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Modigraf 1 mg, granulés pour suspension buvable

tacrolimus anhydre, tacrolimus monohydratéASTELLAS PHARMA EUROPE (PAYS-BAS)CIS 69208135

Délivrance

2 conditions
Qui la prescrit

Prescription initiale hospitalière semestrielle

Classement

Liste I

Évaluation HAS

2 avis

15/05/2019Renouvellement d'inscription (CT)Avis de la Commission

SMR important — Le service médical rendu par PROGRAF, ADVAGRAF et MODIGRAF reste important dans les indications de l’AMM.

1 avis antérieur

21/10/2009Inscription (CT)Avis de la Commission

ASMR V — Dans ses indications d'AMM chez l'adulte, cette forme de tacrolimus en granulés n'apporte pas d'amélioration du service médical rendu (niveau V).

ASMR IV — Du fait d'une amélioration des modalités d'utilisation susceptible de permettre une administration posologique plus précise avec conséquences cliniques, cette forme de tacrolimus en granulés apporte une amélioration du service médical rendu mineure (de niveau IV) dans la stratégie thérapeutique de la prévention du rejet du greffon et du traitement du rejet de l'allogreffe résistant à un traitement par d'autres médicaments immunosuppresseurs en transplantation pédiatrique.

Alternatives

7 options

Même sous-classe ATC

Inhibiteurs de la calcineurine L04AD

Autre molécule, avec l’accord du prescripteur : alternative si disponible

24 écartés, avec la raison
Spécialités écartées et raison
Modigraf 0,2 mg, granulés pour suspension buvableMarge thérapeutique étroite (tacrolimus) — changement de présentation exclu
Adoport 0,5 mg, géluleMarge thérapeutique étroite (tacrolimus) — changement de présentation exclu
Adoport 1 mg, géluleMarge thérapeutique étroite (tacrolimus) — changement de présentation exclu
Adoport 2 mg, géluleMarge thérapeutique étroite (tacrolimus) — changement de présentation exclu
Adoport 5 mg, géluleMarge thérapeutique étroite (tacrolimus) — changement de présentation exclu
Advagraf 0,5 mg, gélule à libération prolongéeLibération prolongée contre libération immédiate
Advagraf 1 mg, gélule à libération prolongéeLibération prolongée contre libération immédiate
Advagraf 3 mg, gélule à libération prolongéeLibération prolongée contre libération immédiate
Advagraf 5 mg, gélule à libération prolongéeLibération prolongée contre libération immédiate
Conferoport 0,5 mg, gélule à libération prolongéeLibération prolongée contre libération immédiate
Conferoport 1 mg, gélule à libération prolongéeLibération prolongée contre libération immédiate
Conferoport 2 mg, gélule à libération prolongéeLibération prolongée contre libération immédiate
Conferoport 3 mg, gélule à libération prolongéeLibération prolongée contre libération immédiate
Conferoport 5 mg, gélule à libération prolongéeLibération prolongée contre libération immédiate
Envarsus 0,75 mg, comprimé à libération prolongéeLibération prolongée contre libération immédiate
Envarsus 1 mg, comprimé à libération prolongéeLibération prolongée contre libération immédiate
Envarsus 4 mg, comprimé à libération prolongéeLibération prolongée contre libération immédiate
Prograf 0,5 mg, géluleMarge thérapeutique étroite (tacrolimus) — changement de présentation exclu
Prograf 1 mg, géluleMarge thérapeutique étroite (tacrolimus) — changement de présentation exclu
Prograf 5 mg, géluleMarge thérapeutique étroite (tacrolimus) — changement de présentation exclu
Prograf 5 mg/ml, solution à diluer pour perfusionMarge thérapeutique étroite (tacrolimus) — changement de présentation exclu
Protopic 0,03 %, pommadeMarge thérapeutique étroite (tacrolimus) — changement de présentation exclu
Protopic 0,1 %, pommadeMarge thérapeutique étroite (tacrolimus) — changement de présentation exclu
Takrozem 0,1 %, pommadeMarge thérapeutique étroite (tacrolimus) — changement de présentation exclu

Documents officiels

Mis à jour le 06/05/2025Texte reconstruit depuis le PDF européenVersion officielleUn passage copié emporte sa source

1Dénomination du médicament

Modigraf 0,2 mg, granulés pour suspension buvable Modigraf 1 mg, granulés pour suspension buvable

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2Composition qualitative et quantitative

Modigraf 0,2 mg, granulés pour suspension buvable Chaque sachet-dose contient 0,2 mg de tacrolimus (exprimé en monohydrate).

Excipient à effet notoire : Chaque sachet-dose contient 94,7 mg de lactose (exprimé en monohydrate).

Modigraf 1 mg, granulés pour suspension buvable Chaque sachet-dose contient 1 mg de tacrolimus (exprimé en monohydrate).

Excipient à effet notoire : Chaque sachet-dose contient 473 mg de lactose (exprimé en monohydrate).

Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.

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3Forme pharmaceutique

Granulés pour suspension buvable. Granulés blancs.

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4Données cliniques

4.1Indications thérapeutiques

Prévention du rejet du greffon chez les adultes et les enfants transplantés rénaux, hépatiques ou cardiaques.

Traitement du rejet de l’allogreffe résistant à un traitement par d’autres médicaments immunosuppresseurs chez les patients adultes et enfants.

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4.2Posologie et mode d'administration

Seuls les médecins habitués à manier les médicaments immunosuppresseurs et ayant l’expérience de la prise en charge des patients transplantés sont à même de prescrire ce médicament et d’instaurer les modifications du traitement immunosuppresseur. Modigraf est une formulation de tacrolimus sous forme de granulés, pour une administration deux fois par jour. Le traitement par Modigraf nécessite une surveillance étroite par un personnel médical disposant des compétences et des équipements nécessaires.

Posologie Les recommandations posologiques initiales présentées ci-dessous ne sont données qu’à titre indicatif. Modigraf est administré en règle générale en association avec d’autres immunosuppresseurs en période postopératoire initiale. La dose peut varier en fonction du protocole immunosuppresseur choisi. La posologie de Modigraf doit essentiellement reposer sur l’évaluation clinique des signes de rejet et de tolérance pour chaque patient, aidée par la surveillance des concentrations sanguines résiduelles (voir ci-dessous « Surveillance thérapeutique médicamenteuse »). En cas d’apparition de signes cliniques de rejet, une modification du protocole immunosuppresseur doit être envisagée.

Une surveillance fréquente et attentive des concentrations sanguines résiduelles du tacrolimus est recommandée au cours des 2 premières semaines qui suivent la transplantation afin de s’assurer d’une exposition adéquate à la substance active dans la période post-transplantation immédiate. Étant donné la faible clairance du tacrolimus, en cas d’adaptation de posologie, l’état d’équilibre de Modigraf peut n’apparaître qu’après plusieurs jours (voir ci-dessous « Surveillance thérapeutique médicamenteuse » et rubrique 5.2).

Modigraf ne doit pas être substitué par la forme à libération prolongée (Advagraf) car une différence cliniquement significative en termes de bioéquivalence entre les deux formulations ne peut être exclue. En général, la substitution par inadvertance, involontairement ou en l’absence de supervision entre des formulations à libération immédiate ou à libération prolongée contenant du tacrolimus, est risquée. Cela peut entrainer un rejet du greffon ou une augmentation de l’incidence des effets indésirables, y compris sous-immunosuppression ou sur-immunosuppression, en raison de différences cliniquement significatives en termes d’exposition systémique au tacrolimus. Les patients doivent être maintenus sous une même formulation contenant du tacrolimus avec le schéma posologique quotidien correspondant ; la formulation ou le schéma posologique ne doivent être modifiés que sous la supervision étroite d’un spécialiste en transplantation (voir rubriques 4.4 et 4.8). À la suite de la conversion à toute autre formulation, une surveillance thérapeutique médicamenteuse doit être effectuée et des ajustements de posologie instaurés afin d’assurer le maintien de l’exposition systémique au tacrolimus.

Prévention du rejet du greffon rénal Adultes Le traitement par Modigraf par voie orale débutera à 0,20-0,30 mg/kg/jour, administré en 2 prises séparées (par exemple, le matin et le soir). Le traitement doit débuter 24 heures après la transplantation. Si l’état clinique du patient ne permet pas une administration par voie orale, une dose initiale de 0,05 – 0,10 mg/kg/jour par voie intraveineuse (avec Prograf 5 mg/ml solution à diluer pour perfusion) sera administrée en perfusion continue sur 24 heures.

Population pédiatrique Une dose orale initiale de 0,30 mg/kg/jour sera administrée en 2 prises séparées (par exemple le matin et le soir). Si l’état clinique du patient ne permet pas une administration par voie orale, une dose initiale de 0,075-0,100 mg/kg/jour par voie intraveineuse (avec Prograf 5 mg/ml solution à diluer pour perfusion) sera administrée en perfusion continue sur 24 heures.

Adaptation posologique pendant la période post-transplantation chez les adultes et les enfants En général, la posologie du tacrolimus est réduite pendant la période post-transplantation. Il est possible dans certains cas d’arrêter les autres traitements immunosuppresseurs concomitants et d’utiliser ainsi un protocole de bithérapie à base de tacrolimus. L’amélioration de l’état du patient après la transplantation peut modifier la pharmacocinétique du tacrolimus et nécessiter des adaptations ultérieures de posologie.

Prévention du rejet du greffon hépatique Adultes Le traitement par Modigraf par voie orale débutera à 0,10-0,20 mg/kg/jour, en 2 prises séparées (par exemple, le matin et le soir). Le traitement doit débuter 12 heures environ après la transplantation. Si l’état clinique du patient ne permet pas une administration par voie orale, une dose initiale de 0,01 – 0,05 mg/kg/jour par voie intraveineuse (avec Prograf 5 mg/ml solution à diluer pour perfusion) sera administrée en perfusion continue sur 24 heures.

Population pédiatrique Une dose orale initiale de 0,30 mg/kg/jour sera administrée en 2 prises séparées (par exemple le matin et le soir). Si l’état clinique du patient ne permet pas une administration par voie orale, une dose initiale de 0,05 mg/kg/jour par voie intraveineuse (avec Prograf 5 mg/ml solution à diluer pour perfusion) sera administrée en perfusion continue sur 24 heures.

Adaptation posologique pendant la période post-transplantation chez les adultes et les enfants En général, la posologie du tacrolimus est réduite pendant la période post-transplantation. Il est possible dans certains cas d’arrêter les autres traitements immunosuppresseurs concomitants et d’utiliser ainsi le tacrolimus en monothérapie. L’amélioration de l’état du patient après la transplantation peut modifier la pharmacocinétique du tacrolimus et nécessiter des adaptations ultérieures de posologie.

