1Dénomination du médicament
Buvidal 64 mg solution injectable à libération prolongée Buvidal 96 mg solution injectable à libération prolongée Buvidal 128 mg solution injectable à libération prolongée Buvidal 160 mg solution injectable à libération prolongée
2Composition qualitative et quantitative
Buvidal 64 mg en solution injectable à libération prolongée
Chaque seringue préremplie contient 64 mg de buprénorphine
Buvidal 96 mg en solution injectable à libération prolongée
Chaque seringue préremplie contient 96 mg de buprénorphine
Buvidal 128 mg en solution injectable à libération prolongée
Chaque seringue préremplie contient 128 mg de buprénorphine
Buvidal 160 mg en solution injectable à libération prolongée
Chaque seringue préremplie contient 160 mg de buprénorphine
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.
3Forme pharmaceutique
Solution injectable à libération prolongée. Liquide limpide jaunâtre à jaune clair.
4Informations cliniques
4.1Indications thérapeutiques
Traitement de la dépendance aux opioïdes, dans le cadre d’une prise en charge médicale, sociale et psychologique. Le traitement est réservé aux adultes et adolescents âgés de16 ans ou plus.
4.2Posologie et mode d'administration
L’administration de Buvidal est exclusivement réservée aux professionnels de santé. Le traitement doit être instauré et rester sous la supervision d'un médecin expérimenté dans la prise en charge des traitements de la dépendance aux opioïdes. Les précautions adéquates, telles qu’effectuer des visites de suivi avec surveillance clinique selon les besoins du patient, doivent être prises lors de la prescription et de la délivrance de buprénorphine. L’utilisation à domicile ou l’auto-administration du produit par les patients n’est pas autorisée.
Précautions à prendre avant l’instauration du traitement Afin d’éviter de précipiter l’apparition d’un syndrome de sevrage, le traitement par Buvidal doit être instauré dès que des signes objectifs et manifestes de sevrage sont présents (voir rubrique 4.4). Il convient de prendre en compte le type d’opioïdes consommés (opioïdes à durée d’action longue ou courte), l’intervalle de temps écoulé depuis la dernière prise d’opioïdes et le niveau de dépendance aux opioïdes.
- Pour les patients dépendants à l’héroïne ou aux opioïdes à courte durée d’action, la dose initiale de Buvidal doit être administrée après un délai d’au moins 6 heures après la dernière prise d’opioïdes par le patient.
- Pour les patients recevant de la méthadone, la dose de méthadone doit être diminuée à une posologie maximum de 30 mg/jour, avant d’instaurer le traitement par Buvidal. La première dose de Buvidal ne doit être administrée qu’après un délai d’au moins 24 heures depuis la dernière prise de méthadone du patient. Buvidal peut induire l’apparition des symptômes de sevrage chez les patients dépendants à la méthadone.
Posologie
Instauration du traitement chez les patients non préalablement traités par la buprénorphine Les patients qui n’ont jamais été traités par la buprénorphine doivent au préalable recevoir une dose de 4 mg de buprénorphine sublinguale et rester sous observation pendant une heure avant la première administration de Buvidal hebdomadaire afin de confirmer leur tolérance à la buprénorphine.
La dose initiale recommandée de Buvidal est de 16 mg, avec la possibilité d’ajouter au cours de la première semaine de traitement une ou deux doses supplémentaires de 8 mg à au moins 1 jour d’intervalle, jusqu’à une dose cible de 24 mg ou 32 mg. La dose recommandée pour la deuxième semaine de traitement est la dose totale administrée au cours de la semaine d’instauration du traitement.
Le traitement par Buvidal mensuel peut être débuté après l’instauration du traitement par Buvidal hebdomadaire, conformément à la conversion de doses indiquée dans le Tableau 1, et dès que les patients ont été stabilisés avec le traitement hebdomadaire (quatre semaines ou plus si besoin).
Passage de la buprénorphine sublinguale à Buvidal Les patients traités par la buprénorphine sublinguale peuvent recevoir directement Buvidal hebdomadaire ou mensuel, à compter du lendemain de la prise de la dernière dose de buprénorphine sublinguale , conformément aux recommandations posologiques indiquées dans la Tableau 1. Une surveillance plus étroite des patients est recommandée au cours de la période de changement.
Tableau 1. Doses de buprénorphine sublinguale quotidiennes et doses correspondantes recommandées de Buvidal hebdomadaire et mensuel
Dose de buprénorphine Dose de Buvidal Dose de Buvidal mensuelle
sublinguale quotidienne hebdomadaire
2-6 mg 8 mg
8-10 mg 16 mg 64 mg
12-16 mg 24 mg 96 mg
18-24 mg 32 mg 128 mg
26-32 mg 160 mg
Les patients peuvent passer de la buprénorphine sublinguale 26-32 mg directement à Buvidal 160 mg par mois avec une surveillance étroite au cours de la période de changement.
La différence de dose en mg de buprénorphine d’un médicament sublingual à l’autre doit être prise en considération. Les propriétés pharmacocinétiques de Buvidal sont décrites à la rubrique 5.2.
Traitement d’entretien et ajustements posologiques Buvidal peut être administré chaque semaine ou chaque mois. Les doses peuvent être augmentées ou diminuées, et le traitement peut être interchangable entre une administration hebdomadaire et mensuelle, en fonction des besoins du patient et de l’avis clinique du médecin, conformément aux recommandations indiquées dans le Tableau 1. Après un changement, une surveillance plus étroite des patients peut être nécessaire. L’évaluation du traitement à long terme est basée sur les données à 48 semaines.
Dose supplémentaire Une dose supplémentaire de 8 mg de Buvidal au maximum peut être administrée lors d’une visite non prévue entre les doses habituelles hebdomadaires et mensuelles, en fonction des besoins du patient. La dose hebdomadaire maximale pour les patients traités par Buvidal hebdomadaire est de 32 mg avec une dose supplémentaire de 8 mg. La dose mensuelle maximale pour les patients traités par Buvidal mensuel est de 160 mg.
Doses manquées Pour éviter les doses manquées, la dose hebdomadaire peut être administrée au maximum 2 jours avant ou après la date habituelle d’administration ; et la dose mensuelle peut être administrée au maximum 1 semaine avant ou après la date habituelle d’administration.
En cas d’oubli d’une dose, la dose suivante doit être administrée dès que possible.
