1Dénomination du médicament
PHELINUN 50 mg, poudre et solvant pour solution à diluer pour perfusion PHELINUN 200 mg, poudre et solvant pour solution à diluer pour perfusion
2Composition qualitative et quantitative
PHELINUN 50 mg, poudre et solvant pour solution à diluer pour perfusion
Un flacon de poudre pour solution à diluer pour perfusion contient 50 mg de melphalan (sous forme de chlorhydrate de melphalan).
Après reconstitution avec 10 ml de solvant, la concentration finale de la solution est de 5 mg/ml.
Excipients à effet notoire
Une fois reconstitué, un flacon contient 0,68 mmol (15,63 mg) de sodium, 400 mg d’éthanol et 6,2 g de propylène glycol.
PHELINUN 200 mg, poudre et solvant pour solution à diluer pour perfusion
Un flacon de poudre pour solution à diluer pour perfusion contient 200 mg de melphalan (sous forme de chlorhydrate de melphalan).
Après reconstitution avec 40 ml de solvant, la concentration finale de la solution est de 5 mg/ml.
Excipients à effet notoire
Une fois reconstitué, un flacon contient 2,72 mmol (62,52 mg) de sodium, 1,6 g d’éthanol et 24,9 g de propylène glycol.
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.
3Forme pharmaceutique
Poudre et solvant pour solution à diluer pour perfusion
Poudre: poudre ou solide lyophilisé de couleur blanche à jaune pâle. Solvant: solution liquide claire et incolore.
Le pH de la solution reconstituée est compris entre 6,0 et 7,0 et l’osmolalité est de 75 mOsmol/kg.
4Informations cliniques
4.1Indications thérapeutiques
Une dose élevée de PHELINUN utilisée seule ou en association avec d’autres médicaments cytotoxiques et/ou une irradiation corporelle totale est indiquée dans le traitement des affections suivantes:
- myélome multiple;
- lymphome malin (lymphome hodgkinien, non hodgkinien);
- leucémie aiguë lymphoblastique et leucémie aiguë myéloblastique;
- neuroblastome infantile;
- cancer de l’ovaire;
- adénocarcinome mammaire.
PHELINUN en association avec d’autres médicaments cytotoxiques est indiqué comme traitement de conditionnement à intensité réduite (CIR) avant une allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (allo-GSCH) chez les adultes atteints d’hémopathies malignes.
PHELINUN en association avec d’autres médicaments cytotoxiques est indiqué comme traitement de conditionnement avant une allogreffe de cellules souches hématopoïétiques dans les hémopathies au sein de la population pédiatrique, à savoir:
- Traitement de conditionnement myéloablatif (MAC) en cas d’hémopathies malignes;
- Traitement CIR en cas d’hémopathies non malignes.
4.2Posologie et mode d'administration
L’administration de PHELINUN doit être supervisée par un médecin expérimenté dans l’utilisation de médicaments chimiothérapeutiques et dans le traitement de conditionnement préalable à une greffe de cellules souches hématopoïétiques.
Posologie
Adultes
Myélome multiple, lymphome malin (lymphome hodgkinien, non hodgkinien), leucémie aiguë lymphoblastique et leucémie aiguë myéloblastique, (LAL et LAM), cancer de l’ovaire et adénocarcinome mammaire à une dose élevée Le schéma posologique est le suivant: une dose entre 100 et 200 mg/m2 de surface corporelle (environ 2,5 à 5,0 mg/kg de poids corporel). La dose peut être répartie de manière égale sur 2 ou 3 jours consécutifs. La greffe autologue de cellules souches hématopoïétiques est nécessaire à la suite de doses supérieures à 140 mg/m2 de surface corporelle.
Hémopathies malignes avant l’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques La dose recommandée est de 140 mg/m2 en une seule perfusion quotidienne ou de 70 mg/m2 une fois par jour pendant deux jours consécutifs.
Population pédiatrique
Leucémie aiguë lymphoblastique et leucémie aiguë myéloblastique à une dose élevée Le schéma posologique est le suivant: une dose entre 100 et 200 mg/m2 de surface corporelle (environ 2,5 à 5,0 mg/kg de poids corporel). La dose peut être répartie de manière égale sur 2 ou 3 jours consécutifs. La greffe autologue de cellules souches hématopoïétiques est nécessaire à la suite de doses supérieures à 140 mg/m2 de surface corporelle.
Neuroblastome infantile La dose recommandée pour consolider une réponse obtenue avec un traitement conventionnel est une dose unique comprise entre 100 mg/m2 et 240 mg/m2 de surface corporelle (parfois répartie de manière égale sur 3 jours consécutifs) associée à une autogreffe de cellules souches hématopoïétiques. La perfusion est utilisée soit seule, soit en association avec la radiothérapie et/ou d’autres médicaments cytotoxiques.
Hémopathies avant l’allogreffe de cellules souches hématopoïétiques La dose recommandée est la suivante:
- hémopathies malignes: 140 mg/m2 en une seule perfusion quotidienne;
- hémopathies non malignes: 140 mg/m2 en une seule perfusion quotidienne ou 70 mg/m2 une fois par jour pendant deux jours consécutifs.
Complications thromboemboliques
Une thromboprophylaxie doit être administrée pendant au moins les 5 premiers mois du traitement, surtout chez les patients exposés à un risque de thrombose plus important. La décision de prendre des mesures antithrombotiques prophylactiques doit être prise après une évaluation minutieuse des risques sous-jacents de chaque patient (voir rubriques 4.4 et 4.8).
Populations spécifiques
Patients âgés Il n’y a pas de recommandation de dose pour l’administration de PHELINUN aux patients âgés. Cependant, des doses conventionnelles de melphalan sont fréquemment administrées aux patients âgés. L’expérience dans l’utilisation de fortes doses de melphalan chez les patients âgés est limitée. Il convient donc de s’assurer que l’indice de performance et le fonctionnement des organes sont adéquats avant d’utiliser des doses élevées de melphalan chez les patients âgés.