Prévention du rejet du greffon cardiaque Adultes Modigraf peut être utilisé soit en association avec un traitement d’induction par des anticorps (permettant une administration retardée de tacrolimus) soit sans traitement d’induction par des anticorps chez des patients cliniquement stables. Après traitement d’induction par des anticorps, le traitement par Modigraf par voie orale débutera à la dose de 0,075 mg/kg/jour, administré en 2 prises séparées (par exemple le matin et le soir). Le traitement doit débuter dans les 5 jours suivant la transplantation, dès que l’état du patient est stabilisé. Si l’état clinique du patient ne permet pas d’administrer la dose par voie orale, le médicament doit être administré par voie intraveineuse à la dose de 0,01 à 0,02 mg/kg/jour (avec Prograf 5 mg/ml solution à diluer pour perfusion) en perfusion continue sur 24 heures. Une autre stratégie thérapeutique a été publiée dans laquelle le tacrolimus par voie orale était administré dans les 12 heures suivant la transplantation. Cette approche était réservée aux patients ne présentant pas de dysfonctionnement d’organes (par exemple, insuffisance rénale). Dans ce cas, une dose orale initiale de tacrolimus comprise entre 2 et 4 mg par jour était administrée en association avec le mycophénolate mofétil et les corticoïdes, ou en association avec le sirolimus et les corticoïdes.

Population pédiatrique Le tacrolimus a été utilisé avec ou sans induction par anticorps chez l’enfant transplanté cardiaque. Chez les patients n’ayant pas reçu de traitement d’induction par anticorps, si le tacrolimus est administré initialement par voie intraveineuse, la dose initiale recommandée est de 0,03- 0,05 mg/kg/jour (avec Prograf 5 mg/ml solution à diluer pour perfusion) en perfusion continue sur 24 heures, afin d’atteindre des concentrations sanguines résiduelles de tacrolimus comprises entre 15- 25 nanogrammes/ml. Le passage au traitement par voie orale doit débuter dès que l’état clinique du patient le permet. La première dose du traitement oral doit être de 0,30 mg/kg/jour, en débutant 8 à 12 heures après l’arrêt du traitement par voie intraveineuse. Après un traitement d’induction par des anticorps, si Modigraf est administré initialement par voie orale, la dose initiale recommandée est de 0,10-0,30 mg/kg/jour, administrée en 2 prises séparées (par exemple le matin et le soir).

Adaptation posologique pendant la période post-transplantation chez les adultes et les enfants En général, la posologie du tacrolimus est réduite pendant la période post-transplantation. L’amélioration de l’état du patient après la transplantation peut modifier la pharmacocinétique du tacrolimus et nécessiter des adaptations ultérieures de posologie.

Substitution entre les formulations de tacrolimus, Modigraf et Prograf Chez les sujets sains, l’exposition systémique au tacrolimus (ASC) pour Modigraf était d’environ 18 % supérieure à celle de Prograf gélules lors de l’administration de doses uniques. On ne dispose pas de données de sécurité sur l’utilisation de Modigraf granulés suite à la substitution temporaire de Prograf ou d’Advagraf chez les patients dans un état critique.

Les patients stables ayant reçu une allogreffe maintenus sous Modigraf granulés, et nécessitant une substitution par Prograf gélules, doivent être convertis sur la base d’une posologie quotidienne totale 1 :1 (mg : mg). S’il n’est pas possible de donner la même dose, la posologie quotidienne totale de Prograf doit être arrondie à la quantité supérieure la plus proche possible, la dose la plus importante étant donnée le matin et la dose la plus faible le soir.

De la même façon, pour la substitution de Prograf gélules par Modigraf granulés, la posologie quotidienne totale de Modigraf doit être de préférence égale à la posologie quotidienne totale de Prograf. Si la substitution basée sur des quantités égales n’est pas possible, la posologie quotidienne

totale de Modigraf doit être arrondie à la posologie quotidienne totale inférieure la plus proche possible avec des sachets-dose de 0,2 mg et de 1 mg. La posologie quotidienne totale de Modigraf granulés doit être administrée en 2 doses égales. Si des doses égales ne sont pas possibles, alors la dose la plus importante doit être administrée le matin et la dose la plus faible le soir. Les sachets-dose de Modigraf ne doivent pas être utilisés de manière incomplète.

Par exemple : Une posologie quotidienne totale de Prograf gélules à raison de 1 mg le matin et 0,5 mg le soir pourra être substituée par une administration d’une posologie quotidienne totale de Modigraf de 1,4 mg à raison de 0,8 mg le matin et 0,6 mg le soir.

Les concentrations sanguines résiduelles de tacrolimus doivent être mesurées avant la substitution et au cours de la première semaine qui suit la substitution. Des adaptations de posologie doivent être réalisées afin de s’assurer qu’une exposition systémique similaire est maintenue.

Substitution de la ciclosporine par le tacrolimus Une surveillance est recommandée lors de la substitution d’un protocole à base de ciclosporine par un protocole à base de tacrolimus (voir rubriques 4.4 et 4.5). L’administration concomitante de ciclosporine et de tacrolimus n’est pas recommandée. Le traitement par tacrolimus doit être instauré en tenant compte des concentrations sanguines de ciclosporine et de l’état clinique du patient. L’administration doit être différée en cas de concentrations sanguines élevées de ciclosporine. En pratique, le traitement par tacrolimus doit être instauré 12-24 heures après l’arrêt de la ciclosporine. La surveillance des concentrations sanguines de ciclosporine doit se poursuivre après la substitution car la clairance de la ciclosporine peut être modifiée.

Traitement du rejet du greffon allogénique L’augmentation de la posologie du tacrolimus, l’administration de doses supplémentaires de corticoïdes et l’introduction de cures brèves d’anticorps monoclonaux ou polyclonaux ont été utilisées pour traiter les épisodes de rejet. En cas d’apparition de signes de toxicité tels que des effets indésirables graves (voir rubrique 4.8), il peut être nécessaire de réduire la dose de Modigraf.

Traitement du rejet du greffon allogénique après transplantation rénale ou hépatique – adultes et enfants En cas de substitution d’un autre immunosuppresseur par Modigraf deux fois par jour, le traitement doit débuter à la dose orale initiale recommandée en prévention du rejet du greffon.

Traitement du rejet du greffon allogénique après transplantation cardiaque – adultes et enfants Chez les patients adultes convertis à Modigraf, une dose orale initiale de 0,15 mg/kg/jour doit être administrée en deux prises séparées (par exemple le matin et le soir). Chez les patients pédiatriques convertis au tacrolimus, une dose orale initiale de 0,20 – 0,30 mg/kg/jour doit être administrée en 2 doses séparées (par exemple le matin et le soir).

Traitement du rejet du greffon allogénique après transplantation d’autres greffons Les posologies recommandées en transplantations pulmonaire, pancréatique ou intestinale reposent sur des données limitées issues d’études cliniques prospectives avec la formulation Prograf. Prograf a été utilisé aux doses orales initiales de 0,10 – 0,15 mg/kg/jour en transplantation pulmonaire, de 0,2 mg/kg/jour en transplantation pancréatique, et de 0,3 mg/kg/jour en transplantation intestinale.

Surveillance thérapeutique médicamenteuse La posologie doit être basée essentiellement sur l’évaluation clinique des signes de rejet et de la tolérance pour chaque patient à l’aide de la surveillance des concentrations sanguines résiduelles du tacrolimus.

Afin d’aider à l’optimisation de la posologie, plusieurs techniques d’immunoanalyse sont disponibles pour déterminer les concentrations de tacrolimus dans le sang total. La comparaison des concentrations décrites dans la littérature par rapport aux valeurs individuelles observées en pratique clinique doit être évaluée avec prudence et en tenant compte de la méthode de dosage utilisée. Actuellement, en pratique

clinique, le suivi des concentrations sur sang total est effectué par des méthodes d’immunodosage. Le rapport entre les concentrations résiduelles de tacrolimus (C12) et l’exposition systémique (ASC0-12) est similaire entre les 2 formulations Modigraf granulés et Prograf gélules.

Les concentrations sanguines résiduelles de tacrolimus doivent être surveillées en période post- transplantation. Les taux sanguins résiduels de tacrolimus doivent donc être déterminés 12 heures environ après l’administration de la dernière dose de Modigraf granulés, et juste avant la dose suivante. Une surveillance fréquente des concentrations sanguines résiduelles au cours des 2 premières semaines qui suivent la transplantation est recommandée, suivie par une surveillance régulière pendant le traitement d’entretien. Les concentrations sanguines résiduelles de tacrolimus doivent être surveillées au moins deux fois par semaine pendant la période post-transplantation immédiate, puis régulièrement pendant le traitement d’entretien. Les concentrations sanguines résiduelles de tacrolimus doivent également être étroitement surveillées lorsque des signes cliniques de toxicité ou de rejet aigu sont observés, suite à la substitution de Modigraf granulés par Prograf gélules, à toute adaptation de posologie, après des modifications du protocole immunosuppresseur ou après l’administration concomitante de substances susceptibles d’affecter les concentrations sanguines résiduelles du tacrolimus (voir rubrique 4.5). La périodicité du suivi des concentrations doit être basée sur l’état clinique. Étant donné la faible clairance du tacrolimus, en cas d’adaptation de posologie de Modigraf, l’état d’équilibre visé peut n’apparaître qu’après plusieurs jours (voir rubrique 5.2).

Les données des études cliniques suggèrent que, lorsque les concentrations sanguines résiduelles de tacrolimus sont maintenues en dessous de 20 nanogrammes/ml, la majorité des patients peut être traitée efficacement. Il est nécessaire de tenir compte de l’état clinique du patient lors de l’interprétation des concentrations sanguines résiduelles du produit. En pratique clinique, les concentrations sanguines résiduelles sont généralement comprises entre 5-20 nanogrammes/ml chez les transplantés hépatiques et 10-20 nanogrammes/ml chez les transplantés rénaux et cardiaques dans la période post-transplantation immédiate. Au cours du traitement d’entretien, les concentrations sanguines résiduelles sont généralement comprises entre 5-15 nanogrammes/ml chez les transplantés hépatiques, rénaux et cardiaques.

Populations particulières de patients Insuffisance hépatique Une diminution de la dose peut être nécessaire chez les patients présentant une insuffisance hépatique sévère de façon à maintenir les concentrations sanguines résiduelles dans les limites recommandées.

Insuffisance rénale La pharmacocinétique du tacrolimus n’étant pas affectée par la fonction rénale (voir rubrique 5.2), aucune adaptation de la posologie n’est nécessaire. Cependant, en raison du potentiel néphrotoxique du tacrolimus, il est recommandé de surveiller étroitement la fonction rénale (notamment par des dosages de la créatininémie, le calcul de la clairance de la créatinine et la surveillance du débit urinaire).

Ethnie En comparaison avec les patients caucasiens, les patients noirs peuvent nécessiter des doses de tacrolimus supérieures pour atteindre des concentrations sanguines résiduelles similaires.

Sexe Les données actuellement disponibles ne montrent pas que les hommes et les femmes nécessitent des doses différentes pour atteindre des concentrations sanguines résiduelles similaires.

