1Dénomination du médicament
CAMCEVI 42 mg suspension injectable à libération prolongée
2Composition qualitative et quantitative
Chaque seringue préremplie de suspension injectable à libération prolongée contient une quantité de mésylate de leuproréline équivalente à 42 mg de leuproréline.
Pour la liste complète des excipients, voir la rubrique 6.1.
3Forme pharmaceutique
Suspension injectable à libération prolongée.
Seringue préremplie d’une suspension de couleur blanc cassé à jaune pâle, visqueuse et opalescente.
4Informations cliniques
4.1Indications thérapeutiques
CAMCEVI est indiqué pour le traitement du cancer de la prostate hormono-dépendant à un stade avancé et en association avec la radiothérapie dans le traitement du cancer de la prostate localisé à haut risque et localement avancé hormono-dépendant.
4.2Posologie et mode d'administration
Posologie
Patients adultes atteints d’un cancer de la prostate
CAMCEVI doit être administré sous la responsabilité d’un professionnel de santé qui possède l’expertise appropriée pour la surveillance de la réponse au traitement.
CAMCEVI 42 mg est administré en injection sous-cutanée unique tous les six mois. La suspension injectée forme un dépôt de médicament solide et offre une libération continue de leuproréline sur une période de six mois.
En principe, le traitement du cancer de la prostate avancé avec la leuproréline fait intervenir un traitement au long cours qui ne doit pas être interrompu lorsqu’une rémission ou une amélioration se produit.
La leuproréline peut être utilisée comme traitement néoadjuvant ou adjuvant en association avec la radiothérapie dans le cancer de la prostate localisé à haut risque et localement avancé.
La réponse au traitement par leuproréline sera surveillée en évaluant les paramètres cliniques et en mesurant les taux sériques d’antigène prostatique spécifique (PSA). Les études cliniques ont montré que les taux de testostérone augmentaient pendant les 3 premiers jours du traitement chez la majorité des patients n’ayant pas subi d’orchidectomie, puis qu’ils diminuaient en 3 à 4 semaines jusqu’à des valeurs inférieures au seuil de castration médicale. Une fois atteintes, les valeurs correspondant à la castration ont été maintenues tant que le traitement par leuprolide a été poursuivi (< 1 % de pics de testostérone). Si la réponse du patient semble être sous-optimale,
il faudra confirmer que la testostéronémie a atteint les valeurs correspondant à la castration ou qu’elle s’est maintenue à ce niveau.
Chez les patients atteints d’un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration n’ayant pas subi de castration chirurgicale et recevant un agoniste de l’hormone de libération de gonadotrophines (GnRH), tel que la leuproréline, et qui sont susceptibles de recevoir un traitement par des inhibiteurs de la biosynthèse des androgènes ou par des inhibiteurs des récepteurs aux androgènes, le traitement par un agoniste de la GnRH peut être poursuivi.
Populations particulières
Insuffisance rénale/hépatique Aucune étude clinique n’a été menée chez des patients atteints d’insuffisance rénale ou hépatique.
Population pédiatrique La sécurité d’emploi et l’efficacité de la leuproréline n’ont pas été déterminées chez les enfants âgés de 0 à 18 ans (voir également rubrique 4.3). Aucune donnée n’est disponible.
Mode d’administration
CAMCEVI doit être administré par voie sous-cutanée exclusivement par des professionnels de santé qui sont familiarisés avec ces procédures. Pour des instructions sur l’administration du médicament, voir la rubrique 6.6.
L’injection intra-artérielle ou intraveineuse doit être strictement évitée.
Comme avec les autres médicaments administrés par injection sous-cutanée, le site d’injection doit être régulièrement changé.
4.3Contre-indications
CAMCEVI est contre-indiqué chez les femmes et dans la population pédiatrique.
Hypersensibilité à la substance active, à d’autres agonistes de la GnRH ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.
Patients ayant subi précédemment une orchidectomie (comme les autres agonistes de la GnRH, la leuproréline n’entraîne pas de diminution supplémentaire des taux sériques de testostérone en cas de castration chirurgicale).
En tant que traitement unique chez les patients atteints d’un cancer de la prostate qui présentent une compression de la moelle épinière ou des signes de métastases vertébrales (voir également rubrique 4.4).
