est généralement atteinte dans les 4 heures. Chez les sujets sains, l’absorption de l’étravirine n’est pas affectée par la co-administration de ranitidine ou d’oméprazole par voie orale, médicaments connus pour augmenter le pH gastrique.
Effet de la nourriture sur l’absorption L’exposition systémique (ASC) à l’étravirine a été diminuée d’environ 50% lorsque l’étravirine était prise à jeun, comparativement à l’administration après un repas. En conséquence, INTELENCE doit être pris après un repas.
Distribution
L’étravirine est liée à environ 99,9% aux protéines plasmatiques, principalement à l’albumine (99,6%) et à l’α1-glycoprotéine acide (97,66% à 99,02%) in vitro. La distribution de l’étravirine dans des compartiments autres que plasmatique (liquide céphalo-rachidien, sécrétions du système génital) n’a pas été évaluée chez l’Homme.
Biotransformation
Les expériences menées in vitro sur des microsomes hépatiques humains (MHH) indiquent que l’étravirine subit principalement un métabolisme oxydatif par le système du cytochrome CYP450 (CYP3A) et, dans une moindre mesure, par la famille des CYP2C, suivi d’une glucuronoconjugaison.
Elimination
Après administration d’une dose de 14C-étravirine radiomarquée, respectivement 93,7% et 1,2% de la dose administrée de 14C-etravirine ont été éliminés dans les fèces et dans les urines. L’étravirine non modifiée représentait de 81,2% à 86,4% de la dose administrée retrouvée dans les fèces. L’étravirine non modifiée retrouvée dans les fèces est probablement de l’étravirine non absorbée. Aucune trace
d’étravirine non modifiée n’a été retrouvée dans l’urine. La demi-vie d’élimination de l’étravirine a été d’environ 30 à 40 heures.
Populations particulières
Population pédiatrique (âgée de 1 an à moins de 18 ans) La pharmacocinétique de l’étravirine chez 122 patients pédiatriques âgés de 1 an à moins de 18 ans, infectés par le VIH-1 et pré-traités, a montré que les doses administrées en fonction du poids corporel, ont entraîné une exposition à l’étravirine comparable à celle retrouvée chez des adultes recevant l’étravirine 200 mg deux fois par jour (voir rubriques 4.2 et 5.2). Les paramètres pharmacocinétiques de population de l’étravirine, ASC12h et C0h, sont résumés dans le tableau ci-dessous.
Tableau 10 : Paramètres pharmacocinétiques de l’étravirine chez des patients pédiatriques âgés de 1 an à moins de 18 ans, infectés par le VIH-1 et pré-traités (TMC125-C234/IMPAACT P1090 [analyse à la semaine 48 , PK intensive] et PIANO [analyse à la semaine 48, population PK])
Tranche d’âge (ans) ≥ 1 an à < 2 ans ≥ 2 ans à < 6 ans 6 ans à < 18 ans
(Cohorte II) (Cohorte I)
Paramètre Etravirine Etravirine Etravirine
N=6 N = 15 N = 101
ASC12h (ng•h/ml)
Moyenne 3 328 ± 3 138 3 824 ± 3 613 3 729 ± 4 305 géométrique ± Déviation Standard
Médiane (Intervalle) 3 390 (1 148 – 9 989) 3 709 (1 221 – 12 999) 4 560 (62 – 28 865) C0h (ng/ml)
Moyenne 193 ± 186 203 ± 280 205 ± 342 géométrique ± Déviation Standard
Médiane (Intervalle) 147 (0a - 503) 180 (54 - 908) 287 (2 – 2 276) a Un sujet de la cohorte II présentait des concentrations avant la prise d’étravirine inférieures à la limite de détection lors de la visite de PK intensive.
Sujets âgés L’analyse des données de pharmacocinétique populationnelle chez des patients infectés par le VIH ont montré que les propriétés pharmacocinétiques de l’étravirine ne varient pas de façon considérable dans la tranche d’âge étudiée (de 18 à 77 ans), avec 6 sujets âgés de 65 ans ou plus (voir rubriques 4.2 et 4.4).