Patients âgés Les données actuellement disponibles ne montrent pas la nécessité d’adapter la posologie chez les populations plus âgées.

Population pédiatrique En général, les doses nécessaires chez l’enfant sont 1,5 à 2 fois plus élevées que chez l’adulte pour obtenir des concentrations sanguines résiduelles similaires.

Mode d’administration En général, le traitement par tacrolimus est débuté par voie orale. Si nécessaire, le traitement par tacrolimus peut débuter par l’administration de Modigraf granulés en suspension dans l’eau, par sonde naso-gastrique.

Il est recommandé d’administrer la dose orale quotidienne de Modigraf en deux prises séparées (par exemple le matin et le soir).

En général, Modigraf granulés doit être pris à jeun ou au moins 1 heure avant ou 2 à 3 heures après un repas pour permettre une absorption maximale (voir rubrique 5.2).

La dose nécessaire est calculée à partir du poids du patient, en utilisant le plus petit nombre possible de sachets-dose.2 ml d’eau (à température ambiante) doivent être utilisés par mg de tacrolimus pour reconstituer la suspension (jusqu’à un maximum de 50 ml, selon le poids du patient) dans une tasse. Les récipients contenant du chlorure de polyvinyle (PVC) ne doivent pas être utilisés (voir rubrique 6.2). Les granulés sont ajoutés à l’eau et mélangés. L’utilisation de liquides ou d’ustensiles pour vider les sachets-dose n’est pas recommandée. La suspension peut être prélevée avec une seringue ou avalée directement par le patient. Ensuite la tasse est rincée une fois avec la même quantité d’eau, puis l’eau de rinçage est absorbée par le patient. La suspension doit être administrée immédiatement après sa préparation.

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4.3Contre-indications

Hypersensibilité au tacrolimus ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1. Hypersensibilité à d’autres macrolides.

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4.4Mises en garde spéciales et précautions d'emploi

On ne dispose pas de données de sécurité sur l’utilisation de Modigraf granulés suite à la substitution temporaire de Prograf ou d’Advagraf chez les patients dans un état critique.

Modigraf ne doit pas être substitué par Advagraf puisqu’une différence cliniquement pertinente entre la biodisponibilité des deux formulations ne peut être exclue. Des erreurs médicamenteuses, dont la substitution par inadvertance, involontaire ou en l’absence de contrôle entre des formulations à libération immédiate ou à libération prolongée contenant du tacrolimus, ont été observées. Cela a entrainé des effets indésirables graves, incluant le rejet du greffon ou d’autres effets indésirables qui pourraient être la conséquence soit d’une sous-exposition soit d’une surexposition au tacrolimus. Les patients doivent être maintenus sous une même formulation contenant du tacrolimus avec le schéma posologique quotidien correspondant ; la formulation ou le schéma posologique ne doivent être modifiés que sous la surveillance étroite d’un spécialiste en transplantation (voir rubriques 4.2 et 4.8).

Pendant la période post-transplantation immédiate, la surveillance des paramètres suivants doit être effectuée en routine : pression artérielle, ECG, bilan neurologique et visuel, glycémie à jeun, électrolytes (en particulier le potassium), fonctions hépatique et rénale, paramètres hématologiques, hémostase et dosage des protéines plasmatiques. En cas de modifications cliniquement significatives de ces paramètres, des ajustements du traitement immunosuppresseur doivent être envisagés.

Substances ayant un potentiel d’interaction Les inhibiteurs ou les inducteurs du CYP3A4 ne doivent être co-administrés avec le tacrolimus qu'après consultation d'un spécialiste en transplantation, en raison d’interactions médicamenteuses potentielles conduisant à des effets indésirables graves, y compris un rejet ou une toxicité (voir rubrique 4.5).

Inhibiteurs du CYP3A4 L'utilisation concomitante avec des inhibiteurs du CYP3A4 peut augmenter les concentrations sanguines de tacrolimus, ce qui pourrait conduire à des effets indésirables graves, tels qu'une néphrotoxicité, une neurotoxicité et un allongement de l'intervalle QT. Il est recommandé d’éviter l’utilisation concomitante d'inhibiteurs puissants du CYP3A4 (tels que ritonavir, cobicistat, kétoconazole, itraconazole, posaconazole, voriconazole, télithromycine, clarithromycine ou josamycine) avec le tacrolimus. Si cette utilisation concomitante ne peut être évitée, les concentrations sanguines du tacrolimus doivent être surveillées fréquemment à compter des premiers jours de l'administration concomitante, sous la supervision d’un spécialiste en transplantation, afin d’ajuster la posologie du tacrolimus, si nécessaire, pour maintenir une exposition similaire au tacrolimus. La fonction rénale, l'ECG avec l’intervalle QT et l'état clinique du patient doivent également être étroitement surveillés. L'ajustement de la posologie doit être basé sur la situation individuelle de chaque patient. Une réduction immédiate de la posologie peut être nécessaire au moment de l'instauration du traitement (voir rubrique 4.5).

De même, l'interruption des inhibiteurs du CYP3A4 peut modifier le métabolisme du tacrolimus et conduire ainsi à des concentrations sanguines sub-thérapeutiques de tacrolimus ; par conséquent, une surveillance et une supervision étroites par un spécialiste en transplantation sont requises.

Inducteurs du CYP3A4 L'utilisation concomitante avec des inducteurs du CYP3A4 peut diminuer les concentrations sanguines de tacrolimus et potentiellement augmenter le risque de rejet du greffon. Il est recommandé d’éviter l’utilisation concomitante d'inducteurs puissants du CYP3A4 (tels que rifampicine, phénytoïne, carbamazépine) avec le tacrolimus. Si cette utilisation concomitante ne peut être évitée, les concentrations sanguines de tacrolimus doivent être surveillées fréquemment à compter des premiers jours de l'administration concomitante, sous la supervision d’un spécialiste en transplantation, afin d'ajuster la posologie du tacrolimus, si nécessaire, pour maintenir une exposition similaire au tacrolimus. Le fonctionnement du greffon doit également être étroitement surveillé (voir rubrique 4.5).

De même, l'interruption des inducteurs du CYP3A4 peut modifier le métabolisme du tacrolimus et conduire ainsi à des concentrations sanguines supra-thérapeutiques de tacrolimus ; par conséquent, une surveillance et une supervision étroites par un spécialiste en transplantation sont requises.

Glycoprotéine P Il convient de faire preuve de prudence lors de l’administration concomitante du tacrolimus et de médicaments qui inhibent la glycoprotéine P, car une augmentation des taux de tacrolimus peut survenir. Les taux de tacrolimus dans le sang total et l’état clinique du patient doivent être étroitement surveillés. Un ajustement de la dose de tacrolimus peut être nécessaire (voir rubrique 4.5).

Préparations de phytothérapie Les préparations de phytothérapie à base de millepertuis (Hypericum perforatum) ou d’autres préparations de phytothérapie doivent être évitées lors de la prise de Modigraf en raison du risque d’interaction qui conduit soit à une diminution de la concentration sanguine du tacrolimus et à une diminution de son efficacité clinique, soit à une augmentation de la concentration sanguine du tacrolimus et à un risque de toxicité du tacrolimus (voir rubrique 4.5).

Autres interactions L’administration concomitante de ciclosporine et de tacrolimus doit être évitée et il convient d’être prudent lors de l’administration de tacrolimus à des patients qui ont reçu préalablement de la ciclosporine (voir rubriques 4.2 et 4.5).

Les apports élevés de potassium ou les diurétiques hyperkaliémiants doivent être évités (voir rubrique 4.5).

Certaines associations de tacrolimus avec des médicaments connus pour avoir des effets neurotoxiques peuvent augmenter le risque de ces effets (voir rubrique 4.5).

Vaccination Les immunosuppresseurs peuvent affecter la réponse à la vaccination et peuvent rendre une vaccination pendant le traitement par tacrolimus moins efficace. L’utilisation de vaccins vivants atténués doit être évitée.

Néphrotoxicité Le tacrolimus peut provoquer une atteinte de la fonction rénale chez les patients après la transplantation. Une insuffisance rénale aiguë sans intervention active peut évoluer vers une insuffisance rénale chronique. Les patients présentant une atteinte de la fonction rénale doivent être étroitement surveillés, car il peut être nécessaire de réduire la posologie de tacrolimus. Le risque de néphrotoxicité peut augmenter en cas d’administration concomitante de tacrolimus et de médicaments associés à une néphrotoxicité (voir rubrique 4.5). L’utilisation concomitante de tacrolimus et de médicaments connus pour avoir des effets néphrotoxiques doit être évitée. S’il n’est pas possible d’éviter une administration concomitante, il convient de surveiller étroitement la concentration résiduelle sanguine de tacrolimus et la fonction rénale et d’envisager une réduction de la posologie, en cas de néphrotoxicité.

Affections gastro-intestinales Des cas de perforation gastro-intestinale ont été rapportés chez des patients traités par tacrolimus. La perforation gastro-intestinale étant un événement médicalement important pouvant engager le pronostic vital ou être responsable d’un état grave, un traitement adéquat devra être considéré dès l’apparition de signes ou symptômes suspectés.

Les taux sanguins du tacrolimus pouvant changer de façon significative pendant les épisodes de diarrhées, une surveillance accrue des concentrations sanguines résiduelles du tacrolimus est recommandée lors de ces épisodes de diarrhées.

Affections cardiaques Des hypertrophies ventriculaires ou septales, rapportées comme étant des cardiomyopathies, ont été rarement observées. La plupart de ces cas étaient réversibles, survenant lorsque les concentrations sanguines résiduelles de tacrolimus étaient beaucoup plus élevées que les taux maximums recommandés. Les autres facteurs identifiés comme augmentant le risque d’apparition de ces signes cliniques sont une cardiopathie préexistante, l’utilisation de corticoïdes, l’hypertension, un dysfonctionnement rénal ou hépatique, des infections, une surcharge hydrique et des œdèmes. Par conséquent, les patients à haut risque, notamment les jeunes enfants et les patients recevant une immunosuppression importante, doivent être surveillés par des méthodes telles que l’échocardiographie ou ECG avant et après la transplantation (par exemple, le premier examen à 3 mois, puis à 9-12 mois). En cas d’apparition d’anomalies, une diminution de la posologie de Modigraf ou un changement du traitement immunosuppresseur doit être envisagé. Le tacrolimus peut allonger l’intervalle QT et peut provoquer la survenue de torsades de pointes. La prudence s’impose chez les patients présentant des facteurs de risque d’allongement de l’intervalle QT, y compris les patients ayant des antécédents personnels ou familiaux d’allongement de l’intervalle QT, d’insuffisance cardiaque congestive, de bradyarythmie et d’anomalies électrolytiques. La prudence s’impose également chez les patients avec un diagnostic établi ou une suspicion de syndrome du QT long congénital ou d’allongement de l’intervalle QT acquis ou chez les patients recevant des traitements concomitants connus pour allonger l’intervalle QT, provoquer des anomalies électrolytiques ou augmenter l’exposition au tacrolimus (voir rubrique 4.5).