4.4Mises en garde spéciales et précautions d'emploi
Le traitement de suppression androgénique est susceptible d’allonger l’intervalle QT
Chez les patients ayant des antécédents ou des facteurs de risque d’allongement du QT et chez les patients recevant un traitement concomitant par des médicaments susceptibles d’allonger l’intervalle QT (voir rubrique 4.5), avant d’instaurer le traitement par leuproréline, le médecin doit évaluer le rapport bénéfice-risque, notamment la possibilité de survenue de Torsades de pointe. Une surveillance périodique des électrocardiogrammes et des taux d’électrolytes doit être envisagée.
Maladies cardiovasculaires
Un risque accru de développer un infarctus du myocarde, de mort cardiaque subite et d’accident vasculaire cérébral a été rapporté en association à l’utilisation des agonistes de la GnRH chez les hommes. Ce risque semble être faible sur la base des odds ratios rapportés, et il doit être soigneusement évalué avec les facteurs de risque cardiovasculaires au moment de la détermination d’un traitement pour les patients atteints d’un cancer de la prostate. Les patients recevant des agonistes de la GnRH doivent faire l’objet d’une surveillance visant à déceler les symptômes et signes suggérant l’apparition d’une maladie cardiovasculaire et être pris en charge conformément à la pratique clinique en vigueur.
Augmentation transitoire du taux de testostérone
La leuproréline, comme les autres agonistes de la GnRH, entraîne une augmentation transitoire des concentrations sériques de testostérone, de dihydrotestostérone et de phosphatase acide pendant la première semaine de traitement. Les patients peuvent présenter une aggravation de leurs symptômes ou l’apparition de nouveaux symptômes, notamment des douleurs osseuses, une neuropathie, une hématurie, ou une obstruction urétérale ou vésicale (voir rubrique 4.8). Ces symptômes régressent généralement au cours du traitement.
L'administration supplémentaire d’un anti-androgène approprié doit être envisagée 3 jours avant l’instauration du traitement par leuproréline et poursuivie pendant les deux à trois premières semaines du traitement. Ce traitement s’est révélé prévenir les séquelles d’une augmentation initiale de la testostéronémie.
Suite à une castration chirurgicale, la leuproréline n’entraîne pas de diminution supplémentaire des taux sériques de testostérone chez les hommes.
Densité osseuse
Une diminution de la densité osseuse a été rapportée dans la littérature médicale chez des hommes ayant subi une orchidectomie ou ayant été traités par des agonistes de la GnRH (voir rubrique 4.8).
Le traitement par anti-androgène augmente significativement le risque de fractures liées à l’ostéoporose. Les données disponibles à ce sujet sont limitées. Des fractures liées à l’ostéoporose ont été constatées chez 5 % des patients après 22 mois d’un traitement de suppression androgénique pharmacologique et chez 4% des patients après 5 à 10 ans de traitement. Le risque de fractures liées à l’ostéoporose est généralement plus élevé que le risque de fractures pathologiques.
En plus du déficit prolongé en testostérone, le vieillissement, le tabagisme et la consommation de boissons alcoolisées, l’obésité et le manque d’exercice physique sont susceptibles d’avoir une influence sur l’apparition de l’ostéoporose.
Apoplexie pituitaire
Au cours de la surveillance post-commercialisation, de rares cas d’apoplexie pituitaire (un syndrome clinique secondaire à un infarctus de la glande pituitaire) ont été rapportés après l’administration d’agonistes de la GnRH, la majorité de ces cas survenant dans les 2 semaines suivant l’administration de la première dose, et certains dans la première heure suivant l'administration. Dans ces cas, l’apoplexie pituitaire s’est manifestée par des céphalées soudaines, des vomissements, des troubles visuels, une ophtalmoplégie, une altération de l’état mental, et parfois un collapsus cardiovasculaire. Ces cas nécessitent une attention médicale immédiate.
Modifications métaboliques
Une hyperglycémie et un risque accru d’apparition d’un diabète ont été rapportés chez des hommes recevant des agonistes de la GnRH. L’hyperglycémie est susceptible d’être liée à l’apparition d’un diabète sucré ou à la dégradation du contrôle glycémique chez les patients diabétiques. La glycémie et/ou le taux d’hémoglobine glycosylée (HbA1c) doivent être surveillés périodiquement chez les patients recevant un agoniste de la GnRH, et ces derniers doivent être pris en charge en suivant les pratiques en vigueur en ce qui concerne le traitement de l’hyperglycémie ou du diabète. Les modifications métaboliques liées aux agonistes de la GnRH peuvent également inclure la stéatose hépatique.