Insuffisance rénale La posologie doit être adaptée chez les patients atteints d’insuffisance rénale (voir rubrique 4.4). La clairance du melphalan, bien que variable, peut être réduite en cas d’insuffisance rénale. Le traitement à haute dose par melphalan avec sauvetage des cellules souches hématopoïétiques a été utilisé avec succès chez des patients dépendants de la dialyse et souffrant d’insuffisance rénale en phase terminale. Comme guide, pour un traitement à haute dose par le melphalan sans sauvetage des cellules souches hématopoïétiques chez des patients avec insuffisance rénale modérée (clairance de la créatinine de 30 à 50 ml/min), une réduction de 50 % de la dose est habituelle. Le melphalan à haute dose (plus de 140 mg/m²) sans sauvetage des cellules souches hématopoïétiques ne devrait pas être utilisé chez les patients avec insuffisance rénale plus sévère. Pour des doses intraveineuses élevées de melphalan (100 à 240 mg/m2 de surface corporelle), la nécessité de réduire la dose dépend du degré d’insuffisance rénale, du fait que les cellules souches hématopoïétiques soient ou non réinfusées et du besoin thérapeutique. L’injection de melphalan doit être administrée avec sauvetage des cellules souches hématopoïétiques à des doses supérieures à 140 mg/m2.
Insuffisance hépatique Aucun ajustement de la dose n'est nécessaire pour les patients souffrant d'insuffisance hépatique légère et les données sont insuffisantes pour les patients souffrant d'insuffisance hépatique modérée ou sévère.
Mode d’administration
Il est recommandé d’assurer une hydratation adéquate et une diurèse forcée du patient, et l’administration prophylactique d’agents anti-infectieux (bactérien, fongique, viral) (voir rubrique 4.8).
Le prétraitement à la cyclophosphamide semble réduire la gravité des dommages gastro-intestinaux induits par la dose élevée de PHELINUN, et la littérature devrait être consultée pour plus de détails (voir rubrique 4.8).
L’adoption de mesures prophylactiques comme l’administration d’agents anti-infectieux peut être utile (voir rubrique 4.8).
L’occurrence de la GvHD peut être prévenue par l’usage d’une thérapie immunosuppressive après transplantation de cellules souches hématopoïétiques en tant que prophylaxie (voir rubrique 4.8).
PHELINUN est destiné à un usage intraveineux uniquement.
Un risque d’extravasation pourrait être observé lorsque PHELINUN est administré par voie intraveineuse périphérique. En cas d’extravasation, l’administration doit être interrompue immédiatement et il convient de recourir à une voie veineuse centrale.
Si une forte dose est administrée avec ou sans transplantation, l’administration sous forme de dilution via une voie veineuse centrale est recommandée pour éviter l’extravasation. Il est recommandé d’injecter lentement PHELINUN sous forme de concentré (5 mg/ml) dans une solution pour perfusion rapide via le port d’injection. Si une injection lente du concentré (5 mg/ml) dans une solution pour perfusion rapide n’est pas appropriée, PHELINUN peut être administré sous forme de solution «lente» dans une poche de perfusion en le diluant davantage avec une solution de chlorure de sodium de 9 mg/ml (0,9 %) pour injection. La durée totale entre la préparation de la solution et la fin de la perfusion ne doit pas dépasser 1 heure et 30 minutes. Lorsqu’il est dilué davantage dans une solution pour perfusion, PHELINUN a une stabilité réduite et le taux de dégradation augmente rapidement à mesure que la température augmente.
Il est recommandé de laisser la perfusion se dérouler à une température inférieure à 25 °C.
Précautions à prendre avant la manipulation ou l’administration du médicament La préparation de solutions cytotoxiques injectables doit être effectuée par des professionnels de la santé qualifiés ayant une connaissance de la manipulation des agents alkylants, dans des conditions qui garantissent la protection de l’environnement et la sécurité des professionnels de la santé. Les excréments et les vomissures doivent être manipulés avec précaution. Les femmes enceintes, membres du personnel, doivent être averties et éviter de manipuler PHELINUN. Si PHELINUN entre accidentellement en contact avec la peau, cette dernière doit être lavée immédiatement et soigneusement à l’eau et au savon. En cas de contact accidentel avec les yeux ou les muqueuses, rincez abondamment à l’eau. Il convient d’éviter d’inhaler le produit.
Les restes du médicament ainsi que tous les matériaux ayant servi à la reconstitution et l’administration doivent être éliminés conformément aux procédures standard applicables aux produits cytotoxiques, en tenant dûment compte des exigences locales relatives à l’élimination des déchets dangereux.
Pour les instructions concernant la reconstitution et la dilution du médicament avant administration, voir la rubrique 6.6.
4.4Mises en garde spéciales et précautions d'emploi
Le melphalan peut provoquer des lésions tissulaires locales. En cas d’extravasation, il ne doit pas être administré par injection directe dans une veine périphérique (voir rubrique 4.2).
La maladie veino-occlusive hépatique est une complication majeure qui peut survenir pendant le traitement par melphalan.
Suivi
Le melphalan étant un puissant agent myélosuppresseur, il est essentiel d’accorder une attention particulière à la surveillance de la numération globulaire pour éviter une potentielle myélosuppression excessive et tout risque d’aplasie ou de défaillance irréversible de la moelle osseuse.
La cytopénie peut continuer à diminuer après l’arrêt du traitement. Ainsi, au premier signe d’une chute anormale et importante de leucocytes ou d’une thrombocytopénie grave, le traitement doit être temporairement interrompu. PHELINUN doit être utilisé avec prudence chez les patients qui ont subi récemment une radiothérapie ou une chimiothérapie en raison d’une toxicité accrue de la moelle osseuse.
Il est recommandé d’assurer une hydratation adéquate des patients et une diurèse forcée et d’administrer en prévention des agents anti-infectieux (bactériens, fongiques, viraux). L’administration de produits sanguins doit être envisagée si nécessaire. Il est recommandé de surveiller l’état général et la fonction rénale des patients recevant des doses élevées de PHELINUN.
L’incidence des diarrhées, des vomissements et des stomatites devient la toxicité limite chez les patients recevant de fortes doses intraveineuses de PHELINUN en association avec une greffe autologue de moelle osseuse. Le pré-traitement à la cyclophosphamide semble réduire la gravité des dommages gastro-intestinaux induits par la dose élevée de PHELINUN et la littérature devrait être consultée pour plus de détails.
Mutagénicité
Le melphalan est mutagène chez les animaux et des aberrations chromosomiques ont été observées chez les patients traités par ce médicament.