Objectifs et arrêt du traitement
Avant de commencer le traitement par buprénorphine, une stratégie de traitement comprenant la durée du traitement et les objectifs du traitement doit être convenue avec le patient. Pendant le traitement, des contacts fréquents doivent être établis entre le médecin et le patient pour évaluer la nécessité de poursuivre le traitement, envisager son arrêt et ajuster les posologies si nécessaire. Lorsqu'un patient n'a plus besoin d'un traitement par buprénorphine il peut être conseillé de réduire progressivement la dose pour prévenir les symptômes de sevrage (voir rubrique 4.4). Un changement de traitement pour la buprénorphine sublinguale doit se faire une semaine après la dernière dose hebdomadaire ou un mois après la dernière dose mensuelle de Buvidal conformément aux recommandations indiquées dans le Tableau 1.
Populations particulières
Personnes âgées La sécurité et l’efficacité de la buprénorphine chez les patients âgés de plus de 65 ans n’ont pas été établies. Aucune recommandation sur la posologie ne peut être donnée.
De façon générale, la posologie recommandée pour les personnes âgées ayant une fonction rénale normale est la même que pour les patients adultes plus jeunes ayant une fonction rénale normale. Toutefois, les personnes âgées pouvant avoir une fonction rénale/hépatique diminuée, un ajustement posologique peut être nécessaire (voir ci-dessous).
Insuffisance hépatique La buprénorphine doit être utilisée avec précaution chez les patients atteints d’insuffisance hépatique modérée (voir rubrique 5.2). Chez les patients présentant une insuffisance hépatique sévère, l’utilisation de buprénorphine est contre-indiquée (voir rubrique 4.3).
Insuffisance rénale La modification de la dose de buprénorphine n’est pas nécessaire chez les patients présentant une insuffisance rénale. La prudence est recommandée lors de l’administration aux patients présentant une insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine < 30 ml/min) (voir rubriques 4.4 et 5.2).
Population pédiatrique La sécurité et l’efficacité de la buprénorphine chez les enfants âgés de moins de 16 ans n’ont pas été établies (voir rubrique 4.4). Aucune donnée n’est disponible.
Mode d’administration
Buvidal s’administre par voie sous-cutanée exclusivement. Il doit être injecté lentement et intégralement dans le tissu sous-cutané de différentes régions (fesse, cuisse, abdomen ou bras), à condition qu’il y ait suffisamment de tissu sous-cutané. Chacune de ces quatre régions peut avoir plusieurs sites d’injection. Il convient d’alterner les sites des injections, qu’elles soient mensuelles ou hebdomadaires. Un minimum de 8 semaines doit s’écouler avant de réinjecter dans un site préalablement utilisé pour la dose hebdomadaire. Il n’y a pas de données cliniques étayant la reinjection de la dose mensuelle au même site. Il est peu probable que la réinjection du produit mensuel au même site pose un problème de sécurité. La décision de réinjecter au même site doit également être guidée par le jugement clinique soignant.. Chaque injection doit être administrée par un professionnel de santé. La dose doit être administrée en une seule injection et ne doit pas être fractionnée. La dose ne doit pas être administrée par voie intravasculaire (intraveineuse), intramusculaire ou intradermique (dans la peau) (voir rubrique 4.4). Voir rubrique 6.6 pour les Consignes d’administration.
4.3Contre-indications
Hypersensibilité à la substance active ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1 Insuffisance respiratoire sévère Insuffisance hépatique sévère Alcoolisme aigu ou delirium tremens.
4.4Mises en garde spéciales et précautions d'emploi
Administration
Des précautions doivent être prises pour éviter toute injection accidentelle de Buvidal. La dose ne doit pas être administrée par voie intravasculaire (intraveineuse), intramusculaire ou intradermique (dans la peau).
Une injection par voie intravasculaire, par exemple intraveineuse, présente un risque grave du fait qu’au contact avec les fluides corporels Buvidal forme localement une masse solide qui potentiellement pourrait entrainer au niveau des vaisseaux sanguins une lésion ou une occlusion ou des événements thromboemboliques.
Afin de réduire le risque de mésusage, d’abus ou de détournement, les précautions adéquates doivent être prises lors de la prescription et de la délivrance de buprénorphine. Les professionnels de santé doivent administrer Buvidal directement au patient. L’utilisation à domicile ou l’auto-administration du produit par les patients n’est pas autorisée. Il convient de s’assurer pendant toute la durée du traitement que le patient n’essaie pas d’extraire le dépôt.
Propriétés à libération prolongée
Les propriétés de libération prolongée du produit doivent être prises en compte pendant le traitement, y compris à l’instauration et lors de l’arrêt du traitement (voir rubrique 4.2). En particulier, les patients recevant des médicaments concomitants et/ou qui présentent des comorbidités doivent faire l’objet d’une surveillance des signes et symptômes de toxicité, de surdosage ou de sevrage causés par une augmentation ou une diminution des concentrations en buprénorphine (voir rubriques 4.5 et 5.2).
Dépression respiratoire
Des cas de décès dus à une dépression respiratoire ont été rapportés chez des patients traités par la buprénorphine, en particulier lorsque la buprénorphine a été utilisée en association avec des benzodiazépines (voir rubrique 4.5) ou lorsqu’elle n’avait pas été utilisée conformément à la prescription. Des décès ont également été rapportés après la prise concomitante de buprénorphine et d’autres dépresseurs du système nerveux central, tels que l’alcool, les gabapentinoïdes ( prégabaline et gabapentine) (voir rubrique 4.5) ou d’autres opioïdes. La buprénorphine doit être utilisée avec précaution chez les patients atteint d’insuffisance respiratoire (telle qu’une maladie pulmonaire obstructive chronique, asthme, cœur pulmonaire, diminution de la capacité respiratoire, hypoxie, hypercapnie, dépression respiratoire préexistante ou cyphoscoliose.
La buprénorphine peut provoquer une dépression respiratoire grave, potentiellement mortelle, chez les enfants et les personnes non dépendantes aux opioïdes en cas d’ingestion accidentelle ou volontaires.
Dépression du SNC
La buprénorphine peut provoquer une somnolence, particulièrement lorsqu’elle est prise avec de l’alcool ou des dépresseurs du système nerveux central tels que les benzodiazépines (tranquillisants, sédatifs, gabapentinoïdes ou hypnotiques) (voir rubriques 4.5 et 4.7).