Convulsions
Des cas de convulsions ont été rapportés après la commercialisation du produit chez des patients sous leuproréline avec ou sans antécédents de facteurs prédisposants (voir rubrique 4.8). Les convulsions doivent être prises en charge conformément à la pratique clinique en vigueur.
Hypertension intracrânienne idiopathique
Des cas d’hypertension intracrânienne idiopathique (pseudo-tumeur cérébrale) ont été rapportés chez des patients recevant de la leuproréline. Les patients doivent être avertis de la possibilité de signes et symptômes d’hypertension intracrânienne idiopathique, notamment des céphalées sévères ou récurrentes, de troubles visuels et d’acouphènes. En présence d’une hypertension intracrânienne idiopathique, l’interruption du traitement par leuproréline doit être envisagée.
Réactions indésirables cutanées sévères
Des réactions indésirables cutanées sévères (SCAR), dont le syndrome de Stevens-Johnson (SSJ), et la nécrolyse épidermique toxique (NET, ou syndrome de Lyell), qui peuvent engager le pronostic vital ou être fatals, ont été rapportés en association avec le traitement par leuproréline. Au moment de la prescription, les patients doivent être informés des signes et symptômes et surveillés étroitement en cas de réactions cutanées graves. En cas d’apparition de signes et symptômes évocateurs de ces réactions, le traitement par leuproréline doit être arrêté immédiatement et un autre traitement doit être envisagé (le cas échéant).
Autres événements
Des cas d’obstruction urétérale et de compression de la moelle épinière, susceptible de contribuer à une paralysie, avec ou sans complications fatales, ont été rapportés avec les agonistes de la GnRH. En cas d’apparition d’une compression de la moelle épinière ou d’une insuffisance rénale, un traitement standard de ces complications doit être instauré.
Les patients présentant des métastases vertébrales et/ou cérébrales, ainsi que les patients présentant une obstruction des voies urinaires doivent faire l’objet d’une surveillance attentive pendant les premières semaines de traitement.
4.5Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions
Il n’a pas été mené d’études pharmacocinétiques d’interaction médicamenteuse. Aucun cas d’interactions de la leuproréline avec d’autres médicaments n’a été rapporté.
Le traitement de suppression androgénique étant susceptible d’allonger l’intervalle QT, l’utilisation concomitante de leuproréline avec des médicaments connus pour allonger l’intervalle QT ou des médicaments susceptibles d’induire une Torsade de pointes tels que les médicaments antiarythmiques de classe IA (par ex., quinidine, disopyramide) ou de classe III (par ex., amiodarone, sotalol, dofétilide, ibutilide), la méthadone, la moxifloxacine, les antipsychotiques, etc. doit être évaluée avec précaution (voir rubrique 4.4).
4.6Fertilité, grossesse et allaitement
CAMCEVI est contre-indiqué chez les femmes.
Les résultats des études menées chez l’animal et le mécanisme d’action permettent de conclure que la leuproréline est susceptible de réduire la fertilité chez les hommes en âge de procréer (voir rubrique 5.3).
4.7Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
Les médicaments à base de leuproréline ont une influence mineure sur l’aptitude à conduire un véhicule et à utiliser des machines. L’administration de ce médicament peut occasionner de la fatigue, des étourdissements et des troubles visuels (voir rubrique 4.8). Il doit être conseillé aux patients de s’abstenir de conduire un véhicule ou d’utiliser des machines s’ils ressentent ces effets indésirables.
4.8Effets indésirables
Résumé du profil de tolérance
Les effets indésirables constatés avec les médicaments à base de leuproréline sont essentiellement liés à l’action pharmacologique spécifique de la leuproréline, autrement dit à des augmentations et à des diminutions des taux de certaines hormones. Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés sont les bouffées de chaleur, les nausées, les malaises et la fatigue, ainsi qu’une irritation transitoire au site d’injection. Des bouffées de chaleur d’intensité légère à modérée surviennent chez environ 58 % des patients.
Tableau des effets indésirables
Les effets indésirables suivants ont été rapportés lors des études cliniques avec des médicaments injectables à base de leuproréline chez des patients atteints d’un cancer avancé de la prostate. Les effets indésirables sont classés de la manière suivante en fonction de leur fréquence : très fréquent (≥ 1/10), fréquent (≥ 1/100, <1/10), peu fréquent (≥ 1/1 000, < 1/100), rare (≥ 1/10 000, < 1/1 000) et très rare (< 1/10 000), fréquence indéterminée (ne peut pas être estimée à partir des données disponibles).