Cancérogénicité
Leucémie myéloïde aiguë (LMA) et syndromes myélodysplasiques. Il a été rapporté que le melphalan est leucémogène (leucémie aiguë et syndromes myélodysplasiques). Certains comptes rendus font état de leucémies aiguës survenant après un traitement par le melphalan pour des pathologies telles que: amylose, mélanome malin, myélome multiple, macroglobulinémie, maladie des agglutinines froides et cancer des ovaires. Le risque leucémogène doit être mis en balance avec le bénéfice thérapeutique potentiel lorsque l’utilisation du melphalan est envisagée, en particulier lorsqu’il est utilisé en association avec le thalidomide ou le lénalidomide et la prednisone, car il a été déterminé que ces combinaisons augmentent le risque leucémogène. Avant, pendant et après le traitement, le médecin doit examiner les patients en effectuant les contrôles habituels pour détecter le cancer à un stade précoce et commencer le traitement si nécessaire.
Tumeurs solides L’utilisation d’agents alkylants a été liée au développement d’une deuxième tumeur maligne primitive (TMP). En particulier, lorsque le melphalan est utilisé en association avec le lénalidomide et la prednisone, et dans une moindre mesure avec le thalidomide et la prednisone, il a été associé à une augmentation du risque de TMP solide chez les patients âgés atteints d’un myélome multiple récemment diagnostiqué.
Complications thromboemboliques
L’utilisation du melphalan en association avec le lénalidomide et la prednisone ou le thalidomide ou la dexaméthasone a été associée à un risque accru de complications thromboemboliques. En particulier chez les patients présentant des facteurs de risque accrus de thrombose, des mesures prophylactiques antithrombotiques doivent être prises en considération (voir rubriques 4.2 et 4.8). Si des complications thromboemboliques surviennent chez le patient, le traitement doit être arrêté et le traitement anticoagulant standard doit être initié. Une fois que le patient a été stabilisé par le traitement anticoagulant et que les complications de l’incident thromboembolique ont été prises en charge, le melphalan peut être utilisé en association avec le lénalidomide et la prednisone, ou le thalidomide et la prednisone ou la dexaméthasone peuvent être reprises à la dose initiale en fonction de l’évaluation des risques et des bénéfices. Le patient doit poursuivre le traitement anticoagulant pendant le traitement par melphalan.
Insuffisance rénale
Comme les patients atteints d’insuffisance rénale peuvent présenter une myélosuppression marquée, ces patients doivent être suivis de près.
La clairance du melphalan peut être réduite chez les patients présentant une insuffisance rénale qui peuvent également montrer une myélosuppression urémique. Une réduction posologique peut donc être nécessaire et ces patients doivent être étroitement surveillés (voir rubriques 4.2 et 4.8).
Population pédiatrique
L’innocuité et l’efficacité du melphalan administré avant une allo-GCSH chez les enfants de moins de 2 ans atteints de LAM n’ont pas été établies car les données sur l’innocuité et la survie globale (SG) ne sont pas communiquées séparément pour cette catégorie d’âge (voir les rubriques 4.8 et 5.1).
L’innocuité et l’efficacité du melphalan dans le cadre du traitement de conditionnement préalable à l’allo-GCSH chez les enfants de moins de 2 ans atteints de LAL n’ont pas été établies.
Le melphalan ne doit pas être utilisé chez les adolescents de plus de 12 ans atteints de LAM comme traitement de conditionnement suivi d’une allo-GCSH en raison d’un taux accru de mortalité liée à la transplantation (voir rubrique 5.1).
Excipients à effet notoires
Éthanol
PHELINUN 50 mg, poudre et solvant pour solution à diluer pour perfusion
Ce médicament contient 0,4 g d’alcool (éthanol) dans chaque flacon de solvant, ce qui équivaut à 42 mg/ml (0,42 % p/v). La quantité contenue dans 10 ml de ce médicament est équivalente à 10 ml de bière ou 4 ml de vin.
PHELINUN 200 mg, poudre et solvant pour solution à diluer pour perfusion
Ce médicament contient 1,6 g d’alcool (éthanol) dans chaque flacon de solvant, ce qui équivaut à 42 mg/ml (0,42 % p/v). La quantité contenue dans 40 ml de ce médicament est équivalente à 40 ml de bière ou 17 ml de vin.
À titre de comparaison, pour un adulte buvant un verre de vin ou 500 ml de bière, la concentration de l’alcool dans le sang (BAC) est probablement d’environ 50 mg/100 ml.
L’administration concomitante de médicaments contenant du propylène glycol ou de l’éthanol peut entraîner une accumulation d’éthanol et induire des effets indésirables, en particulier chez les jeunes enfants ayant une capacité métabolique faible ou immature.
Adultes Une dose de 200 mg/m2 de ce médicament administrée à un adulte pesant 70 kg entraînerait une exposition à 40 mg/kg d’éthanol, ce qui peut provoquer une augmentation de la BAC d’environ 6,67 mg/100 ml. La quantité d’alcool contenue dans ce médicament n’est pas susceptible d’avoir un effet chez les adultes.
Enfants et adolescents Une dose de 240 mg/m2 de ce médicament administrée à un enfant de 8 ans et pesant 30 kg entraînerait une exposition à 76,8 mg/kg d’éthanol, ce qui peut provoquer une augmentation de la concentration d’alcool dans le sang (BAC) d’environ 12,8 mg/100 ml.
Une dose de 240 mg/m2 de ce médicament administrée à un adolescent de 12 ans et pesant 40 kg entraînerait une exposition à 110 mg/kg d’éthanol qui peut provoquer une augmentation de la concentration d’alcool dans le sang (BAC) d’environ 18,3 mg/100 ml.
L’alcool contenu dans cette préparation est susceptible d’affecter les enfants et les adolescents. Ces effets peuvent comprendre une sensation de somnolence et des changements de comportement. Elle peut également affecter leur capacité à se concentrer et à participer à des activités physiques. Ce constat doit être pris en compte chez les enfants et adolescents ainsi que chez les groupes à risque élevé tels que les patients ayant une maladie du foie ou souffrant d’épilepsie.
Propylène glycol
PHELINUN 50 mg, poudre et solvant pour solution à diluer pour perfusion
Ce médicament contient 6,2 g de propylène glycol dans chaque 10 ml de solvant, ce qui équivaut à 0,62 g/ml.
PHELINUN 200 mg, poudre et solvant pour solution à diluer pour perfusion
Ce médicament contient 24,9 g de propylène glycol dans chaque 40 ml de solvant, ce qui équivaut à 0,62 g/ml.
L’administration concomitante de tout substrat de l’alcool déshydrogénase tel que l’éthanol peut induire des effets indésirables graves chez les enfants de moins de 5 ans.