Sexe Aucune différence pharmacocinétique significative n’a été observée entre les hommes et les femmes. Un nombre limité de femmes ont été incluses dans les études.
Race L’analyse des données de pharmacocinétique populationnelle de l’étravirine chez des patients infectés par le VIH n’a montré aucune différence en termes d’exposition à l’étravirine entre les sujets caucasiens, hispaniques et noirs. La pharmacocinétique chez d’autres races n’a pas été suffisamment étudiée.
Insuffisance hépatique L’étravirine est principalement métabolisée et éliminée par le foie. Dans une étude comparant d’une part 8 patients présentant une insuffisance hépatique légère (Child-Pugh classe A) à 8 sujets contrôles appariés et d’autre part, 8 patients présentant une insuffisance hépatique modérée (Child-Pugh classe B) à 8 sujets contrôles appariés, la pharmacocinétique de l’étravirine après des doses répétées n’a pas été modifiée chez les patients présentant une insuffisance hépatique légère à modérée. Cependant, les concentrations d’étravirine libre n’ont pas été évaluées. On pourrait s’attendre à une augmentation de l’exposition d’étravirine libre. Aucune adaptation posologique n’est recommandée
mais la prudence est conseillée chez les patients présentant une insuffisance hépatique modérée. INTELENCE n’a pas été étudié chez les patients présentant une insuffisance hépatique sévère (Child- Pugh classe C) et n’est, par conséquent, pas recommandé (voir rubriques 4.2 et 4.4).
Co-infection par le virus de l’hépatite B et/ou par celui de l’hépatite C Les analyses pharmacocinétiques de population des essais DUET-1 et DUET-2 ont montré une diminution de la clairance de l’étravirine chez les patients infectés par le VIH-1 et co-infectés par le virus de l’hépatite B et/ou de l’hépatite C (pouvant conduire à une augmentation de l’exposition et une modification du profil de tolérance). Compte tenu des données disponibles limitées chez les patients co-infectés par le virus de l’hépatite B et/ou C, des précautions particulières doivent être prises lorsqu’INTELENCE est utilisé chez ces patients (voir rubriques 4.4 et 4.8).
Insuffisance rénale Les propriétés pharmacocinétiques de l’étravirine n’ont pas été étudiées chez les patients présentant une insuffisance rénale. Les résultats d’une étude de bilan massique menée avec de l’étravirine radiomarquée au 14C ont montré que moins de 1,2% de la dose d’étravirine administrée était éliminée dans les urines. Aucune trace d’étravirine non modifiée n’a été détectée dans les urines, par conséquent, l’impact attendu de l’insuffisance rénale sur l’élimination de l’étravirine est minimal. L’étravirine étant fortement liée aux protéines plasmatiques, il est peu probable qu'elle soit éliminée de façon significative par hémodialyse ou dialyse péritonéale (voir rubrique 4.2).
Grossesse et période post-partum L’étude TMC114HIV3015 a évalué l’étravirine 200 mg deux fois par jour en association avec d’autres médicaments antirétroviraux chez 15 femmes enceintes pendant les deuxième et troisième trimestres de grossesse et pendant la période post-partum. L’exposition à l’étravirine totale après la prise d’étravirine 200 mg deux fois par jour dans le cadre d’un traitement antirétroviral, était généralement plus élevée pendant la grossesse que pendant la période post-partum (voir tableau 11). Les différences étaient moins prononcées pour l’exposition à l’étravirine non-liée. Chez les femmes recevant de l’étravirine 200 mg deux fois par jour, des valeurs moyennes plus élevées pour la Cmax, l’ASC12h et la Cmin ont été observées pendant la grossesse par rapport à la période post-partum. Pendant les 2ème et 3ème trimestres de grossesse, les valeurs moyennes de ces paramètres étaient comparables.