Tableau 1 : Effets indésirables rapportés pour les médicaments injectables à base de leuproréline Infections et infestations
fréquent rhinopharyngite peu fréquent infection des voies urinaires, infection cutanée locale
Affections hématologiques et du système lymphatique
fréquent changements hématologiques, anémie Troubles du métabolisme et de la nutrition
peu fréquent aggravation du diabète sucré Affections psychiatriques
peu fréquent rêves anormaux, dépression, diminution de la libido Affections du système nerveux
peu fréquent Sensation vertigineuse, céphalées, hypoesthésie, insomnie, dysgueusie, troubles de l’odorat, vertiges
rare mouvements involontaires anormaux fréquence indeterminée hypertension intracrânienne idiopathique (pseudo-
tumeur cérébrale) (voir rubrique 4.4). Affections cardiaques
peu fréquent allongement du QT (voir rubriques 4.4 et 4.5), infarctus du myocarde (voir rubrique 4.4.) Affections vasculaires
très fréquent bouffées de chaleur peu fréquent hypertension, hypotension rare syncope, collapsus
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales
peu fréquent rhinorrhée, dyspnée fréquence indéterminée pneumopathie interstitielle
Affections gastro-intestinales
fréquent nausées, diarrhées, gastroentérite/colite peu fréquent constipation, sécheresse buccale, dyspepsie,
vomissements
rare flatulence, éructation Affections de la peau et du tissu sous-cutané
très fréquent ecchymoses, érythème fréquent prurit, sueurs nocturnes peu fréquent sueur froide, hypersudation rare alopécie, éruption cutanée fréquence indéterminée syndrome de Stevens-Johnson (SSJ) /nécrolyse
épidermique toxique (NET ou syndrome de Lyell) (voir rubrique 4.4) éruption cutanée toxique érythème polymorphe Affections musculo- squelettiques et systémiques
fréquent arthralgie, douleurs dans les membres, myalgie, rigidité musculaire, faiblesse
peu fréquent douleurs dorsales, crampes musculaires Affections du rein et des voies urinaires
fréquent fréquence de miction diminuée, difficulté de miction, dysurie, nocturie, oligurie
peu fréquent spasmes de la vessie, hématurie, fréquence de miction augmentée, rétention urinaire Affections des organes de reproduction et du sein
fréquent sensibilité mammaire, atrophie testiculaire, douleur testiculaire, stérilité, hypertrophie mammaire, dysfonctionnement érectile, diminution de la taille du pénis
peu fréquent gynécomastie, impuissance, troubles testiculaires rare douleur mammaire
Troubles généraux et anomalies au site d’administration
très fréquent fatigue, brûlure au site d’injection, paresthésie au site d’injection
fréquent malaise, douleur au site d’injection, ecchymose au site d’injection, picotements au site d’injection
peu fréquent prurit au site d’injection, induration au site d’injection, léthargie, douleur, fièvre
rare ulcération au site d’injection très rare nécrose au site d’injection
Investigations
fréquent augmentation de la créatinine phosphokinase sanguine, allongement du temps de coagulation
peu fréquent élévation de l’alanine aminotransférase, hypertriglycéridémie, allongement du temps de prothrombine, prise de poids
Description de certains effets indésirables
Les autres effets indésirables généralement rapportés avec le traitement par leuproréline incluent notamment : œdème périphérique, embolie pulmonaire, palpitations, myalgie, une altération de la sensation cutanée, faiblesse musculaire, frissons, éruption cutanée, amnésie, et troubles de la vision. Une atrophie musculaire a été constatée avec l’utilisation au long cours de médicaments appartenant à cette classe. Un infarctus d’un adénome pituitaire préexistant a été rapporté dans de rares cas après administration d’agonistes de la GnRH à courte et à longue durée d’action. De rares cas de thrombocytopénie et de leucopénie ont été rapportés. Des modifications de la tolérance au glucose ont été rapportées.
Des convulsions ont été rapportées après administration d’un analogue/agoniste de la GnRH (voir rubrique 4.4).