Bien qu’il n’ait pas été démontré que le propylène glycol provoque une toxicité pour la reproduction ou le développement chez les animaux ou les humains, il peut atteindre le fœtus et a été trouvé dans le lait. En conséquence, l’administration de propylène glycol à des femmes enceintes ou allaitantes doit être envisagée au cas par cas.
Un suivi médical est nécessaire chez les patients dont les fonctions rénales ou hépatiques sont altérées, car divers effets indésirables attribués au propylène glycol ont été signalés, tels que la dysfonction rénale (nécrose tubulaire aiguë), l’insuffisance rénale aiguë et la dysfonction hépatique.
Il a été rapporté, en cas d’utilisation prolongée ou à fortes doses de propylène glycol, divers effets indésirables tels que: hyperosmolalité, acidose lactique, dysfonction rénale (nécrose tubulaire aiguë), insuffisance rénale aiguë et cardiotoxicité (arythmie, hypotension); troubles du système nerveux central (dépression, coma, convulsions); dépression respiratoire, dyspnée; dysfonction hépatique; réaction hémolytique (hémolyse intravasculaire) et hémoglobinurie; ou syndrome de défaillance multiviscérale. Les effets indésirables s’inversent généralement après le sevrage du propylène glycol et, dans les cas plus graves, après une hémodialyse.
Un suivi médical est nécessaire.
Sodium
PHELINUN 50 mg, poudre et solvant pour solution à diluer pour perfusion
Ce médicament contient moins de 1 mmol de sodium (23 mg) par flacon, c’est-à-dire qu’il est essentiellement exempt de sodium.
PHELINUN 200 mg, poudre et solvant pour solution à diluer pour perfusion
Ce médicament contient 62,52 mg de sodium par flacon, équivalant à 3 % de l’apport quotidien maximal recommandé par l’OMS de 2 g de sodium pour un adulte.
4.5Interactions médicamenteuses et autres formes d’interactions
Acide nalidixique
L’administration de fortes doses de PHELINUN par voie intraveineuse avec de l’acide nalidixique chez les enfants a provoqué une entérocolite hémorragique dont l’issue est fatale. Un traitement combiné par le melphalan et l’acide nalidixique devrait être évité.
Busulfan
Il a été rapporté que, dans la population pédiatrique, dans le cadre du traitement associant le busulfan et le melphalan, l’administration de melphalan moins de 24 heures après la dernière administration orale de busulfan peut influencer le développement de toxicités.
Cyclosporine
L’insuffisance rénale a été décrite chez des patients ayant subi une greffe de moelle osseuse, qui ont reçu un traitement de préconditionnement par melphalan intraveineux à forte dose et ont ensuite reçu de la cyclosporine pour prévenir la maladie du greffon contre l’hôte.
Vaccins vivants atténués
Un risque de maladie vaccinale généralisée éventuellement mortelle a été décrit. Ce risque est accru chez les patients qui sont déjà immunodéprimés par leur maladie sous-jacente. Il est recommandé d’utiliser un vaccin inactivé lorsqu’il en existe un (poliomyélite).
4.6Fertilité, grossesse et allaitement
Femmes en âge de procréer/Contraception chez les hommes et les femmes
Comme pour tous les traitements cytotoxiques, les patients hommes et femmes qui reçoivent du melphalan doivent utiliser des méthodes contraceptives efficaces et fiables jusqu’à six mois après l’arrêt du traitement.
Grossesse
Il n’existe pas ou peu de données sur l’utilisation du melphalan chez la femme enceinte. Les études effectuées chez l’animal ont mis en évidence une toxicité sur la reproduction (voir rubrique 5.3). Le risque pour l’homme n’est pas connu, mais en raison des propriétés mutagènes et de la similarité structurelle du melphalan avec des composés tératogènes connus, il est possible que le melphalan puisse induire des malformations congénitales chez les nouveaux-nés des patients traités. L’utilisation du melphalan comme traitement anticancéreux doit être évitée autant que possible pendant la grossesse, en particulier pendant le premier trimestre. Dans chaque cas, il convient d’évaluer le bénéfice du traitement par rapport au risque potentiel pour le fœtus. La GCSH est contre-indiquée chez les femmes enceintes. Par conséquent, le melphalan est contre- indiqué pendant la grossesse pour cette indication (voir rubrique 4.3).
Allaitement
On ignore si le melphalan ou ses métabolites sont excrétés dans le lait maternel. En raison de ses propriétés mutagènes, le melphalan est contre-indiqué pendant l’allaitement (voir rubrique 4.3).
Fertilité
Le melphalan provoque une suppression de la fonction ovarienne chez les femmes pré-ménopausées, ce qui entraîne une aménorrhée chez un nombre important de patientes.
Des études animales ont montré que le melphalan peut avoir un effet néfaste sur la spermatogenèse (voir rubrique 5.3). Par conséquent, il est possible que le melphalan puisse provoquer une stérilité temporaire ou permanente chez les patients de sexe masculin. Il est conseillé de recourir à la cryoconservation du sperme avant le traitement.
4.7Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
Le melphalan a une influence modérée sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines. Il est probable que certains effets indésirables du melphalan, comme les nausées et les vomissements, pourraient affecter cette aptitude. Ce médicament contient également de l’alcool, qui est susceptible d’affecter les enfants et les adolescents (voir rubrique 4.4).
4.8Effets indésirables
Résumé du profil de sécurité
Les effets indésirables les plus fréquemment signalés étaient des hématotoxicités et des toxicités gastro-intestinales, ainsi que des troubles du système immunitaire, considérés comme des conséquences attendues de la myélosuppression. Les infections, les maladies aiguës et chroniques du greffon contre l’hôte (GvHD) ont été signalées comme les principales causes de morbidité et de mortalité dans le cadre de l’allo-GCSH. L’insuffisance de la moelle osseuse, la stomatite, l’inflammation des muqueuses, les hémorragies gastro-intestinales, la diarrhée, les nausées, les vomissements, l’aménorrhée, les troubles ovariens et la ménopause prématurée ont également été couramment rapportés.