Troubles de la tolérance et de l’usage des opioïdes (abus et dépendance)
La buprénorphine est un agoniste partiel du récepteur opioïde mu, et son administration chronique peut entrainer une dépendance aux opioïdes.
Une tolérance, une dépendance physique et psychologique et un trouble lié à l'usage d 'opioïdes peuvent se développer lors de l'administration répétée d'opioïdes tels que la buprénorphine. L'abus ou le mésusage de buprénorphine peut entraîner un surdosage et/ou la mort. Le risque de développer un trouble lié à l'usage d'opioïdes est accru chez les patients ayant des antécédents personnels ou familiaux (parents ou fratrie) de troubles liés à l'usage de substances (y compris les troubles liés à la consommation d'alcool), chez les fumeurs ou chez les patients ayant des antécédents personnels d'autres troubles de santé mentale (par ex. dépression majeure, anxiété et troubles de la personnalité).
Avant de commencer le traitement par buprénorphine et pendant le traitement, les objectifs du traitement et un plan d'arrêt doivent être convenus avec le patient (voir rubrique 4.2).
Les patients devront être surveillés pour détecter tout signe de comportement de recherche de médicaments (par exemple, demandes de renouvellement trop précoces). Cela comprend la surveillance de la prise d’opioïdes et des médicaments psychoactifs concomitants (comme les benzodiazépines). Pour les patients présentant des signes et symptômes du trouble lié à l’usage des opioïdes, une consultation avec un spécialiste en addictologie doit être envisagée.
Syndrome sérotoninergique
L’administration concomitante de Buvidal et d’autres agents sérotoninergiques, tels que les inhibiteurs de la MAO, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN) ou les antidépresseurs tricycliques, peut engendrer un syndrome sérotoninergique, qui est une maladie potentiellement mortelle (voir rubrique 4.5). Si un traitement concomitant avec d’autres agents sérotoninergiques est justifié sur le plan clinique, il est conseillé d’observer attentivement le patient, tout particulièrement pendant l’instauration du traitement et les augmentations de dose.
Les symptômes du syndrome sérotoninergique peuvent comprendre des modifications de l’état mental, une instabilité autonome, des anomalies neuromusculaires et/ou des symptômes gastro-intestinaux. En cas de suspicion de syndrome sérotoninergique, une réduction de dose ou un arrêt du traitement devra être envisagé(e) en fonction de la gravité des symptômes.
Hépatite et atteintes hépatiques
Un bilan hépatique et la recherche d’hépatite virale sont recommandés avant l’instauration du traitement. Les patients atteints d’hépatite virale, sous traitement médical concomitant (voir rubrique 4.5) et/ou qui présentent une altération de la fonction hépatique ont un risque accru d’atteinte du foie. Une surveillance régulière de la fonction hépatique est recommandée. Des cas d’atteinte hépatique aiguë ont été signalés chez des patients dépendants aux opioïdes prenant des médicaments contenant de la buprénorphine, tant dans les essais cliniques que dans des rapports d’effets indésirables de pharmacovigilance. Les anomalies observées vont d’une élévation transitoire asymptomatique des transaminases hépatiques à des cas d’hépatite cytolytique, d’insuffisance hépatique, de nécrose hépatique, de syndrome hépatorénal, d’encéphalopathie hépatique et de décès. Dans de nombreux cas, la présence préexistante d’anomalies enzymatiques hépatiques, de maladie génétique, d’infection par le virus de l’hépatite B ou de l’hépatite C, d’abus d’alcool, d’anorexie, d’utilisation concomitante d’autres médicaments potentiellement hépatotoxiques et la persistance d’injection de drogues pourraient être responsables d’atteinte hépatique ou y contribuer. Ces facteurs sous-jacents doivent être pris en compte avant la prescription de buprénorphine et pendant le traitement. En cas de suspicion d’atteinte hépatique, un bilan biologique et étiologique est nécessaire. En fonction des résultats, il peut être nécessaire d’arrêter le traitement par Buvidal. La surveillance au-delà de la période de traitement hebdomadaire ou mensuel peut être nécessaire. Si le traitement est poursuivi, la fonction hépatique doit être étroitement surveillée.
Précipitation du syndrome de sevrage aux opioïdes
Lors de l’instauration d’un traitement par buprénorphine, il est important de prendre en compte le profil agoniste partiel de la buprénorphine. Les produits contenant de la buprénorphine peuvent précipiter l’apparition des symptômes de sevrage chez les patients dépendants aux opioïdes lorsqu’ils sont administrés avant la disparition des effets agonistes dus à un récent usage ou mesusage d’opioïdes. Afin d’éviter la précipitation des symptômes de sevrage, le traitement doit être instauré lorsque des signes et symptômes objectifs de sevrage léger à modéré sont évidents (voir rubrique 4.2). L’arrêt du traitement peut entraîner un syndrome de sevrage d’apparition tardive.
Insuffisance hépatique
La buprénorphine est largement métabolisée par le foie. Les patients présentant une insuffisance hépatique modérée doivent faire l’objet d’une surveillance pour détecter des signes et symptômes de sevrage d’opioïdes, de toxicité ou de surdosage dus à une augmentation des taux de buprénorphine. La buprénorphine doit être utilisée avec précaution chez les patients atteints d’insuffisance hépatique modérée (voir rubriques 4.2 et 5.2). La fonction hépatique doit être contrôlée régulièrement au cours du traitement. L’utilisation de buprénorphine est contre-indiquée chez les patients atteints d’insuffisance hépatique sévère (voir rubrique 4.3).
Insuffisance rénale
Les métabolites de la buprénorphine s’accumulent chez les patients atteints d’insuffisance rénale. La prudence est recommandée chez les patients atteints d’insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine < 30 ml/min) (voir rubriques 4.2 et 5.2).
Allongement de l’intervalle QT
La prudence est recommandée en cas d’administration conjointe de Buvidal et d’autres médicaments qui allongent l’intervalle QT, ainsi que chez les patients ayant des antécédents de syndrome du QT long ou d’autres facteurs de risque d’allongement du QT.