Les effets indésirables localisés rapportés après une injection de médicaments à base de leuproréline sont semblables à ceux associés à des médicaments similaires injectés par voie sous-cutanée. Généralement, ces effets indésirables localisés après une injection sous-cutanée sont d’intensité légère et sont décrits comme étant de courte durée.
Des réactions anaphylactiques/anaphylactoïdes ont été rapportées dans de rares cas après administration d’analogues d’agonistes de la GnRH.
Variations de la densité osseuse
Une diminution de la densité osseuse a été rapportée dans la littérature médicale chez des hommes ayant subi une orchidectomie ou ceux traités par un analogue de la GnRH. Il est probable qu’un traitement à long terme par leuproréline révèle des signes d’aggravation d’ostéoporose. Pour des informations sur le risque de fracture d’origine ostéoporotique, voir rubrique 4.4.
Exacerbation des signes et symptômes de la maladie
Le traitement par leuproréline peut entraîner une exacerbation des signes et des symptômes de la maladie au cours des premières semaines de traitement. Une aggravation des affections comme des métastases vertébrales et/ou une obstruction urinaire ou une hématurie peuvent entraîner des troubles neurologiques tels que faiblesse et/ou paresthésie des membres inférieurs ou une aggravation des symptômes urinaires.
Expérience clinique concernant la tolérance cutanée locale avec CAMCEVI
La tolérance cutanée locale de CAMCEVI a été évaluée lors de l’étude principale FP01C-13- 001 selon quatre aspects : démangeaisons, érythème, sensation de brûlure, et sensation de picotements. Parmi les 137 patients ayant reçu des injections sous-cutanées CAMCEVI, la plupart n'a présenté aucune irritation cutanée ou qu’une légère irritation cutanée après l’injection. De façon générale, les événements localisés rapportés étaient d’intensité légère à modérée et résolutifs.
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration – voir Annexe V.
4.9Surdosage
La leuproréline ne présente aucun potentiel d’abus et un surdosage délibéré est peu probable. Aucun cas d’abus ou de surdosage n’a été rapporté en pratique clinique avec la leuproréline; en cas de surdosage, il est recommandé de mettre le patient en observation et d’administrer un traitement de soutien symptomatique.
5Propriétés pharmacologiques
5.1Propriétés pharmacodynamiques
Classe pharmacothérapeutique : Thérapeutique endocrine, analogues de l’hormone de libération des gonadotrophines ; code ATC : L02AE02
Mécanisme d’action
Le mésylate de leuproréline est un agoniste nonapeptidique artificiel de la GnRH naturelle qui, lorsqu’il est administré de façon continue, inhibe la sécrétion des gonadotrophines pituitaires et supprime la stéroïdogenèse testiculaire chez les hommes Cet effet est réversible après interruption du traitement médicamenteux. Toutefois, l’action de l’agoniste est plus puissant que l’hormone naturelle et le temps nécessaire pour restaurer les taux de testostérone peut varier selon les patients.
Effets pharmacodynamiques
L’administration de leuproréline entraîne une augmentation initiale des taux circulants d’hormone lutéinisante (LH) et d’hormone folliculo-stimulante (FSH), responsable d’une augmentation transitoire des taux de stéroïdes gonadiques, de testostérone et de dihydrotestostérone chez les hommes. L’administration continue de leuproréline entraîne une diminution des taux de LH et de FSH. Chez les hommes, le taux de testostérone tombe en dessous du seuil de castration (≤ 50 ng/dL).
Après administration de la première dose de leuproréline, les concentrations sériques moyennes de testostérone augmentent de façon transitoire, puis elles chutent en dessous du seuil de castration (≤ 50 ng/dL) dans un délai de 3-4 semaines, puis elles se maintiennent en dessous du seuil de castration avec une administration semestrielle du médicament (Figure 1 ci-dessous). Des études au long cours de la leuproréline ont montré que la poursuite du traitement maintient le taux de testostérone en dessous du seuil de castration pendant une période pouvant aller jusqu’à sept ans, et probablement, indéfiniment.
La taille de la tumeur n’a pas été mesurée directement au cours du programme d’étude clinique, mais une réponse tumorale bénéfique indirecte a été constatée, démontrée par une réduction de 97 % du taux moyen de PSA pour la leuproréline.