Tableau récapitulatif des effets indésirables
Les effets indésirables des médicaments (EIM) décrits dans cette rubrique ont été identifiés à partir des informations contenues dans d’autres produits contenant du melphalan, de l’examen de la littérature publiée et de la base de données européenne EudraVigilance concernant l’utilisation du melphalan dans le cadre de régimes combinés pour la mise en place d’allo-GCSH. À l’exception du syndrome de Stevens-Johnson et de la nécrolyse épidermique toxique identifiés pour un seul patient, les EIM signalés pour au moins deux patients ont été saisis dans le tableau ci-dessous. Les fréquences sont décrites comme suit: très fréquent (≥ 1/10), fréquent (≥ 1/100 à < 1/10), peu fréquent (≥ 1/1 000 à < 1/100), rare (≥ 1/10 000 à < 1/1 000), très rare (< 1/10 000), et fréquence indéterminée (ne peut pas être estimée sur la base des données disponibles). Les effets indésirables sont classés par ordre de gravité décroissant dans chaque catégorie de fréquence.
Classe de systèmes d’organes Fréquence Effets indésirables MedDRA
Fréquent Infection Infections et infestations
Peu fréquent Choc septique Tumeurs primitives secondaires,
Tumeurs bénignes, malignes et non Leucémie aiguë myéloïde Peu fréquent
précisées (y compris kystes et polypes) secondaire Syndrome myélodysplasique Myélosuppression entraînant une neutropénie, Très fréquent Thrombocytopénie
Affections hématologiques et du Anémie système lymphatique
Peu fréquent Microangiopathie thrombotique
Rare Anémie hémolytique
Maladie du greffon contre l’hôte
Affections du système immunitaire Très fréquent aiguë
Classe de systèmes d’organes Fréquence Effets indésirables MedDRA et chronique Hypersensibilité (urticaire, œdème, Rare éruptions cutanées et choc anaphylactique)
Fréquence Lymphohistiocytose
indéterminée hémophagocytaire
Affections du système nerveux Peu fréquent Hémorragie intracrânienne
Rare Arrêt cardiaque
Affections cardiaques Insuffisance cardiaque
Fréquence Cardiomyopathie indéterminée Épanchements péricardiques Hémorragie, Fréquence
Affections vasculaires Thrombose veineuse profonde indéterminée et embolie pulmonaire Maladie pulmonaire interstitielle, Fibrose pulmonaire, Syndrome de pneumonie idiopathique, Hémorragie Peu fréquent
Affections respiratoires, thoraciques pulmonaire, et médiastinales Insuffisance respiratoire,
Syndrome de détresse respiratoire aiguë, Pneumonite Fréquence Hypertension pulmonaire indéterminée Diarrhée, Nausées,
Affections gastro-intestinales Fréquent Vomissements, Stomatite, Hémorragie gastro-intestinale Hépatotoxicité, Peu fréquent Maladie hépatique veino-occlusive Affections hépatobiliaires Test hépatique anormal, Rare Jaunisse
Très fréquent Alopécie après une forte dose
Fréquent Alopécie après une dose
conventionnelle
Affections de la peau et du tissu sous- Rash maculopapuleux, Peu fréquent
cutané Alopécie
Rare Prurit
Fréquence Syndrome de Stevens-Johnson,
indéterminée Nécrolyse épidermique toxique
Insuffisance rénale aiguë, Peu fréquent
Affections du rein et des voies Insuffisance rénale
urinaires Fréquence Cystite hémorragique,
indéterminée Syndrome néphrotique
Aménorrhée, Carence ovarienne, Affections des organes de
Fréquent Trouble ovarien, reproduction et du sein Ménopause prématurée, Azoospermie
Classe de systèmes d’organes Fréquence Effets indésirables MedDRA Inflammation des muqueuses,
Fréquent Syndrome de défaillance Troubles généraux et anomalies au li i l i site d’administration Sensation de chaleur,
Peu fréquent Paresthésie
Fréquence
Investigations Augmentation de la créatininémie indéterminée
Description de certains effets indésirables
Les infections et la GvHD, bien qu’elles ne soient pas directement liées au melphalan, ont été les principales causes de morbidité et de mortalité, en particulier dans le cadre de la transplantation allogénique.
Infections et infestations
Tous les patients de la population cible sont exposés au risque d’infection en raison de leur statut immunodéficitaire. La myélosuppression et les effets immunosuppresseurs induits par le melphalan peuvent faciliter le développement d’infections qui peuvent avoir une issue fatale dans les manifestations les plus graves. L’adoption de mesures prophylactiques telles que l’administration d’agents anti-infectieux peut être utile.
Maladie du greffon contre l’hôte
La GvHD est une complication très courante dans le cadre de l’allo-GCSH. Jusqu’à environ 60 % des patients développent une GvHD aiguë et/ou chronique. La gravité de la GvHD peut varier de légère à fatale dans les manifestations les plus graves de la maladie. L’apparition de la GvHD peut être évitée en utilisant à titre de prévention une thérapie immunosuppressive après une transplantation de cellules souches hématopoïétiques.
Population pédiatrique
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales
Sur la base des rapports de sécurité identifiés dans la littérature, la population pédiatrique semble plus susceptible de développer des complications respiratoires que les adultes. En particulier, il a été rapporté que les complications respiratoires mortelles étaient plus fréquentes chez les nourrissons de moins de 2 ans que chez les enfants et les adolescents.
Affections gastro-intestinales
Sur la base des rapports de sécurité identifiés dans la littérature, la population pédiatrique semble plus susceptible de développer des complications gastro-intestinales.
Déclaration des effets indésirables suspectés
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration - voir Annexe V.
4.9Surdosage
Symptômes et signes
Les effets gastro-intestinaux, notamment les nausées et les vomissements, sont les signes les plus probables d’un surdosage intraveineux aigu. Des dommages à la muqueuse gastro-intestinale peuvent également se produire. Des diarrhées, parfois hémorragiques, ont été rapportées après un surdosage intraveineux. Le principal effet toxique est la myélosuppression, entraînant une anémie, une neutropénie et une thrombocytopénie.
Traitement
Il n’existe aucun antidote spécifique. Le bilan sanguin doit être suivi de près pendant au moins quatre semaines après le surdosage jusqu’à ce qu’il y ait des preuves de guérison. Le traitement doit être symptomatique: transfusion sanguine, antibiothérapie, facteurs de croissance hématopoïétiques si nécessaire.
5Propriétés pharmacologiques
5.1Propriétés pharmacodynamiques
Groupe pharmacothérapeutique: agents antinéoplasiques, analogues de la moutarde à l’azote, code ATC: L01AA03.