Syndromes lymphoprolifératifs et affections malignes Des syndromes lymphoprolifératifs associés à l’Epstein-Barr-Virus (EBV) et d’autres affections malignes, telles que des cancers de la peau et un sarcome de Kaposi, ont été rapportés chez des patients traités par tacrolimus (voir rubrique 4.8).

L’utilisation d’immunosuppresseurs en association, tels qu’un traitement concomitant avec des anticorps antilymphocytaires (par exemple : basiliximab, daclizumab) augmente le risque de développer des syndromes lymphoprolifératifs associés à l’EBV. Il a été rapporté que les patients

séronégatifs à l’antigène de la capside virale (VCA) de l’EBV ont un risque accru de développer des syndromes lymphoprolifératifs. Une sérologie EBV-VCA doit donc être vérifiée chez ces patients avant d’instaurer le traitement par Modigraf. Une surveillance étroite avec une PCR-EBV est recommandée pendant le traitement. Une PCR-EBV positive peut persister pendant plusieurs mois et n’indique pas en soi une maladie lymphoproliférative ou un lymphome.

Des sarcomes de Kaposi, y compris des formes agressives de la maladie et des issues fatales, ont été rapportés chez des patients traités par tacrolimus. Dans certains cas, une régression du sarcome de Kaposi a été observée après la réduction de l’intensité de l’immunosuppression.

Comme avec d’autres agents immunosuppresseurs, en raison du risque potentiel de survenue de lésions cutanées malignes, l’exposition au soleil et aux rayons UV doit être limitée par le port de vêtements protecteurs et l’utilisation d’un écran solaire à fort indice de protection.

Comme avec d’autres agents immunosuppresseurs puissants, le risque de cancer secondaire est inconnu.

Infections, y compris infections opportunistes Les patients traités par des immunosuppresseurs, dont Modigraf, ont un risque accru de développer des infections, notamment des infections opportunistes (bactériennes, fongiques, virales et à protozoaires) telles que : une infection à CMV, une néphropathie à virus BK et une leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP) à virus JC. Les patients présentent également un risque accru d’infections par hépatite virale (par exemple, réactivation et infection de novo par les hépatites B et C, ainsi que l’hépatite E, qui peuvent devenir chroniques). Ces infections, souvent liées à une charge immunosuppressive importante, peuvent entraîner des maladies graves ou fatales, incluant le rejet du greffon, et doivent être prises en compte par les médecins dans les diagnostics différentiels chez les patients immunodéprimés avec une fonction hépatique ou rénale altérée ou des symptômes neurologiques. La prévention et la gestion doivent être conformes aux orientations cliniques appropriées.

Syndrome d’Encéphalopathie Postérieure Réversible (SEPR) Il a été rapporté que des patients traités par tacrolimus ont développé un Syndrome d’Encéphalopathie Postérieure Réversible (SEPR). Si les patients sous tacrolimus consultent pour certains symptômes d’un SEPR tels que céphalées, état mental altéré, convulsions et troubles de la vision, un examen radiologique (par exemple IRM) doit être effectué. Si un SEPR est diagnostiqué, il est recommandé de contrôler étroitement la pression artérielle ainsi que le statut épileptique et d’interrompre immédiatement le tacrolimus. La plupart des patients se rétablissent complètement après que des mesures adéquates ont été prises.

Affections oculaires Des affections oculaires, évoluant parfois vers une perte de la vision, ont été rapportées chez des patients traités par tacrolimus. Certains cas ont fait état d’une résolution après le passage à un autre traitement immunosuppresseur. Il est conseillé aux patients de signaler toute modification de l’acuité visuelle, tout changement de la vision des couleurs, une vision trouble ou un défaut du champ visuel, et dans de tels cas, une évaluation rapide est recommandée, avec le renvoi vers un ophtalmologue si besoin.

Microangiopathie thrombotique (MAT) (y compris syndrome hémolytique et urémique (SHU) et purpura thrombotique thrombocytopénique (PTT)) Le diagnostic de MAT, y compris purpura thrombotique thrombocytopénique (PTT) et syndrome hémolytique et urémique (SHU), entraînant parfois une insuffisance rénale ou une issue fatale, doit être envisagé chez les patients présentant une anémie hémolytique, une thrombopénie, une fatigue, des manifestations neurologiques fluctuantes, une insuffisance rénale et de la fièvre. Si une MAT est diagnostiquée, un traitement rapide s’impose et l’arrêt du tacrolimus doit être envisagé à la discrétion du médecin traitant.

L’administration concomitante de tacrolimus avec un inhibiteur de la cible de la rapamycine chez les mammifères (mTOR) (par exemple, sirolimus, évérolimus) peut augmenter le risque de microangiopathie thrombotique (y compris syndrome hémolytique et urémique et purpura thrombotique thrombocytopénique).

Erythroblastopénie acquise Des cas d’érythroblastopénie acquise (EA) ont été rapportés chez des patients traités par tacrolimus. Tous ces patients présentaient des facteurs de risque d’EA tels qu’une infection à parvovirus B19, une maladie sous-jacente ou des traitements concomitants en lien avec une EA.

Populations particulières L’expérience est limitée chez les patients non-caucasiens et chez les patients à risque immunologique élevé (par exemple retransplantation, présence d’anticorps anti HLA, PRA).

Une diminution de la dose peut être nécessaire chez les patients présentant une insuffisance hépatique sévère (voir rubrique 4.2).

Excipients Comme Modigraf granulés contient du lactose, les patients présentant une intolérance au galactose, un déficit total en lactase ou un syndrome de malabsorption du glucose et du galactose (maladies héréditaires rares) ne doivent pas prendre ce médicament. Ce médicament contient moins de 1 mmol de sodium (23 mg) par sachet-dose, c.-à-d. qu’il est essentiellement « sans sodium ».

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4.5Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions

Interactions métaboliques Le tacrolimus disponible dans la circulation générale est métabolisé par le CYP3A4 hépatique. Un métabolisme gastro-intestinal par le CYP3A4 dans la paroi intestinale a également été observé. L’utilisation concomitante de médicaments ou de remèdes à base de plantes connus comme étant des inhibiteurs ou des inducteurs du CYP3A4 peut modifier le métabolisme du tacrolimus et donc augmenter ou diminuer ses concentrations sanguines résiduelles. De même, l'interruption de tels produits ou de remèdes à base de plantes peut modifier le métabolisme du tacrolimus et, par conséquent, les concentrations sanguines du tacrolimus.

Les études pharmacocinétiques ont montré que l'augmentation des concentrations sanguines de tacrolimus, lorsqu'il est co-administré avec à des inhibiteurs du CYP3A4, résulte principalement de l'augmentation de la biodisponibilité orale du tacrolimus due à l'inhibition du métabolisme gastro- intestinal. L'effet sur la clairance hépatique est moins prononcé.

Il est fortement recommandé de surveiller étroitement les concentrations sanguines résiduelles de tacrolimus sous la supervision d'un spécialiste en transplantation, et de surveiller également le fonctionnement du greffon, l'allongement de l’intervalle QT (avec ECG), la fonction rénale et les autres effets indésirables tels qu’une neurotoxicité, lors de toute administration concomitante de substances pouvant modifier le métabolisme par le CYP3A4 et d’ajuster la posologie ou d’interrompre la prise du tacrolimus, si nécessaire, de manière à maintenir une exposition constante du tacrolimus (voir rubriques 4.2 et 4.4). De même, les patients doivent être surveillés étroitement lors de l'utilisation concomitante du tacrolimus et de plusieurs substances qui affectent le CYP3A4, car les effets sur l'exposition au tacrolimus peuvent être augmentés ou contrecarrés.

Les médicaments ayant un effet sur le tacrolimus sont répertoriés dans le tableau ci-dessous. Les exemples d'interactions médicamenteuses n'ont pas vocation à être complets ou exhaustifs et, par conséquent, les informations concernant la voie métabolique, les voies d'interactions, les risques potentiels et les mesures spécifiques à prendre concernant une administration concomitante doivent être consultées dans l'information produit de chaque médicament associé au tacrolimus.

Médicaments ayant des effets sur le tacrolimus

 Nom ou classe du                 Effet de l’interaction                    Recommandations
 médicament/de la substance       médicamenteuse                            concernant l'administration

concomitante

  Pamplemousse ou jus de            Peuvent augmenter les                   Éviter le pamplemousse ou le
  pamplemousse                      concentrations résiduelles de           jus de pamplemousse

tacrolimus dans le sang total et augmenter le risque d'effets indésirables graves (p. ex., neurotoxicité, allongement de l'intervalle QT) [voir rubrique 4.4].

  Ciclosporine                      Peut augmenter les concentrations       L’administration
                                    résiduelles de tacrolimus dans le       concomitante de ciclosporine
                                    sang total. En outre, des effets        et de tacrolimus doit être
                                    néphrotoxiques                          évitée [voir rubrique 4.4].

synergiques/additifs peuvent se produire.

  Médicaments connus pour           Peuvent augmenter les effets            L’utilisation concomitante de
  avoir des effets                  néphrotoxiques ou neurotoxiques         tacrolimus et de médicaments
  néphrotoxiques ou                 du tacrolimus.                          connus pour avoir des effets
  neurotoxiques :                                                           néphrotoxiques doit être
  aminosides, inhibiteurs de la                                             évitée. S’il n’est pas possible
  gyrase, vancomycine,                                                      d’éviter une administration
  sulfaméthoxazole +                                                        concomitante, surveiller la
  triméthoprime, AINS,                                                      fonction rénale et d’autres
  ganciclovir, aciclovir,                                                   effets indésirables et ajuster
  amphotéricine B, ibuprofène,                                              la posologie du tacrolimus si
  cidofovir, foscarnet                                                      nécessaire.
  Inhibiteurs puissants du          Peuvent augmenter les                   Il est recommandé d’éviter
  CYP3A4 :                          concentrations résiduelles de           l’utilisation concomitante. Si
  agents antifongiques (p. ex.,     tacrolimus dans le sang total et        l'administration concomitante
  kétoconazole, itraconazole,       augmenter le risque d'effets            d'un inhibiteur puissant du
  posaconazole, voriconazole),      indésirables graves (p. ex.,            CYP3A4 ne peut être évitée,
  antibiotiques macrolides          néphrotoxicité, neurotoxicité,          envisager de ne pas
  (p. ex., télithromycine,          allongement de l'intervalle QT), ce     administrer le tacrolimus le
  troléandomycine,                  qui nécessite une surveillance          jour de l’instauration du
  clarithromycine, josamycine),     étroite [voir rubrique 4.4]             traitement par l’inhibiteur
  inhibiteurs de la protéase du     Des cas d'augmentations rapides et      puissant du CYP3A4.
  VIH (p. ex., ritonavir,           fortes des concentrations de            Reprendre le tacrolimus le
  nelfinavir, saquinavir),          tacrolimus peuvent se produire, dès     lendemain à une posologie
  inhibiteurs de la protéase du     1 à 3 jours après l'administration      réduite, en fonction des
  VHC (p. ex., télaprévir,          concomitante, malgré une                concentrations sanguines de
  bocéprévir, et association        réduction immédiate de la               tacrolimus. La posologie
  d'ombitasvir et de                posologie du tacrolimus.                et/ou la fréquence
  paritaprévir avec le ritonavir,   Globalement, l'exposition au            d'administration du
  utilisés avec ou sans             tacrolimus peut augmenter plus de       tacrolimus doivent être
  dasabuvir), néfazodone,           5 fois. En cas d'association avec le    modifiées au cas par cas et
  potentialisateur                  ritonavir, l’exposition au              ajustées si nécessaire en
  pharmacocinétique cobicistat,     tacrolimus peut augmenter plus de       fonction des concentrations
  et inhibiteurs de kinases         50 fois. Pratiquement tous les          résiduelles de tacrolimus, qui
  idélalisib, céritinib.            patients peuvent nécessiter une         doivent être évaluées à
  De fortes interactions ont        réduction de la posologie de            l'instauration du traitement,
  également été observées avec      tacrolimus, voire une interruption      surveillées régulièrement
  l’érythromycine, un               provisoire.                             (dès les premiers jours) et ré-
  antibiotique macrolide.                                                   évaluées pendant toute la
Nom ou classe du                   Effet de l’interaction                  Recommandations
médicament/de la substance         médicamenteuse                          concernant l'administration