Une étude clinique randomisée de phase III a été menée chez 970 patients atteints d’un cancer de la prostate localement avancé (essentiellement de stades T2c-T4 avec certains patients atteints d’un cancer de stade T1c à T2b avec atteinte des ganglions régionaux) en vue de comparer une radiothérapie associée à un traitement de suppression androgénique de courte durée (6 mois) à un traitement au long cours (3 ans). Les patients ont été randomisée selon un
ratio 1 : 1, 483 patients dans le bras de traitement de courte durée et 487 dans le bras de traitement de longue durée. Une analyse de non-infériorité a comparé l’hormonothérapie concomitante et adjuvante par un agoniste de la GnRH (triptoréline ou gosoréline) de courte durée au traitement de longue durée. La mortalité globale à 5 ans était 19,0 % avec le traitement de courte durée et de 15,2 % avec le traitement de longue durée. Le hazard ratio (HR) observé de 1,42 avec la limite supérieure de l’IC à 95,71 % unilatéral de 1,79, ou avec l’IC à 95,71 % bilatéral de 1,09 à 1,85 (p = 0,65 pour la non-infériorité), montre que l’association radiothérapie plus 6 mois de traitement de suppression androgénique offre un taux de survie inférieur à celui obtenue avec l’association radiothérapie plus 3 ans de traitement de suppression androgénique. La survie globale à 5 ans est de 84,8 % avec le traitement de longue durée et de 81,0 % avec le traitement de courte durée. La qualité de vie globale évaluée au moyen du questionnaire QLQ -C30 n’était pas significativement différente entre les deux groupes (p = 0,37). Les résultats sont dominés par la population de patients présentant des tumeurs localement avancées.
Les données étayant l’indication de cancer de la prostate localisé à haut risque sont fondées sur différentes études publiées portant sur l’association de la radiothérapie et d’analogues de la GnRH, dont la leuproréline. Les données cliniques de cinq études publiées ont été analysées (EORTC 22863, RTOG 85-31, RTOG 92-02, RTOG 8610, et D’Amico et col., JAMA, 2004) et montrent toutes un bénéfice avec l’association d’analogues de la GnRH et de la radiothérapie. Il n’était pas possible de différencier clairement les populations respectives pour les indications de cancer de la prostate localement avancé et de cancer de la prostate localisé à haut risque dans les études publiées.
Les données cliniques ont montré que la radiothérapie suivie de 3 ans de traitement de suppression androgénique est préférable à la radiothérapie suivie de 6 mois de traitement de suppression androgénique. La durée du traitement de suppression androgénique préconisée dans les recommandations médicales pour les patients présentant une maladie de stade T3-T4 recevant une radiothérapie est de 2 à 3 ans.
Expérience clinique sur l’efficacité avec CAMCEVI
Une étude de phase 3 multicentrique, à bras unique, en ouvert, de 48 semaines a été menée avec la leuproréline chez 137 patients du sexe masculin qui présentaient un cancer de la prostate localisé à haut risque et localement avancé et qui avaient besoin d’un traitement de suppression androgénique. L’efficacité du médicament (deux doses administrées à 24 semaines d’intervalle) a été évaluée par : le pourcentage de patients présentant des concentrations sériques de testostérone équivalentes au seuil de castration; par l’effet sur les taux sériques de LH comme mesure de contrôle du taux de testostérone ; par l’effet sur les taux sériques de PSA. Le pourcentage de patients présentant une testostéronémie inférieure au seuil de castration (≤ 50 ng/dL) au jour 28 était respectivement de 98,5 % (135 patients sur 137 ; intention-de- traiter) et de 99,2 % (123 patients sur 124 ; traités selon le protocole) (Figure 1).
Figure 1 : Testostéronémie moyenne en fonction du temps avec CAMCEVI (n = 124 ; population traitée selon le protocole))
Testostérone sérique (ng/dL)
Jours
La ligne en pointillés désigne le seuil de castration (50 ng/dL) de la testostéronémie.
Les taux sériques moyens de LH ont été significativement réduits après la première injection, et cet effet a persisté jusqu’à la fin de l’étude (diminution de 98 % par rapport aux valeurs initiales [jour 336]). La taille de la tumeur n’a pas été directement mesurée dans cette étude, mais une réponse tumorale bénéfique indirecte peut être supposée pour la leuproréline comme le montre une réduction significative des taux moyens de PSA dans le temps après l’injection du médicament (la moyenne de 70 ng/mL à l’inclusion a diminué jusqu’à un taux moyen minimum de 2,6 ng/mL [population traitée selon le protocole] au jour 168.