Prise en charge de la douleur aiguë
Pour la prise en charge de la douleur aiguë pendant l’utilisation continue de Buvidal, l’utilisation d’antalgiques opioïdes forts avec une haute affinité au récepteur opioïde mu (par ex. fentanyl), d’antalgiques non opioïdes et d’anesthésie loco-régionale peut être nécessaire. Une augmentation posologique des antalgiques opioïdes de durée d’action courte (morphine à libération immédiate, oxycodone ou fentanyl), par voie orale ou intraveineuse, jusqu’à l’obtention de l’effet antalgique souhaité chez les patients traités par Buvidal, peut être nécessaire. Les patients doivent faire l’objet d’une surveillance pendant le traitement.
Utilisation chez les enfants et les adolescents
La sécurité et l’efficacité de la buprénorphine chez les enfants âgés de moins de 16 ans n’ont pas été établies (voir rubrique 4.2). En raison du manque de données chez les adolescents (âgés de 16 ou 17 ans), les patients de cette tranche d’âge doivent être étroitement surveillés durant le traitement.
Troubles respiratoires liés au sommeil
Les opioïdes peuvent provoquer des troubles respiratoires liés au sommeil, notamment l'apnée centrale du sommeil (ASC) et l'hypoxémie liée au sommeil. Le risque d’ACS augmente en fonction de la dose d’opioïdes utilisée. Chez les patients présentant une ACS, une diminution de la dose totale d’opioïdes doit être envisagée. Effets de classe
Les opioïdes peuvent provoquer une hypotension orthostatique.
Les opioïdes peuvent augmenter la pression du liquide céphalorachidien, ce qui peut être à l’origine de crises d’épilepsie. Par conséquent, ils doivent être utilisés avec précaution chez les patients atteints de traumatisme crânien, de lésions intracrâniennes, dans d’autres circonstances où la pression du liquide céphalorachidien peut être augmentée, ou en cas d’antécédents de crise d’épilepsie.
Les opioïdes doivent être utilisés avec précaution chez les patients atteints d’hypotension, d’hypertrophie prostatique ou de sténose urétrale.
Un myosis induit par les opioïdes, des altérations du niveau de conscience ou de la perception de la douleur en tant que symptôme d’une maladie peuvent interférer avec l’évaluation des patients ou compliquer le diagnostic ou l’évolution clinique d’une maladie concomitante.
Les opioïdes doivent être utilisés avec précaution chez les patients atteints de myxœdème, d’hypothyroïdie ou d’insuffisance corticosurrénale (par exemple, la maladie d’Addison).
Les opioïdes peuvent être responsables d’une augmentation de la pression du canal cholédoque, et doivent être utilisés avec précaution chez les patients présentant un dysfonctionnement des voies biliaires.
Latex
Aucun caoutchouc naturel ou latex n'est utilisé dans la formulation du protège aiguille. Néanmoins, la présence de traces négligeables ne peut être exclue et il existe donc un risque potentiel de réactions allergiques chez les personnes sensibles au latex qui ne peut être totalement exclu.
4.5Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions
Aucune étude d’interaction n’a été réalisée avec Buvidal.
La buprénorphine doit être utilisée avec précaution en cas d’administration concomitante avec :
- Naltrexone et nalméfène : ce sont des antagonistes opioïdes suceptibles de bloquer les effets pharmacologiques de la buprénorphine. Pour les patients dépendants aux opioïdes recevant un traitement par la buprénorphine, la naltrexone ou le nalméfène peut précipiter l’apparition brutale de symptômes prolongés et intenses de sevrage aux opioïdes. Pour les patients qui reçoivent un traitement par naltrexone ou nalméfène, les effets thérapeutiques souhaités de l’administration de buprénorphine peuvent être bloqués par la naltrexone ou le nalméfène.
- Boissons alcoolisées ou médicaments contenant de l’alcool, car l’alcool augmente l’effet sédatif de la buprénorphine (voir rubrique 4.7).
- Benzodiazépines : cette association peut provoquer le décès par dépression respiratoire d’origine centrale. Par conséquent, les posologies doivent être étroitement surveillées, et cette association doit être évitée dans les cas où il existe un risque de mésusage. Les patients doivent être avertis qu’il est extrêmement dangereux de s’auto-administrer des benzodiazépines non prescrites tout en prenant ce produit, et doivent également être avertis que l’utilisation de benzodiazépines en concomittance avec ce produit doit se faire uniquement selon les indications de leur médecin (voir rubrique 4.4).
- Gabapentinoïdes : L'utilisation concomitante de Buvidal et de gabapentinoïdes (gabapentine et prégabaline) peut entraîner une dépression respiratoire, une hypotension, une sédation profonde, un coma ou la mort. Par conséquent, les posologies doivent être étroitement surveillées, et cette association doit être évitée dans les cas où il existe un risque de mésusage. Les patients doivent être avertis que l’utilisation de gabapentinoïdes en concomitance avec ce produit doit se faire exclusivement selon les indications de leur médecin (voir rubrique 4.4).
- Des médicaments sérotoninergiques, tels que les inhibiteurs de la MAO, les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN) ou les antidépresseurs tricycliques, car le risque de syndrome sérotoninergique, qui est une maladie potentiellement mortelle, est accru (voir rubrique 4.4).
- Autres dépresseurs du système nerveux central : autres dérivés opioïdes (par exemple méthadone, antalgiques et antitussifs), certains antidépresseurs, les antihistaminiques H1 sédatifs, les barbituriques, les anxiolytiques autres que les benzodiazépines, les neuroleptiques, la clonidine et les substances apparentées. Ces associations augmentent la dépression du système nerveux central. La baisse du niveau de vigilance peut rendre dangereuse la conduite et l’utilisation de machines (voir rubrique 4.7).
- Antalgiques opioïdes : une antalgie adéquate peut être difficile à atteindre lorsque l’on administre un agoniste opioïde complet à des patients recevant de la buprénorphine. Le risque de surdosage existe également avec un agoniste complet, en particulier lorsque l’on essaye de surmonter les effets agonistes partiels de la buprénorphine, ou lorsque les concentrations plasmatiques de la buprénorphine diminuent (voir rubrique 4.4)
- La buprénorphine est métabolisée en norbuprénorphine essentiellement par le CYP3A4. Des interactions ont été établies lors de l’administration conjointe avec des inducteurs ou des inhibiteurs, dans des études utilisant la buprénorphine par voie transmuqueuse ou transdermique. La buprénorphine est aussi métabolisée en buprénorphine-3-glucuronide par UGT1A1.