Tableau 11 : Résultats pharmacocinétiques de l’étravirine totale après une administration d’étravirine 200 mg deux fois par jour dans le cadre d’un traitement antirétroviral, pendant le 2ème trimestre de grossesse, le 3ème trimestre de grossesse et la période post-partum.
Pharmacocinétique Etravirine 200 mg Etravirine 200 mg Etravirine 200 mg de l’étravirine deux fois par jour deux fois par jour deux fois par jour Moyenne ± ET post-partum 2ème trimestre 3ème trimestre (médiane) N = 10 N = 13 N = 10a Cmin, ng/ml 269 ± 182 (284) 383 ± 210 (346) 349 ± 103 (371) Cmax, ng/ml 569 ± 261 (528) 774 ± 300 (828) 785 ± 238 (694) ASC12h, h*ng/ml 5004 ± 2521 (5246) 6617 ± 2766 (6836) 6846 ± 1482 (6028)
a n = 9 pour l’ASC12h
Chaque sujet était son propre témoin, et avec une comparaison intra-individuelle, les valeurs pour la Cmin, la Cmax et l’ASC12h de l’étravirine totale étaient respectivement 1,2, 1,4 et 1,4 fois plus élevées pendant le 2ème trimestre de grossesse par rapport à la période post-partum, et respectivement 1,1, 1,4 et 1,2 fois plus élevées pendant le 3ème trimestre de grossesse par rapport à la période post-partum.
5.3Données de sécurité préclinique
Des études de toxicologie chez l’animal ont été conduites avec l’étravirine chez la souris, le rat, le lapin et le chien. Chez la souris, les organes cibles clés identifiés ont été le foie et le système de coagulation. Une cardiomyopathie hémorragique n’a été observée que chez la souris mâle et a été considérée comme secondaire à une coagulopathie sévère liée à la voie de la vitamine K. Chez le rat,
les organes cibles clés identifiés ont été le foie, la thyroïde et le système de coagulation. L’exposition chez la souris a été équivalente à l’exposition chez l’Homme, tandis que chez le rat, elle était inférieure à celle observée à la dose recommandée chez l’Homme. Chez le chien, des modifications au niveau du foie et de la vésicule biliaire ont été observées à des expositions environ 8 fois supérieures à l’exposition observée chez l’Homme à la dose recommandée (200 mg deux fois par jour).
Dans une étude menée chez le rat, aucun effet n’a été observé sur l’accouplement ou la fertilité à des niveaux d’exposition équivalents à ceux observés chez l’Homme à la dose recommandée. Aucune tératogénicité n’a été observée avec l’étravirine chez le rat et le lapin à des expositions équivalentes à celles observées chez l’Homme à la dose recommandée. L’étravirine n’a eu aucun effet sur le développement de la progéniture pendant l’allaitement ou après le sevrage lorsque les niveaux d’exposition maternelle étaient équivalents à ceux observés à la dose recommandée chez l’Homme.
L’étravirine ne s’est pas révélée carcinogène chez le rat et la souris mâle. Une augmentation de l’incidence des adénomes et des carcinomes hépatocellulaires a été observée chez la souris femelle. Les manifestations hépatocellulaires observées chez la souris femelle sont généralement considérées comme spécifiques aux rongeurs, associées à une induction enzymatique hépatique et d’une pertinence limitée pour l’Homme. Aux doses testées les plus élevées, les expositions systémiques (basées sur l’ASC) à l’étravirine ont été 0,6 fois (chez la souris) et entre 0,2 et 0,7 fois (chez le rat) celles observées chez l’Homme à la dose thérapeutique recommandée (200 mg deux fois par jour). Les études in vitro et in vivo avec l’étravirine n’ont pas mis en évidence de risque mutagène.