concomitante

                                   L'effet sur les concentrations          durée du traitement par
                                   sanguines de tacrolimus peut            l’inhibiteur du CYP3A4 et
                                   perdurer quelques jours après la fin    après la fin de celui-ci. Après
                                   de l'administration concomitante.       la fin du traitement, la

posologie et la fréquence d'administration adéquates du tacrolimus doivent être établies en fonction des concentrations résiduelles de tacrolimus dans le sang. Surveiller étroitement la fonction rénale, l’allongement de l’intervalle QT par ECG, ainsi que d’autres effets indésirables.

Inhibiteurs modérés ou             Peuvent augmenter les                   Surveiller fréquemment les
faibles du CYP3A4 :                concentrations résiduelles de           concentrations résiduelles de
agents antifongiques (p. ex.,      tacrolimus dans le sang total et        tacrolimus dans le sang total,
fluconazole, isavuconazole,        augmenter le risque d'effets            dès les premiers jours qui
clotrimazole, miconazole),         indésirables graves (p. ex.,            suivent l'administration
antibiotiques macrolides           neurotoxicité, allongement de           concomitante. Réduire la
(p. ex., azithromycine),           l'intervalle QT) [voir rubrique 4.4].   posologie du tacrolimus si
inhibiteurs calciques (p. ex.,     La concentration de tacrolimus          nécessaire [voir
nifédipine, nicardipine,           peut augmenter rapidement.              rubrique 4.2]. Surveiller
diltiazem, vérapamil),                                                     étroitement la fonction
amiodarone, danazol,                                                       rénale, l’allongement de
éthinylestradiol, lansoprazole,                                            l’intervalle QT par ECG,
oméprazole, antiviraux                                                     ainsi que d’autres effets
ciblant le VHC                                                             indésirables.

elbasvir/grazoprévir et glécaprévir/pibrentasvir, antiviral ciblant le CMV létermovir, et inhibiteurs de la tyrosine kinase nilotinib, crizotinib, imatinib et remèdes à base de plantes (chinoises) contenant des extraits de Schisandra sphenanthera

Il a été montré in vitro que les   Peuvent augmenter les                   Surveiller les concentrations
substances suivantes sont des      concentrations résiduelles de           résiduelles de tacrolimus
inhibiteurs potentiels du          tacrolimus dans le sang total et        dans le sang total et réduire la
métabolisme du tacrolimus :        augmenter le risque d'effets            posologie du tacrolimus si
bromocriptine, cortisone,          indésirables graves (p. ex.,            nécessaire [voir
dapsone, ergotamine,               neurotoxicité, allongement de           rubrique 4.2]. Surveiller
gestodène, lidocaïne,              l'intervalle QT) [voir rubrique 4.4].   étroitement la fonction
méphénytoïne, midazolam,                                                   rénale, l’allongement de
nilvadipine, noréthistérone,                                               l’intervalle QT par ECG,
quinidine, tamoxifène                                                      ainsi que d’autres effets

indésirables.

Inducteurs puissants du            Peuvent diminuer les                    Il est recommandé d’éviter
CYP3A4 :                           concentrations résiduelles de           l’utilisation concomitante. Si
Nom ou classe du                Effet de l’interaction                 Recommandations
médicament/de la substance      médicamenteuse                         concernant l'administration

concomitante

rifampicine, phénytoïne,        tacrolimus dans le sang total et       l'administration concomitante
carbamazépine, apalutamide,     augmenter le risque de rejet [voir     ne peut être évitée, les
enzalutamide, mitotane, ou      rubrique 4.4].                         patients peuvent nécessiter
millepertuis (Hypericum         L'effet maximal sur les                une augmentation de la
perforatum)                     concentrations sanguines de            posologie du tacrolimus. Les
                                tacrolimus peut être atteint 1 à       modifications de la posologie
                                2 semaines après l'administration      du tacrolimus doivent être
                                concomitante. L'effet peut perdurer    individualisées et ajustées si
                                1 à 2 semaines après la fin du         nécessaire en fonction des
                                traitement.                            concentrations de tacrolimus

résiduelles, qui doivent être évaluées à l'instauration du traitement, surveillées régulièrement pendant toute la durée du traitement (dès les premiers jours) et ré- évaluées pendant et après la fin du traitement par inducteur du CYP3A4. Après utilisation de l’inducteur du CYP3A4, il se peut que la posologie du tacrolimus doive être ajustée progressivement. Surveiller étroitement le fonctionnement du greffon. .

Inducteurs modérés du           Peuvent diminuer les                   Surveiller les concentrations
CYP3A4 :                        concentrations résiduelles de          résiduelles de tacrolimus
métamizole, phénobarbital,      tacrolimus dans le sang total et       dans le sang total et
isoniazide, rifabutine,         augmenter le risque de rejet [voir     augmenter la posologie du
éfavirenz, étravirine,          rubrique 4.4].                         tacrolimus si nécessaire [voir
névirapine ; inducteurs                                                rubrique 4.2]. Surveiller
faibles du CYP3A4 :                                                    étroitement le
flucloxacilline                                                        fonctionnement du greffon.
Caspofungine                    Peut diminuer les concentrations       Surveiller les concentrations
                                résiduelles de tacrolimus dans le      résiduelles de tacrolimus
                                sang total et augmenter le risque de   dans le sang total et
                                rejet. Le mécanisme d’interaction      augmenter la posologie du
                                n'a pas été confirmé.                  tacrolimus si nécessaire [voir

rubrique 4.2]. Surveiller étroitement le fonctionnement du greffon.

Cannabidiol (inhibiteur de la   Des cas d’augmentation des taux        L’administration
P-gp)                           sanguins de tacrolimus ont été         concomitante de tacrolimus
                                rapportés lors de l’utilisation        et de cannabidiol doit être
                                concomitante de tacrolimus et de       faite avec prudence, en
                                cannabidiol. Cela peut être dû à       surveillant étroitement les
                                l’inhibition de la glycoprotéine P     effets indésirables. Surveillez
                                intestinale, entraînant une            les concentrations résiduelles
                                biodisponibilité accrue du             de tacrolimus dans le sang
                                tacrolimus.                            total et ajustez la dose de
  Nom ou classe du                Effet de l’interaction                 Recommandations
  médicament/de la substance      médicamenteuse                         concernant l'administration

concomitante tacrolimus si nécessaire [voir rubriques 4.2 et 4.4].

  Médicaments connus pour         Le tacrolimus est fortement lié aux    Surveiller les concentrations
  avoir une forte affinité pour   protéines plasmatiques. Des            résiduelles de tacrolimus
  les protéines plasmatiques,     interactions possibles avec d’autres   dans le sang total et ajuster la
  par exemple : AINS,             substances actives connues pour        posologie du tacrolimus si
  anticoagulants oraux,           avoir une forte affinité pour les      nécessaire [voir
  antidiabétiques oraux           protéines plasmatiques doivent être    rubrique 4.2].

prises en considération.

  Agents procinétiques :          Peuvent augmenter les                  Surveiller les concentrations
  métoclopramide, cimétidine      concentrations résiduelles de          résiduelles de tacrolimus
  et hydroxyde de magnésium -     tacrolimus dans le sang total et       dans le sang total et réduire la
  aluminium                       augmenter le risque d'effets           posologie du tacrolimus si
                                  indésirables graves (p. ex.,           nécessaire [voir
                                  neurotoxicité, allongement de          rubrique 4.2]. Surveiller
                                  l'intervalle QT).                      étroitement la fonction

rénale, l’allongement de l’intervalle QT par ECG, ainsi que d’autres effets indésirables.

  Doses d'entretien de            Peuvent diminuer les                   Surveiller les concentrations
  corticoïdes                     concentrations résiduelles de          résiduelles de tacrolimus
                                  tacrolimus dans le sang total et       dans le sang total et
                                  augmenter le risque de rejet [voir     augmenter la posologie du
                                  rubrique 4.4].                         tacrolimus si nécessaire [voir

rubrique 4.2]. Surveiller étroitement le fonctionnement du greffon.

  Doses élevées de                Peuvent avoir un impact sur les        Surveiller les concentrations
  prednisolone ou de              concentrations sanguines de            résiduelles de tacrolimus
  méthylprednisolone              tacrolimus (augmentation ou            dans le sang total et ajuster la
                                  diminution) lorsqu’elles sont          posologie du tacrolimus si
                                  administrées pour le traitement du     nécessaire.

rejet aigu.

  Traitement par antiviraux à     Peut avoir un impact sur la            Surveiller les concentrations
  action directe (AAD)            pharmacocinétique du tacrolimus        résiduelles de tacrolimus
                                  du fait des modifications de la        dans le sang total et ajuster la
                                  fonction hépatique lors d'un           posologie du tacrolimus si
                                  traitement par AAD, liées à la         nécessaire pour garantir une
                                  clairance du virus de l'hépatite. La   efficacité et une sécurité
                                  concentration sanguine de              continues.

tacrolimus peut diminuer. Toutefois, le potentiel d'inhibition du CYP3A4 de certains AAD peut contrecarrer cet effet ou conduire à une augmentation des concentrations sanguines de tacrolimus.

L’administration concomitante de tacrolimus avec un inhibiteur de la cible de la rapamycine chez les mammifères (mTOR) (par exemple, sirolimus, évérolimus) peut augmenter le risque de

microangiopathie thrombotique (y compris syndrome hémolytique et urémique et purpura thrombotique thrombocytopénique) (voir rubrique 4.4).