Mécanisme d’action
Le melphalan est un agent alkylant bifonctionnel qui empêche la séparation et la réplication de l’ADN. Il forme des intermédiaires de carbonium à partir de chacun des deux groupes bis-2-chloroéthyle et permet l’alkylation par liaison covalente avec 7-azote de la guanine dans l’ADN, ce qui permet de réticuler les deux chaînes d’ADN et d’empêcher ainsi la réplication cellulaire.
Sécurité et efficacité cliniques
La documentation sur la sécurité et l’efficacité de PHELINUN en combinaison avec d’autres médicaments cytotoxiques provient d’une revue de la littérature. Au total, les études font état de résultats d’efficacité pour 3 096 patients, dont 607 proviennent d’études faisant état de résultats uniquement dans la population pédiatrique (moins de 18 ans). Les paramètres de ces études étaient la survie globale (SG), la survie sans maladie (DFS), la survie sans événement (EFS) et la mortalité sans rechute (NRM). Les résultats des études cliniques publiées soutenant l’efficacité du melphalan sont résumés ci-dessous, répartis entre la population adulte et la population pédiatrique.
Adultes
Baron et al., 2015 Cette étude rétrospective, réalisée par le groupe de travail sur la leucémie aiguë du Groupe européen pour la transplantation de sang et de moelle, a comparé les résultats d’une cohorte de 394 patients atteints de LAM recevant une GCSH d’un donneur frère ou sœur après un traitement à base de fludarabine et de busulfan (n=218) ou à base de fludarabine et de melphalan (n=176). La dose de busulfan était comprise entre 7,1 et 8,9 mg/kg [oral] ou entre 6,0 et 6,9 mg/kg [intraveineux]; la dose de melphalan était comprise entre 130 et 150 mg/m2. Les deux traitements sont considérés comme des traitements de conditionnement à intensité réduite (CIR). On a constaté une réduction statistiquement significative du risque de rechute à 2 ans pour le traitement à base de fludarabine et de melphalan (FM) par rapport au traitement à base de fludarabine et de busulfan (FB) chez les patients atteints de LAM (FM 20 %, FB 30%; p=0,007), ce qui a été confirmé par une analyse multivariée (RR 0,5, IC 95 % 0,3-0,8, p=0,01).
Kawamura et al., 2017 Cette étude rétrospective réalisée au Japon a comparé les résultats des transplantations de patients âgés de 50 ans ou plus atteints de LAM, de LAL ou de SMD après l’administration de fludarabine et de melphalan (140 mg/m2 i.v.) (FM, n=423), fludarabine avec des doses intermédiaires de busulfan (6,4 mg/kg i.v.) (FB2, n=463) et fludarabine avec des doses plus élevées de busulfan (12,8 mg/kg i.v.) (FB4, n=721). Le FM et le FB2 sont considérés comme des traitements CIR et le FB4 comme un traitement MAC. On a constaté une réduction statistiquement significative du risque de rechute à 3 ans pour le traitement à base de fludarabine et de melphalan par rapport à la dose intermédiaire de fludarabine et busulfan (FB2) chez les patients atteints de LAM/LAL/SMD (FM 27,4 %, FB2 37,2 %; p=0,0027), confirmée par une analyse multivariée (RR 0,56, IC 95 % 0,42-0,74, p<0,001).
Eom et al., 2013 Cette étude cas-témoin réalisée en Corée du Sud chez des patients à haut risque atteints de LAL, en première ou deuxième rémission complète, a comparé les résultats après un traitement CIR (melphalan 140 mg/m² et fludarabine 150 mg/m²; n=60) ou une traitement MAC (TBI 13,2 Gy + cyclophosphamide 120 mg/kg; n=120) dans l’allo-GCSH. Le taux de survie globale à 5 ans pour le traitement à base de fludarabine et de melphalan était de 54,5 %. Il n’y a pas eu de différence statistiquement significative du taux de SG à 5 ans pour le traitement à base de fludarabine et de melphalan par rapport à l’irradiation corporelle totale combinée à la cyclophosphamide chez les patients à haut risque atteints de LAL, bien que les patients CIR soient plus âgés ou présentent davantage de comorbidités et ne soient donc pas admissibles à un conditionnement myéloablatif.
Population pédiatrique
Hémopathies malignes Trois études rétrospectives ont démontré la sécurité et l’efficacité de PHELINUN en association avec d’autres médicaments cytotoxiques avant la greffe allogénique de cellules souches hématopoïétiques dans la population pédiatrique souffrant d’hémopathies malignes, dont la LAM et le SMD.
Lucchini et al. 2017 Cette étude rétrospective, réalisée par le groupe de travail sur la leucémie aiguë du Groupe européen pour la transplantation de sang et de moelle, a comparé les résultats observés chez des enfants âgés de > 2 à < 18 ans subissant une première allo-GCSH d’un donneur frère ou sœur apparié(e) ou d’un donneur non apparenté pour la prise en charge d’une LAM en CR1 après avoir reçu soit du busulfan associé à du cyclophosphamide et du melphalan (140 mg/m2) (n=133), soit du busulfan associé au cyclophosphamide (n=389) ou une irradiation corporelle totale associée au cyclophosphamide (n=109). Tous sont considérés comme MAC. On a constaté une réduction statistiquement significative du taux de rechute à 5 ans pour le busulfan associé au cyclophosphamide et au melphalan (BuCyMel) par rapport à l’irradiation corporelle totale associée au cyclophosphamide (TBICy) et au busulfan associé au cyclophosphamide (BuCy): (BuCyMel 14,7 %, TBICy 30 %, BuCy 31,5 %; p<0,01) confirmé par une analyse multivariée (RR 0,44, IC 95 % 0,25-0,80; p<0,01). Le taux de SG et le taux de NRM à 5 ans pour le traitement BuCyMel étaient de 76,6 % et 10,8 %, sans différence statistiquement significative entre les groupes en ce qui concerne la SG ou le taux de NRM à 5 ans en analyse multivariée.
Locatelli et al., 2015 Cette étude rétrospective, réalisée par le groupe AIEOP, a analysé les résultats de 143 enfants dont 39 patients entre 0-1 an et 17 entre 1-2 ans qui ont reçu une allo-GCSH pour consolider la rémission après l’obtention de la CR1 dans la LAM. Le traitement de conditionnement était le busulfan, le cyclophosphamide et le melphalan (140 mg/m2). Dans une analyse de sous-groupe de différentes catégories d’âge (< 1 an, 1-2 ans, 2-10 ans, > 10 ans), il n’y a pas eu de différence statistiquement significative dans la survie sans maladie à 8 ans. L’analyse de l’association de l’âge et des paramètres de SG et MLT n’a pas été rapportée.