- Les inhibiteurs du CYP3A4 peuvent inhiber le métabolisme de la buprénorphine entraînant une augmentation de la Cmax et de l’ASC de la buprénorphine et de la norbuprénorphine. Buvidal évite les effets du premier passage hépatique, donc les inhibiteurs du CYP3A4 (par ex. les inhibiteurs de la protéase, tels que ritonavir, nelfinavir ou indinavir, ou les antifongiques azolés, tels que kétoconazole ou itraconazole, ou les antibiotiques macrolides) devraient avoir moins d’effets sur le métabolisme de la buprénorphine lorsqu’ils sont
administrés avec Buvidal que lorsqu’ils sont administrés avec la buprénorphine sublinguale. Lors du passage de la buprénorphine sublinguale à Buvidal, il peut être nécessaire de surveiller les patients afin de s’assurer que les concentrations plasmatiques de buprénorphine sont correctes. Les patients qui reçoivent déjà Buvidal et commencent un traitement par inhibiteurs du CYP3A4 doivent être traités par Buvidal hebdomadaire et être surveillés pour détecter d’éventuels signes et symptômes de surdosage. À l’inverse, si un patient qui est traité en même temps par Buvidal et par un inhibiteur du CYP3A4 arrête le traitement par inhibiteur du CYP3A4, il devra être surveillé pour détecter des symptômes de sevrage(voir rubrique 4.4).
- Les inducteurs du CYP3A4 peuvent induire le métabolisme de la buprénorphine entraînant une diminution des taux de buprénorphine. Buvidal évite les effets du premier passage hépatique, donc les inducteurs du CYP3A4 (par ex., phénobarbital, carbamazépine, phénytoïne, rifampicine) devraient avoir moins d’effets sur le métabolisme de la buprénorphine lorsqu’ils sont administrés avec Buvidal que lorsqu’ils sont administrés avec la buprénorphine sublinguale. Lors du passage de la buprénorphine sublinguale à Buvidal, il peut être nécessaire de surveiller les patients afin de s’assurer que les concentrations plasmatiques de buprénorphine sont correctes. Les patients qui reçoivent déjà Buvidal et commencent un traitement par inducteurs du CYP3A4 doivent être traités par Buvidal hebdomadaire et être surveillés pour détecter d’éventuels signes et symptômes de sevrage. A l’inverse, si un patient qui est traité en même temps par Buvidal et par un inducteur du CYP3A4 arrête le traitement par inducteur du CYP3A4, il devra être surveillé pour détecter des symptômes de surdosage.
- Les inhibiteurs de UGT1A1 peuvent influencer l’exposition systémique à la buprénorphine.
- D’après l’expérience avec la morphine, les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) peuvent exacerber les effets opioïdes.
- L'administration concomitante de buprénorphine et d'anticholinergiques ou de médicaments ayant une activité anticholinergique (par ex. antidépresseurs tricycliques, antihistaminiques, antipsychotiques, myorelaxants, antiparkinsoniens) peut entraîner une augmentation des effets indésirables anticholinergiques.
4.6Fertilité, grossesse et allaitement
Grossesse
Il n’existe pas de données ou il existe des données limitées sur l’utilisation de la buprénorphine chez la femme enceinte. Les études effectuées chez l’animal n’ont pas mis en évidence de toxicité sur la reproduction (voir rubrique 5.3). La buprénorphine ne doit être utilisée pendant la grossesse que si le bénéfice potentiel est supérieur au risque potentiel pour le fœtus.
En fin de grossesse, la buprénorphine peut provoquer une dépression respiratoire chez le nouveau-né même après une courte période d’administration. L’administration à long terme au cours des trois derniers mois de la grossesse peut provoquer un syndrome de sevrage chez le nouveau-né (par exemple hypertonie, tremblements du nouveau-né, agitation néonatale, myoclonie ou convulsions). Le syndrome est généralement retardé de plusieurs heures à plusieurs jours après la naissance.
En raison de la longue demi-vie de la buprénorphine, une surveillance néonatale pendant plusieurs jours après la naissance doit être envisagée pour prévenir le risque de dépression respiratoire ou le syndrome de sevrage chez le nouveau-né.
Allaitement
La buprénorphine et ses métabolites sont excrétés dans le lait maternel. Buvidal doit être utilisé avec précaution pendant l’allaitement.
Fertilité
Il n’existe pas de données ou il existe des données limitées sur les effets de la buprénorphine sur la fertilité humaine. Les études effectuées chez l’animal n’ont pas mis en évidence d’effets délétères de la buprénorphine sur la fertilité (voir rubrique 5.3).
4.7Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
La buprénorphine a une influence mineure à modérée sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines lorsqu’elle est administrée à des patients dépendants aux opioïdes. La buprénorphine peut provoquer une somnolence, des vertiges ou une confusion mentale, en particulier pendant l’induction du traitement et l’adaptation posologique. En cas d’utilisation concomitante avec de l’alcool ou des dépresseurs du système nerveux central, l’effet risque d’être majoré (voir rubriques 4.4 et 4.5). Les patients doivent être avertis que la prise de buprénorphine peut affecter leur capacité à utiliser des machines dangereuses.
Il faut recommander au patient de ne pas conduire et de ne pas utiliser de machine dangereuse pendant qu’il prend ce médicament tant que l’effet du médicament sur le patient n’est pas connu.. Une recommandation individuelle doit être faite par le professionnel de santé en charge du traitement.
4.8Effets indésirables
Résumé du profil de sécurité
Les effets indésirables signalés le plus fréquemment avec la buprénorphine sont les céphalées, les nausées, l’hyperhidrose, le syndrome de sevrage et la douleur.
Tableau récapitulatif des effets indésirables
Le Tableau 2 présente les effets indésirables signalés avec la buprénorphine, dont Buvidal. Les termes et les fréquences ci-dessous sont utilisés : très fréquent (≥ 1/10), fréquent (≥ 1/100 à < 1/10), peu fréquent (≥ 1/1 000 à < 1/100) et fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles).