Le traitement par tacrolimus pouvant être associé à une hyperkaliémie, ou pouvant augmenter une hyperkaliémie préexistante, des apports élevés en potassium ou des diurétiques hyperkaliémiants (par exemple, amiloride, triamtérène ou spironolactone) doivent être évités (voir rubrique 4.4). Il convient d’être prudent lorsque le tacrolimus est co-administré avec d’autres agents qui augmentent le potassium sérique, tels que le triméthoprime et le cotrimoxazole (triméthoprime/sulfaméthoxazole), car le triméthoprime est connu pour agir comme un diurétique hyperkaliémiant comme l’amiloride. Une surveillance étroite du potassium sérique est recommandée.

Effets du tacrolimus sur le métabolisme d’autres médicaments Le tacrolimus est un inhibiteur connu du CYP3A4 ; par conséquent, l’utilisation concomitante de tacrolimus et de médicaments métabolisés par le CYP3A4 peut modifier le métabolisme de ces derniers. La demi-vie de la ciclosporine est prolongée en cas d’administration concomitante avec le tacrolimus. En outre, des effets néphrotoxiques synergiques/additifs peuvent se produire. Pour ces raisons, l’administration concomitante de ciclosporine et de tacrolimus n’est pas recommandée et il convient d’être prudent lors de l’administration de tacrolimus à des patients qui ont reçu préalablement de la ciclosporine (voir rubriques 4.2 et 4.4). Il a été montré que le tacrolimus augmente la concentration sanguine résiduelle de la phénytoïne. Comme le tacrolimus peut diminuer la clairance des contraceptifs stéroïdiens, avec pour résultat une augmentation de l’exposition hormonale, la prudence est recommandée lors du choix d’une méthode contraceptive. Des informations limitées sont disponibles sur les interactions entre le tacrolimus et les statines. Les données cliniques suggèrent que la pharmacocinétique des statines n’est quasiment pas modifiée en cas d’association avec le tacrolimus. Les études chez l’animal ont montré que le tacrolimus pouvait potentiellement diminuer la clairance et prolonger la demi-vie du pentobarbital et du phénazone.

Acide mycophénolique. S’il y a une association de traitements, la prudence s’impose lors du remplacement de la ciclosporine, qui interfère avec la recirculation entérohépatique de l’acide mycophénolique, par le tacrolimus, qui est dépourvu de cet effet, car cela pourrait entraîner des changements de l’exposition à l’acide mycophénolique. Les médicaments qui interfèrent avec le cycle entérohépatique de l’acide mycophénolique sont susceptibles de réduire les taux plasmatiques et l’efficacité de l’acide mycophénolique. Une surveillance thérapeutique de l’acide mycophénolique peut s’avérer appropriée lors du passage de la ciclosporine au tacrolimus ou vice versa.

Les immunosuppresseurs peuvent affecter la réponse à la vaccination et peuvent rendre une vaccination pendant le traitement par tacrolimus moins efficace. L’utilisation de vaccins vivants atténués doit être évitée (voir rubrique 4.4).

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4.6Fertilité, grossesse et allaitement

Grossesse Les données observées chez la femme montrent que le tacrolimus traverse le placenta. Il existe un risque d’hyperkaliémie chez le nouveau-né (p. ex. incidence chez le nouveau-né de 7,2 %, c.-à-d. 8 sur 111), qui a tendance à se normaliser spontanément. Le tacrolimus peut être envisagé chez la femme enceinte s’il n’existe pas d’alternative plus sûre et si le bénéfice attendu justifie le risque potentiel pour le fœtus. En cas d’exposition in utero, la surveillance du nouveau-né est recommandée pour détecter des événements indésirables potentiels du tacrolimus (en particulier, effets sur les reins).

Résultats d’une étude de sécurité non interventionnelle post-autorisation [EUPAS37025] Une étude de sécurité post-autorisation a analysé 2 905 grossesses du registre « Transplant Pregnancy Registry International » (TPRI), évaluant l’issue chez des femmes traitées par tacrolimus (383 rapportées prospectivement, dont 247 patientes transplantées rénales et 136 patientes transplantées hépatiques) et chez celles sous d’autres immunosuppresseurs. Sur la base des données

limitées (289 grossesses rapportées prospectivement avec une exposition au tacrolimus pendant le premier trimestre), les résultats de l’étude n’ont pas indiqué de risque accru de malformations majeures. Une prévalence accrue d’avortement spontané a été observée chez les femmes traitées par tacrolimus en comparaison avec celles traitées par d’autres immunosuppresseurs. Chez les patientes transplantées rénales, la prévalence de pré-éclampsie était également accrue chez les femmes traitées par tacrolimus. Toutefois, dans l’ensemble, les preuves étaient insuffisantes pour tirer des conclusions concernant le risque de ces issues. Parmi les patientes transplantées rénales et transplantées hépatiques exposées au tacrolimus, 45 % à 55 % des naissances viables étaient prématurées, 75 % à 85 % ayant un poids de naissance normal pour l’âge gestationnel. Des résultats similaires ont été observés pour d’autres immunosuppresseurs, bien qu’il soit difficile de tirer des conclusions en raison des données limitées.

Chez le rat et le lapin, le tacrolimus a provoqué une toxicité embryofoetale à des doses qui ont démontré une toxicité maternelle (voir rubrique 5.3).

Allaitement Les données chez l’homme montrent que le tacrolimus est excrété dans le lait maternel. Des effets nocifs sur le nouveau-né ne pouvant pas être exclus, les femmes ne doivent pas allaiter pendant le traitement par tacrolimus.

Fertilité La fertilité des rats mâles a été affectée par le tacrolimus au travers d’une diminution du nombre et de la motilité des spermatozoïdes (voir rubrique 5.3).

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4.7Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines

Le tacrolimus peut provoquer des troubles visuels et neurologiques. Ces effets peuvent être majorés si le tacrolimus est administré en association avec de l’alcool.

Les effets du tacrolimus (Modigraf) sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines n’ont pas été étudiés.

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4.8Effets indésirables

Résumé du profil de sécurité Le profil des effets indésirables liés aux traitements immunosuppresseurs est souvent difficile à établir en raison de la pathologie sous-jacente et de l’utilisation concomitante de nombreux autres médicaments.

Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés (survenant chez > 10 % des patients) sont tremblements, atteinte de la fonction rénale, hyperglycémie, diabète sucré, hyperkaliémie, infections, hypertension et insomnies.

Liste des effets indésirables La fréquence des effets indésirables est définie comme suit : très fréquent (≥1/10) ; fréquent (≥ 1/100, < 1/10) ; peu fréquent (≥ 1/1 000, < 1/100) ; rare (≥ 1/10 000, < 1/1 000) ; très rare (< 1/10 000), fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles). Au sein de chaque groupe de fréquence, les effets indésirables sont présentés suivant un ordre décroissant de gravité.

Infections et infestations Comme avec d’autres immunosuppresseurs puissants, les patients recevant du tacrolimus présentent fréquemment un risque accru d’infections (virales, bactériennes, fongiques, à protozoaires). L’évolution des maladies infectieuses préexistantes peut être aggravée. Des infections généralisées ou localisées peuvent se développer. Des cas d’infection à CMV, de néphropathie à virus BK, ainsi que des cas de leucoencéphalopathie multifocale progressive (LEMP) à virus JC, ont été rapportés chez des patients traités par des immunosuppresseurs, dont Modigraf.

Tumeurs bénignes, malignes et non précisées (incluant kystes et polypes) Les patients recevant un traitement immunosuppresseur présentent un risque accru de développer des tumeurs malignes. Des tumeurs bénignes, mais aussi malignes, incluant des syndromes lymphoprolifératifs associés à l’EBV, des cancers cutanés et des sarcomes de Kaposi, ont été décrites en relation avec le traitement par tacrolimus.

Affections hématologiques et du système lymphatique

Fréquents :       anémie, thrombocytopénie, leucopénie, anomalies des globules rouges, leucocytose
Peu fréquents :   coagulopathies, pancytopénie, neutropénie, anomalies de la coagulation et du temps

de saignement, microangiopathie thrombotique

Rares :           purpura thrombotique thrombocytopénique, hypoprothrombinémie
Fréquence indéterminée :        érythroblastopénie acquise, agranulocytose, anémie hémolytique,

neutropénie fébrile

Affections du système immunitaire Des réactions allergiques et anaphylactoïdes ont été observées chez des patients recevant du tacrolimus (voir rubrique 4.4).

Affections endocriniennes

Rare : hirsutisme

Troubles du métabolisme et de la nutrition Très fréquents : diabète sucré, hyperglycémie, hyperkaliémie

Fréquents : acidose métabolique, autres anomalies électrolytiques, hyponatrémie, surcharge hydrique, hyperuricémie, hypomagnésémie, hypokaliémie, hypocalcémie, diminution de l’appétit, hypercholestérolémie, hyperlipidémie, hypertriglycéridémie, hypophosphatémie Peu fréquents : déshydratation, hypoglycémie, hypoprotéinémie, hyperphosphatémie

Affections psychiatriques Très fréquents : insomnies

Fréquents : confusion et désorientation, dépression, signes d’anxiété, hallucinations, troubles mentaux, humeur dépressive, troubles de l’humeur, cauchemars

Peu fréquents : troubles psychotiques

Affections du système nerveux Très fréquents : céphalées, tremblements

Fréquents : troubles du système nerveux, convulsions, troubles de la conscience, neuropathies périphériques, sensations vertigineuses, paresthésies et dysesthésies, altération de l’écriture

Peu fréquents : encéphalopathie, hémorragies du système nerveux central et accidents vasculaires cérébraux, coma, troubles de l’élocution et du langage, paralysie et parésie, amnésie

Rare :             hypertonie
Très rare :        myasthénie

Fréquence indéterminée : Syndrome d’Encéphalopathie Postérieure Réversible (SEPR)

Affections oculaires

Fréquents :        troubles oculaires, vision trouble, photophobie
Peu fréquent :     cataracte
Rare :             cécité

Fréquence indéterminée : neuropathie optique

Affections de l’oreille et du labyrinthe

Fréquents :         acouphènes
Peu fréquent :      hypoacousie
Rare :              surdité neurosensorielle

Très rares : troubles de l’audition

Affections cardiaques

Fréquents :        coronaropathies ischémiques, tachycardie
Peu fréquents :    insuffisance cardiaque, arythmies ventriculaires et arrêt cardiaque, arythmies

supraventriculaires, cardiomyopathies, hypertrophie ventriculaire, palpitations

Rares :            épanchements péricardiques
Très rares :       torsades de pointes

Affections vasculaires

Très fréquent :    hypertension
Fréquents :        accidents thromboemboliques et ischémiques, troubles vasculaires hypotensifs,

hémorragies, maladie vasculaire périphérique

Peu fréquents : thrombose veineuse profonde d’un membre, collapsus, infarctus

Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales

Fréquents : affections du parenchyme pulmonaire, dyspnée, épanchement pleural, toux, pharyngite, congestion et inflammations nasales