Strahm et al., 2011 Cette étude rétrospective, réalisée par le groupe de travail européen des SMD dans l’enfance, a analysé 97 enfants atteints de SMD traités par allo-GCSH après induction du traitement par BuCyMel (melphalan 140 mg/m2 en dose unique). Le taux de SG était de 63 %, le taux d’EFS de 59 % et le taux de rechute était de 21 % à 5 ans.
L’étude de Lucchini et al. de 2017 n’incluait pas les enfants de moins de deux ans, et l’étude de Locatelli et al. de 2015 n’a pas rapporté séparément les SG, les données de sécurité ni les MLT pour cette catégorie d’âge. En outre, dans l’étude de Sauer et al. de 2019, qui évalue le traitement par BuCyMel chez les enfants atteints de LAM, la MLT est corrélée avec l’âge avec un taux de 9 % chez les enfants de moins de 12 ans et de 31 % chez les enfants plus âgés et les adolescents. Par conséquent, la sécurité et l’efficacité chez les enfants de moins de 2 ans atteints de LAM n’ont pas été établies et le melphalan ne doit pas être utilisé chez les enfants de plus de 12 ans atteints de LAM (voir rubrique 4.4).
Maladies hématologiques non malignes Dix études ont évalué la sécurité et l’efficacité de PHELINUN en association avec d’autres médicaments cytotoxiques avant l’allo-GCSH chez un total de 504 patients, y compris la population pédiatrique (tranche d’âge de 2 mois à 18 ans), atteints d’hémopathies non malignes telles que: thalassémie, drépanocytose, lymphohistiocytose hémophagocytaire (HLH) et maladie lymphoproliférative liée à l’X, immunodéficience combinée et immunodéficience variable commune, déficit immunitaire combiné sévère (SCID), anémie non-Fanconi, insuffisance médullaire et troubles métaboliques. La plupart des études ont utilisé un traitement CIR à base d’alemtuzumab, de fludarabine et de melphalan 140 mg/m2. La plus grande étude a été réalisée par Marsh et al. 2015.
Marsh et al. 2015 Dans cette étude rétrospective sur l’allo-GCSH dans les hémopathies non malignes, 210 enfants ont reçu un traitement CIR à base d’alemtuzumab, de fludarabine et de melphalan 140 mg/m2. Le taux de SG rapporté à 1 an était de 78 % et à 3 ans de 69 %. L’EFS sur trois ans était de 84% pour les patients ayant subi une transplantation avec un donneur apparenté compatible HLA contre 64 %, 57 % et 14 % pour les patients ayant subi une transplantation avec un donneur non apparenté compatible, un donneur avec 1 allèle incompatible, ou un donneur avec 2 allèles incompatibles, respectivement (P < 0,001). Cinq pour cent des patients ont dû subir une retransplantation en raison de la perte du greffon.
5.2Propriétés pharmacocinétiques
Absorption
L’absorption du melphalan par voie orale est très variable, tant en ce qui concerne le délai avant la première apparition du médicament dans le plasma que la concentration plasmatique maximale. Dans les études sur la biodisponibilité absolue du melphalan, la biodisponibilité absolue moyenne se situait entre 56 et 85 %. L’administration intraveineuse peut être utilisée pour éviter la variabilité de l’absorption associée au traitement myéloablatif.
Distribution
Le melphalan est distribué dans la plupart des tissus de l’organisme. Il est modérément lié aux protéines plasmatiques, la liaison signalée variant entre 69 % et 78 %. Il existe des preuves que la liaison aux protéines est linéaire dans la gamme des concentrations plasmatiques habituellement atteintes dans le cadre d’un traitement à dose standard, mais que la liaison peut devenir dépendante de la concentration aux concentrations observées dans le cadre d’un traitement à dose élevée. L’albumine sérique est la principale protéine de liaison, représentant environ 55 à 60 % de la liaison, et 20 % est liée à l’alpha-1-glycoprotéine. En outre, des études sur la liaison du melphalan ont révélé l’existence d’un composant irréversible attribuable à la réaction d’alkylation avec les protéines plasmatiques.
Chez 28 patients atteints de diverses tumeurs malignes et ayant reçu des doses comprises entre 70 et 200 mg/m2 de surface corporelle en perfusion de 2 à 20 minutes, les volumes moyens de distribution à l’état d’équilibre et au compartiment central étaient respectivement de 40,2 ± 18,3 litres et 18,2 ± 11,7 litres.
Le melphalan présente une pénétration limitée de la barrière hémato-encéphalique. Plusieurs enquêteurs ont prélevé du liquide céphalorachidien et n’ont trouvé aucun médicament mesurable. De faibles concentrations de liquide céphalorachidien (~10 % de celles présentes dans le plasma) ont été observées dans une seule étude à forte dose chez les enfants.
Biotransformation
L’hydrolyse chimique du melphalan en monohydroxymelphalan et dihydroxymelphalan est la voie métabolique la plus importante chez l’homme. Ces métabolites sont inactifs.
Les données in vivo et in vitro suggèrent que la dégradation spontanée plutôt que le métabolisme enzymatique est le principal déterminant de la demi-vie du médicament chez l’homme.
Élimination
Chez 15 enfants et 11 adultes ayant reçu de fortes doses de melphalan par voie intraveineuse (140 mg/m² de surface corporelle) avec diurèse forcée, les demi-vies initiales et terminales moyennes ont été respectivement de 6,5 ± 3,6 min et 41,4 ± 16,5 min. Des demi-vies initiales et terminales moyennes de 8,8 ± 6,6 min et 73,1 ± 45,9 min, respectivement, ont été enregistrées chez 28 patients atteints de diverses tumeurs malignes et ayant reçu des doses comprises entre 70 et 200 mg/m² de surface corporelle en perfusion de 2 à 20 min. La clairance moyenne était de 564,6 ± 159,1 ml/min.
Populations spécifiques
Insuffisance rénale
La clairance du melphalan peut être réduite en cas d’insuffisance rénale (voir les rubriques 4.2 et 4.4).
Patients âgés
Aucune corrélation n’a été démontrée entre l’âge et la clairance du melphalan ou avec la demi-vie d’élimination terminale du melphalan (voir rubrique 4.2).