Tableau 2. Effets indésirables classés par système d’organes Classe de systèmes Très fréquent Fréquent Peu fréquent Fréquence d’organes indéterminée Infections et Infection Cellulite au site infestations Grippe d’injection
Pharyngite Rhinite
Affections Lymphadénopathie hématologiques et du système lymphatique
Affections du Hypersensibilité système immunitaire
Troubles du Diminution de métabolisme et de l’appétit
la nutrition
Troubles Insomnie Anxiété Hallucinations psychiatriques Agitation Euphorie
Dépression
Tableau 2. Effets indésirables classés par système d’organes Classe de systèmes Très fréquent Fréquent Peu fréquent Fréquence d’organes indéterminée
Hostilité Nervosité Pensées anormales Paranoïa Pharmacodépendan ce
Affections du Céphalées Somnolence système nerveux Étourdissements
Migraine Paresthésie Somnolence Syncope Tremblement Hypertonie Trouble de l’élocution
Affections Trouble lacrymal oculaires Mydriase
Myosis
Affections de Vertiges l’oreille et du labyrinthe
Affections Palpitations cardiaques
Affections Vasodilatation vasculaires Hypotension Affections Toux respiratoires, Dyspnée thoraciques et Bâillement médiastinales Asthme
Bronchite
Affections gastro- Nausées Constipation intestinales Vomissements
Douleurs abdominales Flatulence Dyspepsie Sécheresse buccale Diarrhée Affections gastro- intestinales
Affections Élévation de hépatobiliaires l’alanine
aminotransféras e Élévation de l’aspartate aminotransféras e
Tableau 2. Effets indésirables classés par système d’organes Classe de systèmes Très fréquent Fréquent Peu fréquent Fréquence d’organes indéterminée
Élévation des enzymes hépatiques
Affections de la Éruption cutanée Éruption Érythème peau et du tissu Prurit maculaire sous-cutané Urticaire Affections Arthralgie musculo- Dorsalgie squelettiques et Myalgie systémiques Spasmes
musculaires Douleur cervicale Douleur osseuse
Affections du rein Rétention urinaire et des voies urinaires
Affections des Dysménorrhée organes de reproduction et du sein
Troubles Hyperhidrose Douleur au site Inflammation au Abcès au site
généraux et Syndrome de d’injection site d’injection d'injection
anomalies au site sevrage de Prurit au site Hématome au Ulcération au site
d’administration drogue ou de d’injection site d’injection d'injection
médicament Érythème au site Urticaire au site Nécrose au site
Douleur d’injection d’injection d'injection
Œdème au site d’injection Réaction au site d’injection Induration au site d’injection Masse au site d’injection Œdème périphérique Asthénie Malaise Fièvre Frissons Syndrome de sevrage néonatal Douleur thoracique
Investigations Tests hépatiques anormaux
Lésions, Étourdissements intoxications et lors des complications liées injections
aux procédures
Description d’effets indésirables particuliers
Réactions au site d’injection
Dans l’étude d’efficacité de phase 3, en double aveugle, des effets indésirables au site d’injection ont été observés chez 36 des 213 patients (16,9 %) (5 % des injections administrées) dans le groupe de traitement par Buvidal. Les effets indésirables les plus fréquents étaient la douleur au site d’injection (8,9 %), le prurit au site d’injection (6,1 %) et l’érythème au site d’injection (4,7 %). Les réactions au site d’injection étaient toutes d’intensité légère à modérée, et la majorité des événements étaient transitoires.
Des effets indésirables tels qu’abcès, ulcération et nécrose au site d'injection ont été rapportés lors de l'utilisation de Buvidal après sa mise sur le marché.
Dépendance
L'utilisation répétée de la buprénorphine peut entraîner une dépendance, même à des doses thérapeutiques. Le risque de pharmacodépendance peut varier en fonction des facteurs de risque individuels du patient, de la posologie et de la durée du traitement opioïde (voir section 4.4).
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration – voir Annexe V.
4.9Surdosage
Symptômes
Le principal symptôme nécessitant une intervention médicale en cas de surdosage par la buprénorphine est la dépression respiratoire consécutive à une dépression du système nerveux central, car elle peut conduire à un arrêt respiratoire et au décès. Les autres signes précoces de surdosage peuvent être une transpiration excessive, une somnolence, une amblyopie, un myosis, une hypotension, des nausées, des vomissements et/ou des troubles de l’élocution.
Prise en charge
Une prise en charge globale, comprenant notamment une surveillance étroite de la fonction respiratoire et cardiaque du patient, doit être instaurée. Un traitement symptomatique de la dépression respiratoire après les mesures habituelles de soins intensifs doit être mis en place. Une ventilation assistée ou contrôlée doit être assurée. Le patient doit être transféré dans une unité disposant de tous les moyens de réanimation nécessaires. Si le patient vomit, des précautions doivent être prises pour éviter qu’il inhale son vomi. L’utilisation d’un antagoniste opioïde (c.-à-d., la naloxone) est recommandée, malgré l’effet modeste qu’elle peut avoir dans la suppresion des symptômes respiratoires induits par la buprénorphine comparé à ses effets sur les opioïdes agonistes complets.
La longue durée d’action de la buprénorphine et la libération prolongée de Buvidal doivent être prises en considération lors de la détermination de la durée du traitement nécessaire pour neutraliser les effets du surdosage (voir rubrique 4.4). La naloxone peut être éliminée plus rapidement que la buprénorphine, de ce fait les symptômes du surdosage de la buprénorphine préalablement contrôlés par la naloxone peuvent réapparaître.
5Propriétés pharmacologiques
5.1Propriétés pharmacodynamiques
Classe pharmacothérapeutique : Autres médicaments du système nerveux central, médicaments utilisés dans la dépendance aux opioïdes, code ATC : N07BC01
Mécanisme d’action
La buprénorphine est un opioïde agoniste partiel/antagoniste qui se lie aux récepteurs opioïdes cérébraux μ (mu) et κ (kappa). Son activité dans le traitement de substitution aux opioïdes est attribuée à sa liaison lentement réversible aux récepteurs opioïdes μ qui, sur une période prolongée, peut minimiser le besoin en opioïdes illicites chez les patients dépendants aux opioïdes.
Les effets plafond de l’agoniste opioïde ont été observés au cours des études de pharmacologie clinique chez des personnes dépendantes aux opioïdes.