Population pédiatrique
L’Agence européenne des médicaments a accordé une dérogation à l’obligation de soumettre les résultats d’études réalisées avec le médicament de référence à base de leuproréline dans tous les sous-groupes de la population pédiatrique dans le cancer de la prostate (voir rubrique 4.2 pour les informations relatives à l’usage pédiatrique).
5.2Propriétés pharmacocinétiques
Absorption
Après l’administration de la première et de la deuxième dose de leuproréline, une augmentation rapide initiale de la concentration sérique de leuproréline a été constatée, suivie d’une diminution rapide au cours des 3 premiers jours après l’administration. Après une phase initiale de « concentration maximale » caractérisée par des concentrations sériques moyennes de leuproréline de respectivement 99,7 et 93,7 ng/mL, environ 3,7 et 3,8 heures après l’administration, les taux sériques de leuproréline se sont restés relativement constants sur chaque intervalle de 24 semaines entre les administrations. La leuproréline était libérée en continu au troisième jour après l’administration, avec des concentrations sériques à l’état d’équilibre (phase en « plateau ») pendant tout l’intervalle de 24 semaines (6 mois environ)
entre les administrations (concentration moyenne : 0,37 à 2,97 ng/mL). Rien ne suggère une accumulation significative lors d’administrations répétées de leuproréline à intervalles de 24 semaines.
L’augmentation rapide initiale des concentrations de leuproréline après l’administration de CAMCEVI sont suivies d’une chute rapide pour atteindre les concentrations à l’état d’équilibre.
Les profils pharmacocinétique/pharmacodynamique (en fonction des taux sériques de testostérone) de la leuproréline comparés au taux sérique de testostérone observé après l’injection initiale de CAMCEVI (première dose) et à 24 semaines (deuxième dose) sont présentés à la Figure 2 (étude FP01C-13-001 ; Partie II).
Figure 2: Réponse pharmacocinétique/pharmacodynamique au traitement par CAMCEVI
CONCENTRATION (ng/mL) Leuproréline Testostérone
TEMPS (jours)
Distribution
Le volume de distribution de la leuproréline à l’état d’équilibre après l’administration d’un bolus intraveineux à des volontaires sains du sexe masculin était de 27 litres. In-vitro, La liaison aux protéines plasmatiques humaines allait de 43 % à 49 %.
Biotransformation
Aucune étude de biotransformation n’a été menée avec le leuproréline.
Élimination
L’administration d’un bolus intraveineux de 1 mg de leuproréline à des volontaires sains du sexe masculin a révélé que la clairance systémique moyenne était de 8,34 L/h, avec une demi- vie d’élimination terminale d’environ 3 heures selon un modèle bicompartimental.
Il n’a pas été mené d’études d’excrétion avec la leuproréline.
5.3Données de sécurité préclinique
Les études précliniques avec la leuproréline ont révélé des effets sur les organes de reproduction des deux sexes, auxquels on pouvait s’attendre d’après les propriétés pharmacologiques connues. Ces effets se sont avérés réversibles après l’arrêt du traitement et une période appropriée de rétablissement. La leuproréline n’a pas présenté de tératogénicité. Une
embryotoxicité/létalité a été observée chez le lapin, ce qui correspond aux effets pharmacologiques de la leuproréline sur les organes de reproduction.
Une hyperplasie et un adénome ont été observés dans la partie antérieure de la glande pituitaire de rats, ce qui correspond aux effets de la leuproréline en tant qu’agoniste de la GnRH.
Des études de cancérogenèse sur 24 mois ont été effectuées chez des rats et des souris. Chez le rat, une augmentation liée à la dose de l’apoplexie pituitaire a été constatée après administration sous-cutanée de doses de 0,6 à 4 mg/kg/jour. Cet effet n’a pas été observé chez la souris.
La leuproréline n’a pas été mutagène dans une série d’expériences in-vitro et in-vivo.
6Données pharmaceutiques
6.4Précautions particulières de conservation
À conserver au réfrigérateur (entre 2°C et 8°C). Conserver dans l’emballage extérieur d’origine à l’abri de la lumière.
6.5Nature et contenu de l'emballage extérieur
Une boîte contient : 1 seringue préremplie (en copolymère d’oléfine cyclique, dont l’embout est fermé au moyen d’un capuchon en élastomère bromobutyle gris, et munie d’un piston et d’ailettes), 1 aiguille de sécurité stérile (calibre 18 gauge, 5/8 pouce).