Peu fréquents :     insuffisance respiratoire, affection des voies respiratoires, asthme
Rare :              syndrome de détresse respiratoire aiguë

Affections gastro-intestinales Très fréquents : diarrhées, nausées

Fréquents : signes et symptômes gastro-intestinaux, vomissements, douleurs gastro-intestinales et abdominales, inflammations gastro-intestinales, hémorragies gastro-intestinales, ulcérations et perforation des voies digestives, ascite, stomatite et ulcération, constipation, signes et symptômes dyspeptiques, flatulences, météorisme et ballonnements, selles molles

Peu fréquents : pancréatite aiguë et chronique, iléus paralytique, reflux gastro-œsophagien, altération de la vidange gastrique

Rares : pseudokyste pancréatique, subiléus

Affections hépatobiliaires

Fréquents : affections des voies biliaires, lésions hépatocellulaires et hépatite, cholestase et ictère

Rares :           maladie veino-occlusive hépatique, thrombose de l’artère hépatique
Très rare :       insuffisance hépatique

Affections de la peau et du tissu sous-cutané

Fréquents :        rash, prurit, alopécie, acné, hypersudation
Peu fréquents :    dermatite, photosensibilité
Rare :             Nécrolyse épidermique toxique (syndrome de Lyell)
Très rare :        syndrome de Stevens-Johnson

Affections musculo-squelettiques et systémiques

Fréquents :       arthralgies, dorsalgies, spasmes musculaires, douleur des extrémités
Peu fréquents :   troubles articulaires
Rare :            diminution de la mobilité

Affections du rein et des voies urinaires Très fréquents : atteinte de la fonction rénale

Fréquents : insuffisance rénale, insuffisance rénale aiguë, néphropathie toxique, nécrose tubulaire rénale, troubles du tractus urinaire, oligurie, affection vésicale et troubles urétraux

Peu fréquents :    syndrome hémolytique et urémique, anurie
Très rares :       néphropathie, cystite hémorragique

Affections des organes de reproduction et du sein

Peu fréquents : dysménorrhées et saignements utérins

Troubles généraux et anomalies au site d’administration

Fréquents : fièvre, douleur et gêne, asthénie, œdème, altérations de la perception de la température corporelle

Peu fréquents : état pseudo-grippal, sensation d’énervement, impression de ne pas être dans son état normal, défaillance multiviscérale, sensation d’oppression thoracique, intolérance au chaud et au froid

Rares :           chutes, ulcères, oppression thoracique, soif
Très rare :       accroissement du tissu adipeux

Investigations

Très fréquents :   anomalies des tests de la fonction hépatique
Fréquents :        augmentation des phosphatases alcalines sanguines, prise de poids
Peu fréquents :    augmentation de l’amylase, anomalies de l’ECG, anomalies du pouls et de la

fréquence cardiaque, perte de poids, augmentation de la lactate déshydrogénase sanguine

Très rare : anomalies de l’échocardiogramme, allongement de l’intervalle QT à l’électrocardiogramme

Lésions, intoxications et complications liées aux procédures

Fréquent : dysfonction primaire du greffon

Description des effets indésirables sélectionnés Des douleurs des extrémités ont été décrites dans un certain nombre de rapports de cas publiés en tant que syndrome douloureux induit par un inhibiteur de la calcineurine (SDIC). Celui-ci se manifeste typiquement par une douleur bilatérale et symétrique, intense, ascendante dans les membres inférieurs et peut être associé à des taux supra-thérapeutiques de tacrolimus. Le syndrome peut répondre à une réduction de dose du tacrolimus. Dans certains cas, il a été nécessaire de recourir à une immunosuppression alternative.

Déclaration des effets indésirables suspectés La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration – voir Annexe V.

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4.9Surdosage

Plusieurs cas de surdosage accidentel ont été rapportés avec le tacrolimus, et les symptômes suivants ont été observés : tremblements, céphalées, nausées et vomissements, infections, urticaire, léthargie, hyperurémie, hyperazotémie et hypercréatininémie, et augmentation des alanine-aminotransférases. Aucun antidote spécifique du tacrolimus n’est disponible. En cas de surdosage, il convient de maintenir les fonctions vitales et d’assurer un traitement symptomatique. Étant donné son poids moléculaire élevé, sa faible solubilité aqueuse et sa forte liaison aux érythrocytes et aux protéines plasmatiques, on s’attend à ce que le tacrolimus ne soit pas dialysable. Chez certains patients présentant des concentrations sanguines résiduelles très élevées, l’hémofiltration ou l’hémodiafiltration ont permis de diminuer les concentrations toxiques. En cas d’intoxication par voie orale, un lavage gastrique et/ou l’utilisation de produits adsorbants (tels que le charbon actif) peuvent s’avérer efficaces s’ils sont administrés rapidement après l’ingestion du médicament.

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5Propriétés pharmacologiques

5.1Propriétés pharmacodynamiques

Classe pharmacothérapeutique : Immunosuppresseurs, inhibiteurs de la calcineurine, Code ATC : L04AD02

Mécanisme d’action et effets pharmacodynamiques Au niveau moléculaire, les effets du tacrolimus semblent être induits par la liaison à une protéine cytosolique (FKBP12) responsable de l’accumulation intracellulaire du produit. De manière spécifique et compétitive, le complexe FKBP12-tacrolimus se lie à, et inhibe la calcineurine, conduisant à une inhibition calcium-dépendante du signal de transduction des lymphocytes T, en empêchant ainsi la transcription d’une partie des gènes des lymphokines. Le tacrolimus est un immunosuppresseur très puissant dont l’activité a été démontrée in vitro et in vivo. Le tacrolimus inhibe notamment la formation des lymphocytes cytotoxiques qui sont principalement responsables du rejet du greffon. Le tacrolimus supprime l’activation des lymphocytes T et la prolifération T-dépendante des lymphocytes B, ainsi que la production de lymphokines (telles que les interleukines-2 et -3 et l’interféron- γ) et l’expression du récepteur de l’interleukine-2.

Efficacité clinique et sécurité du tacrolimus administré deux fois par jour en transplantation d’autres organes de novo Dans des études prospectives publiées, le tacrolimus par voie orale (Prograf gélules) a été étudié en immunosuppression primaire chez près de 175 patients transplantés pulmonaires, 475 patients transplantés pancréatiques et 630 patients transplantés intestinaux. Dans l’ensemble, le profil de sécurité du tacrolimus par voie orale dans ces études publiées apparaît similaire à celui qui a été rapporté dans les grandes études où le tacrolimus était utilisé comme immunosuppresseur primaire en transplantation hépatique, rénale et cardiaque. Les résultats d’efficacité des plus grandes études dans chaque indication sont récapitulés ci-dessous.

Transplantation pulmonaire L’analyse intermédiaire d’une étude multicentrique récente a porté sur 110 patients randomisés (1 :1) dans le groupe tacrolimus ou ciclosporine. Le traitement par tacrolimus a été initié en perfusion intraveineuse continue à une dose de 0,01 à 0,03 mg/kg/jour, puis par voie orale à une dose de 0,05 à 0,3 mg/kg/jour. Pendant la première année post-transplantation, la fréquence des épisodes de rejets aigus a été plus faible chez les patients traités par tacrolimus que chez ceux recevant de la ciclosporine (11,5 % versus 22,6 %), tout comme la fréquence des rejets chroniques (syndrome de bronchiolite oblitérante) (2,86 % versus 8,57 %). Le taux de survie des patients à un an a été de 80,8 % dans le groupe tacrolimus et de 83 % dans le groupe ciclosporine.

Une autre étude randomisée a été menée sur 66 patients traités par tacrolimus versus 67 patients traités par ciclosporine. Le traitement par tacrolimus a été initié en perfusion intraveineuse continue à une dose de 0,025 mg/kg/jour et le tacrolimus par voie orale a été administré à la dose de 0,15 mg/kg/jour avec ensuite des adaptations de posologie pour obtenir des concentrations sanguines résiduelles cibles comprises entre 10 et 20 nanogrammes/ml. Le taux de survie des patients à un an a été de 83 % dans le groupe tacrolimus et de 71 % dans le groupe ciclosporine, et respectivement de 76 % et 66 % à deux ans. Les épisodes de rejet aigu pour 100 patients-jours ont été moins nombreux (0,85 épisode) sous tacrolimus que sous ciclosporine (1,09 épisode). 21,7 % des patients sous tacrolimus ont développé une bronchiolite oblitérante versus 38,0 % sous ciclosporine (p = 0,025). Significativement plus de patients sous ciclosporine (n = 13) ont dû être convertis au tacrolimus, que de patients sous tacrolimus convertis à la ciclosporine (n = 2) (p = 0,02).

Dans une autre étude bicentrique, 26 patients ont été randomisés dans le groupe tacrolimus versus 24 patients dans le groupe ciclosporine. Le traitement par tacrolimus a été initié en perfusion intraveineuse continue à la dose de 0,05 mg/kg/jour, puis par voie orale à une dose de 0,1 à 0,3 mg/kg/jour avec ensuite des adaptations de la posologie pour obtenir des concentrations sanguines résiduelles cibles comprises entre 12 et 15 nanogrammes/ml. Les taux de survie à un an ont été de 73,1 % dans le groupe tacrolimus versus 79,2 % dans le groupe ciclosporine. Après transplantation pulmonaire, les patients ne présentant pas de rejet aigu ont été plus nombreux dans le groupe tacrolimus à 6 mois (57,7 % versus 45,8 %) et à 1 an (50 % versus 33,3 %). Ces 3 études ont montré des taux de survie similaires. Les fréquences de rejets aigus ont été numériquement plus faibles avec le tacrolimus dans ces 3 études, et dans l’une d’entre elles, l’incidence du syndrome de bronchiolite oblitérante a été significativement plus faible avec le tacrolimus.

Transplantation pancréatique Une étude multicentrique a inclus 205 receveurs d’une double transplantation rein-pancréas, randomisés dans le groupe tacrolimus (n = 103) ou dans le groupe ciclosporine (n = 102). La dose initiale orale de tacrolimus per protocol était de 0,2 mg/kg/jour, avec ensuite des adaptations de posologie pour obtenir des concentrations sanguines résiduelles cibles comprises entre 8 et 15 nanogrammes/ml au 5ème jour et entre 5 et 10 nanogrammes/ml après le 6ème mois. La survie à un an du pancréas a été significativement supérieure avec le tacrolimus : 91,3 % versus 74,5 % avec la ciclosporine (p < 0,0005), alors que la survie du greffon rénal a été similaire dans les deux groupes. Au total, chez 34 patients la ciclosporine a été substituée par le tacrolimus, alors que 6 patients seulement traités par tacrolimus ont dû recevoir un autre traitement.