Efficacité clinique
L’efficacité et la sécurité d’emploi de Buvidal dans le traitement de substitution aux opioïdes ont été démontrés dans une étude pivot de phase 3, randomisée, en double aveugle, double placebo, avec comparateur actif, à dose flexible, menée chez des patients présentant une dépendance aux opioïdes modérée à sévère. Dans cette étude, 428 patients ont été randomisés dans l’un des deux groupes de traitement. Les patients dans le groupe Buvidal (n = 213) ont reçu des injections hebdomadaires (16 mg à 32 mg) pendant les 12 premières semaines, suivies d’injections mensuelles (64 mg à 160 mg) pendant les 12 dernières semaines, plus des doses quotidiennes de comprimés placebo sublinguaux pendant l’ensemble de la période de traitement. Les patients dans le groupe buprénorphine/naloxone sublinguale (n = 215) ont reçu des injections hebdomadaires de placebo pendant les 12 premières semaines et des injections mensuelles de placebo pendant les 12 dernières semaines, plus des comprimés sublinguaux de buprénorphine/naloxone chaque jour pendant l’ensemble de la période de traitement (8 mg à 24 mg pendant les 12 premières semaines et 8 mg à 32 mg pendant les 12 dernières semaines). Au cours des 12 semaines d’injections mensuelles, les patients des deux groupes pouvaient recevoir, mensuellement, une dose supplémentaire de 8 mg de Buvidal hebdomadaire, si nécessaire. Les patients ont eu 12 visites hebdomadaires pendant les 12 premières semaines et 6 visites pendant les 12 dernières semaines (3 visites mensuelles prévues et 3 visites pour toxicologie urinaire aléatoires). À chaque visite, des mesures des résultats d’efficacité et de sécurité d’emploi ont été réalisées. Sur les 428 patients randomisés, 69,0 % (147/213) des patients dans le groupe de traitement par Buvidal et 72,6 % (156/215) des patients dans le groupe de traitement par buprénorphine/naloxone sublinguale ont achevé la période de traitement de 24 semaines. L’étude a atteint le critère d’évaluation principal de non-infériorité mesuré en pourcentage moyen d’échantillons urinaires négatifs aux opioïdes illicites pendant les semaines de traitement 1 à 24 pour le groupe Buvidal par rapport au groupe buprénorphine/naloxone sublinguale (Tableau 3). La supériorité de Buvidal par rapport à buprénorphine/naloxone sublinguale a été démontrée (analyse définie à priori) pour le critère d’évaluation secondaire de fonction de distribution cumulative (cumulative distribution function, CDF) par le pourcentage d’échantillons urinaires négatifs aux opioïdes pendant les semaines de traitement 4 à 24 (Tableau 3).
Tableau 3. Variables d’efficacité dans l’étude pivot de phase 3, randomisée, en double aveugle, à double placebo, avec comparateur actif, à dose flexible, menée chez des patients présentant une dépendance aux opioïdes modérée à sévère Différence entre les Valeur
Variable d’efficacité Statistique Buvidal BPN/NX SL traitements de p (%)a (IC à 95 %)
N 213 215 Pourcentage d’échantillons Moyenne
urinaires négatifs aux des MM 35,1 (2,48) 28,4 (2,47) 6,7 < 0,001
opioïdes illicites (%) (ET)
IC à 95 % 30,3 - 40,0 23,5 - 33,3 -0,1 - 13,6
CDF du pourcentage N 213 215
d’échantillons urinaires négatifs aux opioïdes
illicites sur les semaines 4 à Médiane 26,7 6,7 - 0,008b 24 CDF = fonction de distribution cumulative, IC = intervalle de confiance, MM = moindres carrés, ET = erreur type, BPN/NX SL = buprénorphine/naloxone sublinguale a Différence = Buvidal – BPN/NX SL. b La valeur de p concernait la supériorité
Une étude de phase 3, à long terme, en ouvert, avec dose flexible, évaluant la sécurité d’emploi de Buvidal hebdomadaire et mensuel pendant 48 semaines a été menée. L’étude a recruté un total de 227 patients présentant une dépendance aux opioïdes modérée à sévère, dont 190 étaient sous buprénorphine sublinguale (avec ou sans naloxone) et 37 patients étaient naïfs de traitement par buprénorphine. Pendant la période de traitement de 48 semaines, les patients pouvaient changer de modalité de traitement entre des injections hebdomadaires et des injections mensuelles de Buvidal et entre différentes doses (8 mg à 32 mg pour Buvidal hebdomadaire et 64 mg à 160 mg pour Buvidal mensuel), selon l’avis clinique du médecin. Pour les patients traités auparavant par la buprénorphine sublinguale, la valeur initiale du pourcentage de patients ayant des échantillons urinaires négatifs aux opioïdes illicites était de 78,8 % et de 84,0 % à la fin de la période de traitement de 48 semaines. Pour les patients naïfs de traitement, la valeur initiale dupourcentage de patients ayant des échantillons urinaires négatifs aux opioïdes illicites était de 0,0 % et de 63,0 % à la fin de la période de traitement de 48 semaines. Dans l’ensemble des groupes, 156 patients (68,7 %) ont achevé la période de traitement de 48 semaines.
5.2Propriétés pharmacocinétiques
Buvidal mensuel
Absorption
Après injection, la concentration plasmatique de buprénorphine augmente avec un délai médian pour atteindre la concentration plasmatique maximale (tmax) de 6 à 10 heures. Buvidal a une biodisponibilité absolue complète. L’exposition à l’état d’équilibre est atteinte à la quatrième dose mensuelle.
On observe des augmentations de l’exposition globale proportionnelles à la dose dans la fourchette de 64 mg à 160 mg.
Distribution
Le volume de distribution apparent de la buprénorphine est d’environ 1900 l. La buprénorphine se lie aux protéines à environ 96 %, principalement aux globulines alpha et bêta.
Biotransformation et élimination
La buprénorphine est métabolisée par oxydation par 14-N-désalkylation en N-désalkyl-buprénorphine (également appelée norbuprénorphine) via le cytochrome P450 CYP3A4 et par glucuronoconjugaison de la molécule parente et du métabolite désalkylé. La norbuprénorphine est un agoniste opioïde μ ayant une faible activité intrinsèque.
L’administration sous-cutanée de Buvidal donne des concentrations plasmatiques du métabolite norbuprénorphine significativement plus basses que l’administration de buprénorphine sublinguale, du fait que le métabolisme du premier passage hépatique a été évité.
L’élimination de la buprénorphine de Buvidal est limitée par la vitesse de libération, avec une demi-vie terminale allant de 19 à 25 jours.
La buprénorphine est principalement éliminée dans les selles par excrétion biliaire des métabolites glucuronoconjugués (70 %), le reste étant éliminé dans l’urine. La clairance totale de buprénorphine est d’environ 68 l/h.