5.3Données de sécurité préclinique
Mutagénicité
Le melphalan était mutagène dans la Salmonella typhimurium. Le melphalan a provoqué des aberrations chromosomiques in vitro (cellules de mammifères) et in vivo (rongeurs). Des informations cliniques sur la toxicité potentielle du melphalan sont fournies aux rubriques 4.4 et 4.6.
Cancérogénicité
On a signalé que le melphalan, comme d’autres agents alkylants, est leucémogène. Certains comptes rendus font état de leucémies aiguës survenant après un traitement par le melphalan pour des pathologies telles que: amylose, mélanome malin, myélome multiple, macroglobulinémie, maladie des agglutinines froides et cancer des ovaires.
Le bénéfice thérapeutique potentiel lorsqu’on envisage l’utilisation du melphalan doit être mis en balance avec le risque pouvant survenir.
Toxicité pour la reproduction et la fertilité
Le melphalan s’est révélé tératogène chez le rat après une exposition à une dose unique lors d’études de toxicité pour la reproduction. Dans les études de toxicité pour la reproduction à doses répétées, le melphalan s’est révélé toxique pour la mère et a induit des malformations congénitales. Une dose unique de melphalan chez des souris mâles a induit une cytotoxicité et des aberrations chromosomiques dans les spermatozoïdes. Chez les souris femelles, une réduction du nombre de petits par portée a été observée. Après la guérison, le nombre de petits par portée a également diminué avec le temps, ce qui est lié à une réduction du nombre de follicules.
6Données pharmaceutiques
6.1Liste des excipients
Poudre
Acide chlorhydrique (pour l’ajustement du pH) (E507) Povidone (E1201)
Solvant
Eau pour préparations injectables Propylène glycol (E1520) Éthanol Citrate de sodium (E331)
6.2Incompatibilités
PHELINUN n’est pas compatible avec les solutions pour perfusion contenant du glucose. Il est recommandé d’utiliser uniquement une solution injectable de chlorure de sodium à 9 mg/ml (0,9%).
Ce médicament ne doit pas être mélangé avec d’autres médicaments, à l’exception de ceux mentionnés à la rubrique 6.6.
6.3Durée de conservation
PHELINUN 50 mg, poudre et solvant pour solution à diluer pour perfusion
Flacon avant ouverture 3 ans.
PHELINUN 200 mg, poudre et solvant pour solution à diluer pour perfusion
Flacon avant ouverture 3 ans.
Après reconstitution et dilution
Après reconstitution et dilution, la stabilité chimique et physique a été démontrée pendant 1 heure et 30 minutes à 25 °C. Par conséquent, la durée totale entre la reconstitution et la dilution et la fin de la perfusion ne doit pas dépasser 1 heure et 30 minutes. D’un point de vue microbiologique, le médicament doit être utilisé immédiatement après reconstitution. S’il n’est pas utilisé immédiatement, la durée et les conditions de conservation avant utilisation relèvent de la responsabilité de l’utilisateur.
La solution reconstituée ne doit pas être réfrigérée, car cela provoquerait des précipitations.
6.4Précautions particulières de conservation
Ne pas réfrigérer. Conserver les flacons dans leur emballage extérieur de façon à les protéger de la lumière.
Pour les conditions de conservation du médicament après reconstitution et dilution, voir la rubrique 6.3.
6.5Nature et contenu de l'emballage extérieur
Poudre
Flacon en verre de type I fermé par un bouchon en caoutchouc chlorobutyle enduit et scellé par un capuchon rabattable en aluminium.
Solvant
Flacon en verre de type I fermé par un bouchon en caoutchouc chlorobutyle enduit et scellé par un capuchon rabattable en aluminium.
Conditionnement: un flacon contenant 50 mg ou 200 mg de melphalan et un flacon contenant 10 ml ou 40 ml de solvant.
6.6Précautions particulières d’élimination et manipulation
Préparation de la solution PHELINUN
La poudre doit être reconstituée immédiatement après l’ouverture du flacon. PHELINUN doit être préparé à une température inférieure à 25 °C, en reconstituant la poudre lyophilisée avec 10 ml ou 40 ml de solvant et en agitant immédiatement et vigoureusement jusqu’à l’obtention d’une solution claire, sans particules visibles. Seules les solutions limpides et dépourvues de particules doivent être utilisées. À moins que le concentré ne soit administré dans une solution de perfusion rapide par un orifice d’injection, la solution reconstituée doit être diluée davantage avant l’administration avec un volume approprié de solution de chlorure de sodium de 9 mg/ml (0,9 %) pour injection afin d’obtenir une concentration finale comprise entre 0,45 et 4,0 mg/ml. Le concentré et la solution de PHELINUN ont une stabilité limitée et doivent être préparés immédiatement avant l’utilisation. La durée maximale entre la reconstitution et la dilution de la solution dans une solution injectable de chlorure de sodium à 9 mg/ml (0,9 %) et la fin de la perfusion est de 1 heure et 30 minutes.
Manipulation et élimination
PHELINUN doit être préparé dans une zone de préparation dédiée à cet usage. Les professionnels de la santé doivent disposer d’un équipement approprié, notamment de vêtements à manches longues, d’une protection faciale, d’une charlotte de protection, de lunettes de sécurité, de gants stériles jetables, de champs de protection des plans de travail, de conteneurs et de sacs pour la collecte des déchets. Tout conteneur cassé doit être traité avec les mêmes précautions et considéré comme un déchet contaminé. Les procédures de manipulation et d’élimination en toute sécurité des agents antinéoplasiques doivent être suivies par les professionnels de la santé ou le personnel médical et doivent être conformes aux recommandations en vigueur pour les médicaments cytotoxiques (voir rubrique 4.2).
Tout médicament non utilisé ou déchet doit être éliminé conformément à la réglementation en vigueur.
7Titulaire de l'autorisation de mise sur le marché
ADIENNE S.r.l. S.U. Via Galileo Galilei, 19 20867 Caponago (MB) Italie Tél.: + 39 0240700445 Courrier électronique: adienne@adienne.com
9DATE DE PREMIÈRE AUTORISATION/RENOUVELLEMENT DE
L’AUTORISATION
Date de première autorisation : 16 novembre 2020 Date du dernier renouvellement :
10Date de mise à jour du texte
Des informations détaillées sur ce médicament sont disponibles sur le site internet de l’Agence européenne des médicaments http://www.ema.europa.eu