6.6Précautions particulières d’élimination et manipulation
Veuillez suivre les instructions indiquées afin de garantir une préparation correcte de CAMCEVI avant l’administration.
Important : Laisser CAMCEVI atteindre la température ambiante (15 °C à 25 °C) avant utilisation. Il est recommandé d’utiliser des gants pendant l’administration.
CAMCEVI contient :
une plaquette contenant une seringue préremplie stérile ; une aiguille de sécurité stérile.
Seringue préremplie assemblée :
Étape 1 – Préparer le médicament :
Laisser le produit atteindre la température ambiante et examiner le contenu
Sortir CAMCEVI du réfrigérateur.
Laisser CAMCEVI atteindre la température
ambiante (15 °C à 25 °C) avant utilisation. Cela prend environ 15 à 20 minutes.
Ouvrir la boîte sur un plan de travail plat, propre et sec et sortir la plaquette et le sachet. Sortir la seringue préremplie de CAMCEVI (A) de la plaquette. Sortir l’aiguille de sécurité (B) du sachet. Examiner tout le contenu de la boîte. Ne pas utiliser si des composants sont endommagés.
Vérifier la date de péremption sur la seringue. Ne pas utiliser si la date de péremption est dépassée.
Faire une inspection visuelle du médicament avant utilisation. La seringue préremplie doit contenir une suspension visqueuse et opalescente de couleur blanc cassé à jaune pâle. Ne pas utiliser si vous remarquez la présence de particules à l’intérieur du cylindre de la seringue.
Étape 2 – Assemblage de la seringue :
Fixer l’aiguille
Retirer le capuchon gris de la seringue (A).
Fixer l’aiguille (B) à l’extrémité de la
seringue (A) en poussant et en tournant dans le sens des aiguilles d’une montre d’environ trois quarts de tour jusqu’à ce que l’aiguille soit bien fixée. Ne pas serrer excessivement. Éliminer la seringue préremplie de CAMCEVI si elle est endommagée après avoir tourné excessivement l’aiguille.
Étape 3 – Procédure d’administration :
Préparer le site d’injection Choisir un site d’injection sur la partie haute ou moyenne de l’abdomen avec suffisamment de tissu cutané mou ou lâche qui n’a pas été récemment utilisé. Le site d’injection doit être régulièrement changé.
Nettoyer le site d’injection à l’aide d’un tampon imprégné d’alcool. Ne PAS pratiquer l’injection dans des zones de tissus sous-cutané musculeux ou fibreux ou à des endroits faisant l’objet de frottements ou de compression (c.-à-d. avec une ceinture ou la ceinture d’un vêtement).
Administrer le traitement Retirer le capuchon de l’aiguille (B). Pincer et maintenir la peau d’une main autour du site d’injection. Introduire l’aiguille à un angle de 90 °, puis, relâcher la peau pincée.
Injecter le contenu complet de la seringue en appuyant lentement et de façon constante sur le piston, puis retirer l’aiguille en maintenant l’angle de 90 ° utilisé pour l’introduction.
L’injection intra-artérielle ou intraveineuse doit être strictement évitée.
Étape 4 – Éliminer l’aiguille et la seringue préremplie :
Protection de l’aiguille Immédiatement après le retrait de l’aiguille, activer le système de sécurité à l’aide du doigt/du pouce ou
Activation par Activation par d’une surface plane et le pousser jusqu’à ce qu’il
le pouce une surface recouvre complètement la pointe de l’aiguille et se
verrouille en place.
Un « clic » audible et tactile assure la position verrouillée. Vérifiez que la gaine de sécurité est bien engagée. Après utilisation, placer la seringue usagée avec l’aiguille protégée dans un conteneur approprié pour objets tranchants.
Tout médicament non utilisé ou déchet doit être éliminé conformément à la réglementation en vigueur.
7Titulaire de l'autorisation de mise sur le marché
Accord Healthcare S.L.U. World Trade Center, Moll de Barcelona, s/n, Edifici Est 6ª planta, 08039, Barcelona Espagne
9DATE DE PREMIÈRE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE
L’AUTORISATION
Date de première autorisation : 24 mai 2022
10Date de mise à jour du texte
Des informations détaillées sur ce médicament sont disponibles sur le site internet de l’Agence européenne des médicaments http://www.ema.europa.eu.