Transplantation intestinale L’expérience clinique monocentrique publiée, sur l’utilisation par voie orale du tacrolimus en immunosuppression primaire après transplantation intestinale, a montré que les taux de survie actuariels de 155 patients (65 recevant l’intestin seul ; 75 recevant le foie et l’intestin et 25 recevant une transplantation multiviscérale) recevant du tacrolimus et de la prednisone, étaient de 75 % à un an, de 54 % à cinq ans et de 42 % à dix ans. Pendant les premières années, la dose initiale orale de tacrolimus était de 0,3 mg/kg/jour. Les résultats se sont continuellement améliorés au fur et à mesure de l’expérience accumulée pendant 11 ans. On considère que différentes innovations, telles que les techniques permettant la détection précoce d’infections à Epstein Barr (EBV) et à CMV, l’augmentation de la moelle osseuse, l’utilisation en traitement adjuvant de daclizumab (antagoniste du récepteur de l’interleukine-2), la diminution des doses initiales de tacrolimus avec des concentrations sanguines résiduelles cibles comprises entre 10 et 15 nanogrammes/ml, et plus récemment l’irradiation du greffon dans l’allogreffe, ont contribué à améliorer les résultats obtenus dans cette indication.

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5.2Propriétés pharmacocinétiques

Absorption Les études chez l’homme ont montré que le tacrolimus peut être absorbé à tous les niveaux du tractus gastro-intestinal. Le tacrolimus disponible est généralement rapidement absorbé. Modigraf granulés est une forme à libération immédiate de tacrolimus en deux prises par jour. Suite à l’administration de Modigraf granulés par voie orale, la concentration maximale sanguine de tacrolimus (Cmax) est atteinte en moyenne en environ 2 à 2,5 heures. L’absorption du tacrolimus est variable. Les résultats d’une étude de bioéquivalence d’ administration à dose unique à des volontaires sains adultes ont montré que la biodisponibilité de Modigraf granulés était environ 20 % supérieure à celle de Prograf gélules. La biodisponibilité orale moyenne du tacrolimus (établie avec la formulation Prograf gélules) est comprise entre 20 et 25 % (valeurs individuelles allant de 6 % à 43 % chez les patients adultes et de 3 à 77 % chez les enfants transplantés rénaux). La biodisponibilité orale du tacrolimus est réduite lorsqu’il est administré après un repas. La bile ne modifie pas l’absorption du tacrolimus et par conséquent le traitement par Modigraf granulés peut débuter par voie orale. Chez certains patients, le tacrolimus semble être absorbé de manière continue sur une période prolongée, conduisant à un profil d’absorption relativement plat.

La vitesse et le taux d’absorption du tacrolimus sont augmentés à jeun. Ils sont diminués en présence d’aliments, l’effet étant plus prononcé après un repas riche en graisses et moindre après un repas riche en hydrates de carbone.

Chez des transplantés hépatiques stables, la biodisponibilité orale du tacrolimus est diminuée en cas d’administration après un repas à teneur modérée en graisses (34 % de l’apport calorique). Des diminutions de l’ASC (27 %) et de la Cmax (50 %) ainsi qu’une augmentation du tmax (173 %) sont observées dans le sang total. Dans une étude chez des transplantés rénaux stables recevant du tacrolimus immédiatement après un petit déjeuner continental classique, l’effet sur la biodisponibilité orale a été moins prononcé. Des

diminutions de l’ASC (2 à 12 %) et de la Cmax (15 à 38 %) et une augmentation du tmax (38 à 80 %) ont été observées sur sang total. Il existe une forte corrélation entre l’ASC et les concentrations sanguines résiduelles à l’état d’équilibre pour Modigraf. Le suivi thérapeutique des concentrations sanguines résiduelles permet donc une bonne estimation de l’exposition systémique.

Distribution Chez l’homme, la cinétique du tacrolimus après perfusion intraveineuse peut être décrite par un modèle bicompartimental. Dans la circulation systémique, le tacrolimus est fortement lié aux érythrocytes, avec pour résultat un rapport de distribution des concentrations sang total/plasma d’environ 20 pour 1. Dans le plasma, le tacrolimus est fortement lié (> 98,8 %) aux protéines plasmatiques, essentiellement à l’albumine sérique et à la -1-glycoprotéine acide. Le tacrolimus est largement distribué dans l’organisme. À l’état d’équilibre, le volume de distribution déterminé à partir des concentrations plasmatiques est d’environ 1 300 l (sujets sains). La valeur correspondante à partir des concentrations sanguines résiduelles est de 47,6 l en moyenne.

Métabolisme Le tacrolimus est largement métabolisé dans le foie, principalement par le cytochrome P450-3A4 (CYP3A4) et le cytochrome P450-3A5 (CYP3A5), et dans la paroi intestinale. Plusieurs métabolites ont été identifiés mais un seul présente in vitro une activité immunosuppressive similaire à celle du tacrolimus, les autres métabolites ne présentant qu’une activité immunosuppressive faible voire nulle. Dans la circulation systémique, un seul des métabolites inactifs est présent à faible concentration. Par conséquent, les métabolites ne contribuent pas à l’activité pharmacologique du tacrolimus.

Excrétion La clairance du tacrolimus est faible. Chez des sujets sains, une clairance corporelle totale moyenne de 2,25 l/h a été observée, (déterminée à partir des concentrations dans le sang total). Chez des patients adultes ayant reçu une transplantation hépatique, rénale ou cardiaque, des valeurs de 4,1 l/h, 6,7 l/h et 3,9 l/h, ont été respectivement observées. Des facteurs tels que de faibles taux d’hématocrite et de protéines, entraînant une augmentation de la fraction libre du tacrolimus, ainsi qu’une induction du métabolisme par les corticoïdes, sont considérés comme responsables de l’augmentation des taux de clairance observés après transplantation.

La demi-vie du tacrolimus est longue et variable. Chez des sujets sains, la demi-vie moyenne dans le sang total est d’environ 43 heures. Chez les patients transplantés hépatiques adultes et pédiatriques, elle a été en moyenne de 11,7 heures et de 12,4 heures respectivement, comparé à 15,6 heures chez les transplantés rénaux adultes. L’augmentation des taux de clairance contribue à une diminution de la demi-vie observée chez les patients transplantés.

Après administration intraveineuse et orale de tacrolimus marqué au 14C, la plupart de la radioactivité est éliminée dans les fèces. Environ 2 % de la radioactivité est éliminée dans les urines. Moins de 1 % du tacrolimus est retrouvé sous forme inchangée dans les urines et les fèces, indiquant que le tacrolimus est presque totalement métabolisé avant d’être éliminé principalement par voie biliaire.

Données pédiatriques Chez les patients pédiatriques transplantés hépatiques, la biodisponibilité orale moyenne du tacrolimus (étudiée avec Modigraf granulés) est de 26 % ± 23 % (intervalle individuel chez les enfants transplantés hépatiques de 4 à 80 %). On ne dispose pas de données sur la biodisponibilité orale de Modigraf dans d’autres indications. Après administration orale (0,30 mg/kg/jour) à des patients pédiatriques transplantés hépatiques, les concentrations à l’état d’équilibre du tacrolimus ont été atteintes en 3 jours chez la majorité des patients. Chez les patients pédiatriques transplantés hépatiques ou rénaux, des valeurs de clairance corporelle totale de 2,3 ± 1,2 ml/min/kg et de 2,1 ± 0,6 ml/min/kg respectivement ont été observées. Une grande variabilité, liée à l’âge, de la clairance corporelle totale et de la demi-vie a été observée dans des études cliniques pédiatriques limitées, tout particulièrement dans la petite enfance.

La demi-vie chez les patients pédiatriques transplantés est en moyenne de 12 heures.

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5.3Données de sécurité préclinique

Le rein et le pancréas ont été les principaux organes affectés au cours des études de toxicité menées chez le rat et le babouin. Chez le rat, le tacrolimus a également provoqué des effets toxiques sur le système nerveux et l’œil. Des effets cardiotoxiques réversibles ont été observés chez le lapin après administration intraveineuse de tacrolimus. Lorsque le tacrolimus est administré par voie intraveineuse sous forme de perfusion rapide/bolus à la dose de 0,1 à 1,0 mg/kg, un allongement de l’intervalle QTc a été observé chez certaines espèces animales. Le pic de concentration sanguine atteint avec ces doses était supérieur à 150 nanogrammes/ml, ce qui est plus que 6 fois supérieur au pic moyen de concentration observé avec Modigraf en transplantation clinique. Chez le rat et le lapin, une toxicité embryofoetale a été observée et était limitée à des doses maternotoxiques. Chez le rat femelle, les fonctions de la reproduction, y compris la parturition ont été altérées à des doses toxiques. Il a été observé une diminution de la viabilité, de la croissance et du poids de naissance de la progéniture. De par une diminution du nombre et de la motilité des spermatozoïdes, la fertilité des rats mâles a été affectée par le tacrolimus.

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6Données pharmaceutiques

6.1Liste des excipients

Lactose monohydraté Hypromellose (E 464) Croscarmellose sodique (E 468)

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6.2Incompatibilités

Le tacrolimus n’est pas compatible avec le PVC (polychlorure de vinyle). Le matériel utilisé pour préparer et administrer la suspension par exemple, les verres à boire, les tasses ou les tubulures ne doivent pas contenir de PVC.

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6.3Durée de conservation

3 ans.

Après sa préparation, la suspension doit être administrée immédiatement.

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6.4Précautions particulières de conservation

Ce médicament ne nécessite pas de précautions particulières de conservation.

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6.5Nature et contenu de l'emballage extérieur

Sachets-dose consistant en sachets en polyéthylène téréphtalate (PET), en aluminium (Al) et en Polyéthylène (PE).

Présentation : étui carton contenant 50 sachets-dose.

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6.6Précautions particulières d’élimination et manipulation

Le tacrolimus ayant des effets immunosuppresseurs, l'inhalation ou le contact direct avec la peau ou les muqueuses par les formulations injectables, la poudre ou les granulés contenus dans les médicaments à base de tacrolimus doivent être évités pendant la préparation. Si un tel contact se produit, laver la peau et rincer l'œil ou les yeux atteint(s).

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7Titulaire de l'autorisation de mise sur le marché

Astellas Pharma Europe B.V. Sylviusweg 62 2333 BE Leiden Pays-Bas

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8Numéro(s) d'autorisation de mise sur le marché

Modigraf 0,2 mg, granulés pour suspension buvable EU/1/09/523/001

Modigraf 1 mg, granulés pour suspension buvable EU/1/09/523/002

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9DATE DE PREMIÈRE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE

L’AUTORISATION

Date de première autorisation : 15 mai 2009 Date du dernier renouvellement : 14 février 2014

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10Date de mise à jour du texte

Des informations détaillées sur ce médicament sont disponibles sur le site internet de l’Agence européenne des médicaments https://www.ema.europa.eu.

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Références

Ce produit ailleurs