Populations particulières
Personnes âgées Aucune donnée pharmacocinétique chez les patients âgés (> 65 ans) n’est disponible.
Insuffisance rénale L’élimination rénale joue un rôle relativement faible (≈30 %) dans l’ensemble de la clairance de la buprénorphine. Aucune modification de la posologie basée sur la fonction rénale n’est requise, mais la prudence est recommandée lors de l’administration du produit à des patients présentant une insuffisance rénale sévère (voir rubriques 4.2 et 4.4).
Insuffisance hépatique Le Tableau 4 résume les résultats d’une étude clinique dans laquelle l’exposition à la buprénorphine a été déterminée après l’administration de buprénorphine/naloxone à 2,0/0,5 mg en comprimé sublingual, chez des sujets sains et chez les sujets atteints de divers degrés d’insuffisance hépatique.
Tableau 4. Effet de l’insuffisance hépatique (variation par rapport aux sujets sains) sur les paramètres pharmacocinétiques de la buprénorphine après administration sublinguale de buprénorphine/naloxone (2,0/0,5 mg) à des sujets sains et à des sujets atteints de divers degrés d’insuffisance hépatique
Paramètre Insuffisance hépatique Insuffisance Insuffisance pharmacocinétique légère hépatique modéré hépatique sévère
(Child-Pugh de Classe A) (Child-Pugh (Child-Pugh de
(n=9) de Classe B) classe C)
(n=8) (n=8)
Buprénorphine
Cmax Augmentation de 1,2 fois Augmentation de Augmentation de
1,1 fois 1,7 fois
ASC définie Identique à la valeur de Augmentation de Augmentation de
contrôle 1,6 fois 2,8 fois
Globalement, l’exposition plasmatique à la buprénorphine a été multipliée par environ 3 chez les sujets ayant une insuffisance hépatique sévère (voir rubriques 4.2, 4.3 et 4.4).
Population pédiatrique Aucune donnée pharmacocinétique n’est disponible chez les patients pédiatriques (ayant moins de 18 ans). Les données de simulation d’exposition à la buprénorphine chez des adolescents âgés de 16 ans montrent une Cmax et une ASC plus faibles que les valeurs observées chez l’adulte avec Buvidal hebdomadaire et mensuel.
5.3Données de sécurité préclinique
La toxicité aiguë de la buprénorphine a été déterminée chez la souris et le rat après une administration orale et parentérale (intraveineuse, intrapéritonéale). Les effets indésirables étaient basés sur l’activité pharmacologique connue de la buprénorphine.
La buprénorphine a montré une faible toxicité tissulaire et biologique chez des chiens qui ont reçu le produit par voie sous-cutanée pendant un mois, chez des macaques rhésus qui l’ont reçu par voie orale pendant un mois et chez des rats et des babouins qui l’ont reçu par voie intramusculaire pendant six mois.
Des études de tératologie et de toxicité sur la reproduction menées chez le rat et le lapin en administration intramusculaire ont conclu que la buprénorphine n’est pas embryotoxique et n’a pas d’effet sensible sur le potentiel de sevrage de la progéniture. Chez le rat, aucun effet indésirable n’a été observé sur la fertilité de la fonction reproductrice générale. Des études de toxicité chronique chez le rat et le chien de l’excipient utilisé pour Buvidal n’ont révélé aucun risque particulier pour l’homme.
6Données pharmaceutiques
6.1Liste des excipients
Phosphatidylcholine de soja Dioléate de glycérol N-méthylpyrrolidone
6.2Incompatibilités
Ce médicament ne doit pas être mélangé avec d’autres médicaments.
6.4Précautions particulières de conservation
Ne pas mettre au réfrigérateur. Ne pas congeler
6.5Nature et contenu de l'emballage extérieur
Une seringue préremplie d’1 ml (verre de type I) avec bouchon de piston (caoutchouc bromobutyle revêtu de fluoropolymère) avec aiguille (½ pouce, 23 G, 12 mm) et protège-aiguille (caoutchouc styrène-
butadiène). La seringue préremplie est assemblée dans un dispositif de sécurité en prévention des piqûres d’aiguille post-injection. Le protège-aiguille de la seringue sécurisée peut contenir du latex.
Présentation :
La boîte contient 1 seringue préremplie avec un bouchon, une aiguille, un protège-aiguille, un dispositif de sécurité et 1 tige de piston.
6.6Précautions particulières d’élimination et manipulation
Informations importantes
- L’administration doit se faire dans le tissu sous-cutané.
- Toute administration intravasculaire, intramusculaire et intradermique doit être évitée.
- Le produit ne doit pas être utilisé si la seringue sécurisée est cassée ou si l’emballage est endommagé.
- Le protège-aiguille de la seringue peut contenir du latex qui peut provoquer des réactions allergiques chez les personnes sensibles au latex.
- Manipuler la seringue sécurisée avec précaution afin d’éviter toute piqûre accidentelle. La seringue sécurisée comprend un dispositif de sécurité de protection de l’aiguille, qui s’active à la fin de l’injection. Ne pas retirer le bouchon de la seringue sécurisée tant que vous n’êtes pas prêt à réaliser l’injection. Une fois le bouchon retiré, n’essayez jamais de le replacer sur l’aiguille.
- Jeter la seringue sécurisée usagée immédiatement après utilisation. Ne pas réutiliser la seringue sécurisée.
Pour des instructions d'utilisation complètes, veuillez vous reporter à la notice.
7Titulaire de l'autorisation de mise sur le marché
Camurus AB Rydbergs torg 4 SE-224 84 Lund Suède medicalinfo@camurus.com
8Numéro(s) d'autorisation de mise sur le marché
Buvidal solution injectable à libération prolongée (mensuelle) EU/1/18/1336/005 [64 mg de buprénorphine/0,18 ml] EU/1/18/1336/006 [96 mg de buprénorphine/0,27 ml] EU/1/18/1336/007 [128 mg de buprénorphine/0,36 ml] EU/1/18/1336/009 [160 mg de buprénorphine/0,45 ml]
9DATE DE PREMIÈRE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE
L’AUTORISATION
Date de première autorisation: 20 novembre 2018 Date du dernier renouvellement: 26 juillet 2023
10Date de mise à jour du texte
Des informations détaillées sur ce médicament sont disponibles sur le site Internet de l’Agence européenne des médicaments http://www.ema.europa.eu.