6Données pharmaceutiques
6.1Liste des excipients
INTELENCE 25 mg comprimés
Hypromellose Cellulose microcristalline Silice colloïdale anhydre Croscarmellose sodique Stéarate de magnésium Lactose monohydraté
INTELENCE 100 mg comprimés
Hypromellose Cellulose microcristalline Silice colloïdale anhydre Croscarmellose sodique Stéarate de magnésium Lactose monohydraté
INTELENCE 200 mg comprimés
Hypromellose Cellulose microcristalline silicifiée Cellulose microcristalline Silice colloïdale anhydre Croscarmellose sodique Stéarate de magnésium
6.3Durée de conservation
INTELENCE 25 mg comprimés
2 ans. 8 semaines après ouverture du flacon.
INTELENCE 100 mg comprimés
2 ans.
INTELENCE 200 mg comprimés
2 ans. 6 semaines après ouverture du flacon.
6.4Précautions particulières de conservation
A conserver dans le flacon d’origine et conserver le flacon soigneusement fermé à l’abri de l’humidité. Ne pas enlever les sachets dessicants.
6.5Nature et contenu de l'emballage extérieur
INTELENCE 25 mg comprimés
Le flacon est un flacon en plastique en polyéthylène haute densité (PEHD) contenant 120 comprimés et 2 sachets dessicants, avec une fermeture de sécurité pour les enfants en polypropylène (PP). Chaque boîte contient un flacon.
INTELENCE 100 mg comprimés
Le flacon est un flacon en plastique en polyéthylène haute densité (PEHD) contenant 120 comprimés et 3 sachets dessicants, avec une fermeture de sécurité pour les enfants en polypropylène (PP). Chaque boîte contient un flacon.
INTELENCE 200 mg comprimés
Le flacon est un flacon en plastique en polyéthylène haute densité (PEHD) contenant 60 comprimés et 3 sachets dessicants, avec une fermeture de sécurité pour les enfants en polypropylène (PP). Chaque boîte contient un flacon.
6.6Précautions particulières d’élimination et manipulation
Les patients qui ne peuvent pas avaler le(s) comprimé(s) en entier peuvent disperser le(s) comprimé(s) dans un verre d’eau. Les patients doivent être informés de procéder ainsi :
- mettre le(s) comprimé(s) dans 5 ml (1 cuillère à café) d’eau ou dans au moins assez d’eau pour recouvrir le médicament,
- bien mélanger jusqu’à ce que l’eau soit d’aspect laiteux,
- si besoin, ajouter plus d'eau ou du jus d'orange ou du lait (les patients ne doivent pas mettre les comprimés dans du jus d'orange ou du lait sans avoir préalablement ajouté de l'eau),
- boire immédiatement,
- rincez plusieurs fois le verre avec de l’eau, du jus d’orange ou du lait et avalez à chaque fois complètement la boisson de rinçage pour être sûr de prendre la totalité de la dose.
Lorsqu’ils sont dispersés dans du liquide, les comprimés d’INTELENCE doivent être pris avant les autres antirétroviraux sous forme liquide qui peuvent devoir être pris en association.
Le patient et son soignant doivent être informés de contacter le médecin prescripteur si le patient n’est pas en mesure d’'avaler la totalité de la dose lorsqu’elle est dispersée dans du liquide (voir rubrique 4.4).
L’utilisation de boissons chaudes (> 40°C) ou gazeuses doit être évitée.
Tout médicament non utilisé ou déchet doit être éliminé conformément à la réglementation en vigueur.
7Titulaire de l'autorisation de mise sur le marché
Janssen-Cilag International NV Turnhoutseweg 30 B-2340 Beerse Belgique
8Numéro(s) d'autorisation de mise sur le marché
25 mg : EU/1/08/468/003 100 mg : EU/1/08/468/001 200 mg : EU/1/08/468/002
9DATE DE PREMIÈRE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE
L’AUTORISATION
Date de première autorisation : 28 août 2008 Date du dernier renouvellement : 23 août 2018
10Date de mise à jour du texte
Des informations détaillées sur ce médicament sont disponibles sur le site internet de l’Agence européenne des médicaments http://www.ema.europa.eu/.